Histoire du Québec

La nuit du 14.09.1759

La nuit du 14.09.1759

La nuit du 14 septembre 1759

«Le 13 septembre 1759, pendant que les armées de Montcalm et de Wolfe se rencontraient sur les Plaines d'Abraham, les religieuses des trois communautés de Québec étaient réunies à l'Hôpital général.

Nous vîmes de nos fenêtres ce massacre, dit l'annaliste de l'Hôpital général… C'est là où la charité triompha et nous fit oublier nos propres intérêts et les risques que nous courions à la vue de l'ennemi; nous étions au milieu des morts et des mourants, que l'on nous amenait par centaines à la fois, dont plusieurs nous touchaient de très près. Il fallut ensevelir notre juste douleur et chercher à les placer.

Chargées de trois communautés et de tous les faubourgs de Québec, que l'approche de l'ennemi avait fait déserter, jugez de notre embarras et de notre frayeur…

Plus de mille personnes se trouvaient réunies sous le toit de l'Hôpital général au soir fatal du 13 septembre 1759. Que de cris d'angoisse, que de gémissements de douleurs! Les religieuses des trois communautés non occupées aux soins des blessés s'étaient réunies à la chapelle de l'Hôpital pour implorer la miséricorde de Dieu sur elles-mêmes et sur leur triste patrie. La nuit était venue, une nuit fraîche et étoilée, délicieuse à l'homme aux jours de bonheur, dit le récit de l'Hôpital général.

Tout à coup, on entend un grand bruit à la porte du cloître. Les craintes redoublent partout dans la maison. Un pressentiment dit à toutes ces femmes excédées des fatigues de la journée que c'est l'ennemi qui est à la porte. Les plus braves se décident à aller ouvrir. Elles ne se sont pas trompées.

C'est un détachement nombreux de Montagnards écossais qui est là, rangé en bataille. L'officier commandant, le capitaine Macdonald, s'avance et demande à voir les supérieures des trois communautés réunies à l'Hôpital. Il dit qu'il a un message important à leur communiquer. Le capitaine Macdonald, qui s'aperçoit de l'émoi causé par l'apparition de ses soldats parmi ces faibles femmes, salue les supérieures avec politesse. Il leur parle en français. Il tâche de les rassurer en leur disant que le général Murray leur est très sympathique et qu'il ne fait investir l'Hôpital et prendre possession des routes qui y conduisent que pour empêcher les ennemis, c'est-à-dire les frères, les parents, les amis de la plupart de ces religieuses, de venir les forcer dans leurs retranchements.

Quelle nuit terrible pour toutes les personnes enfermées dans l'Hôpital général!

Disons ici que tout le temps de l'investissement de l'Hôpital général par les soldats anglais, leur conduite et leur discipline furent irréprochables.»

(Par Mgr. de Saint-Vallier. Tiré de Mgr de Saint-Vallier et l'Hôpital Général du Québec, 1937, p.116)

mort du général montgomery

Mort du général Montcalm, estampe de Louis Watteau (vers 1760), gravure du domaine public

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