Histoire du Québec

Conséquences de l’affaire Riel

Conséquences de l’affaire Riel

Conséquences directes de l’affaire Riel

Après la fin de la rébellion du Nord-Ouest, lorsque les troupes du 65e bataillon rentrent à Montréal, le 19 juillet 1885, après avoir vaincu les Cris, alliés des métis, le maire Honoré Beaugrand, élu en mars dernier, multiplie les hommages et préside un grand banquet en l’honneur des militaires. Le 21 juillet, c’est la tour de la vieille capitale d’honorer les soldats vainqueurs de Louis Riel.

Montréal décrète le 25 juillet fête civique afin de rappeler cette grande victoire sur quelques centaines de Métis et Cris insurgés.

Mais l’affaire Riel divise la société. Les magasins anglais exposent le portrait du général Middleton qui vient d’assiéger pendant 30 jours Batoche, le quartier-général de Louis Riel et Gabriel Dumont où le gouvernement métis avait été proclamé.

Le 20 juillet 1885, commence le procès de Louis Riel, accusé de trahison. Le 1er août 1885, Riel est déclaré coupable de haute trahison et condamné à mort et la campagne pour empêcher la pendaison de Riel s’amplifie et un conflit social que plusieurs n’hésitent à décrire comme guerre ethnique, éclate. En septembre les foules brisent les vitres du journal le Herald et le maire Beugrand invite l’armée à Montréal. Dans une déclaration spéciale, les autorités municipales avisent les citoyens à ne pas sortir le soir et à ne pas gêner l’action des forces de l’ordre. La situation est d’autant plus difficile que l’épidémie de variole sévit dans la province et des milliers d’ouvriers protestent contre la vaccination obligatoire et la quarantaine des malades.

Le 9 août 1885, pas moins de dix mille personnes pro-Riel se réunissent au Champ de Mars de Montréal.

Mgr Taché obtient un sursis d’un mois pour permettre aux avocats de Riel de porter sa cause en appel au Conseil privé de Londres. Le 22 octobre 1885, mauvaise nouvelle: le pourvoi de Louis Riel est rejeté. Le comité de défense de Riel réclame alors un examen mental par une commission de médecins et il obtient un autre sursis jusqu’au 10 novembre.

Au Québec, les journaux anglais sont furibonds et exigent la pendaison immédiate, alors que L’Étendard et La Presse accentuent la campagne pour sauver le condamné. Dans la plupart des foyers francophones, on prie pour Riel.

Le gouvernement conservateur d’Ottawa annonce l’exécution pour le 16 novembre, mais même le Herald de Montréal finit pas demander grâce pour Louis Riel devant la pression populaire.

Après une ultime démarche en vain de Joseph-Adolphe Chapleau, Riel est pendu le 16 novembre.

L’indignation est générale au Québec. Des portraits de Louis Riel apparaissent aux vitrines des magasins. Les manifestations débutent la même journée. Chaque jour, le nombre de participants augument et le 22 novembre, se tient au Champ-de-Mars de Montréal la plus importante assemblée publique réunissant 50000 personnes venues entendre Honoré Mercier et Wilfrid Laurier. Même le clergé s’adhère au mouvement et le 4 décembre 1885, on tient la messe Souvenir pour Riel dans les églises.

Honoré Mercier prend la tête du mouvement et annonce la formation d’un parti national réunissant libéraux et conservateurs pour venger Riel. Les ex-maires de Montréal Beaudry et Coursol répudient le gouvernement fédéral conservateur et appuient Mercier.

Par contre, le maire de Montréal Honoré Beaugrand s’oppose à Mercier dont il dénonce la coalition avec les conservateurs-ultramontains.

trial de louis riel

Affiche de la pièce de John Coulter The Trial of Louis Riel présentée par le Regina Little Theatre en collaboration avec la Ville de Regina, en 1985. Image: Archives de la Société historique de Saint-Boniface, Collection générale de la SHSB, série Grands Formats, 01/G29/15f1

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