Roger Lemelin
Roger Lemelin restera pour toujours, l’un des grands romanciers populaires du Québec.
Il est né en avril 1919, fils d’une famille de dix enfants. C’était un garçon sans éducation, issu d’un milieu modeste, - le faubourg ouvrier de Saint-Sauveur, à Québec. Il a dû quitter l’école après 8 années d’études.
Roger Lemelin veut devenir athlète, mais au moment des essais olympiques, un grave accident de saut à ski broie sa cheville de ce jeune homme âgé de 18 ans et anéantit ses espoirs sportifs.
Il est confiné pendant un temps au fauteuil roulant, puis il se déplace à l’aide de béquilles pendant six ans, parce que sa famille n’a pas les moyens de lui payer une intervention chirurgicale. Lemelin se met alors à écrire, sans toutefois penser à s’éditer.
Mais son premier livre publié, en 1944, Au pied de la pente douce, connaît immédiatement un vif succès et est traduit en plusieurs langues. L’accueil à ce livre incite Lemelin à poursuivre son oeuvre.
C’est en 1948 que paraît Les Plouffe. En 1949, il édite un livre de nouvelles Fantaisies sur les péchés capitaux. En 1952, voit le jour Pierre le Magnifique.
Comme romancier, il se tait ensuite pendant plus de deux décennies. Il devient journaliste, pour les prestigieuses publications américaines Time, Life et Fortune, il travaille dans La Presse et dans les autres publications nationales.
En 1952, il scénarise L’Homme aux oiseaux, court métrage comique réalisé par Bernard Devlin, qui contribue à l’affirmation des cinéastes francophones au Québec.
En 1946 il discerne le prix David et à l’âge de 30 ans, il reçoit le Grand Prix de Paris il devient le plus jeune membre élu de la Société royale du Canada. En 1965, il est étonné ( parce qu’il ne publie pas à ce moment ), de recevoir la médaille de la langue française de l’Académie française.
Mais cette médaille est une reconnaissance logique, parce qu’avec fougue, Roger Lemelin se porte à la défense de la langue française, fustigeant en maintes occasions le « jouai ».
Cet autodidacte a reçu deux doctorats es lettres honorifiques ; le premier de l’Université de Sudbury en 1976, et le second de l’Université Laval le 20 juin 1992. L’année suivante, Roger Lemelin est élu au Temple de la renommée de la presse qui reconnaît les mérites exceptionnels dans le domaine des communications.
En 1980, il reçoit le titre de Compagnon de l’Ordre du Canada, la plus haute distinction civile du pays pour son importante contribution à la littérature canadienne et l’année suivante, l’Association des écrivains canadiens lui remet un parchemin pour honorer sa contribution à la littérature.
En 1989, pour son apport exceptionnel au développement de la société québécoise, on lui décerne l’Ordre national du Québec. En 1990, il est fait Chevalier de la Légion d’honneur, en hommage à sa contribution à la culture française.
En s’inspirant de Les Plouffes, Roger Lemelin a écrit quelque cent pièces de théâtre en trois actes pour l’immensément populaire série télévisée La Plouffe qui a tenu l’antenne à la fois en français et en anglais à travers tout le Canada pendant six ans dans les années 50, un exploit, après avoir été d’abord présentée à la radio pendant trois ans.
Plus tard, au début des années 1960, un autre téléroman, sous le titre En remontant la pente douce, a ressuscité plusieurs personnages des Plouffe. Les Plouffe sont adaptés aux États-Unis sous le titre Viva Valdez en 1975, metant en scène une famille mexicaine.
En 1982, Roger Lemelin écrit la suite du roman, Le crime d’Ovide Plouffe, dont l’action commence en 1948. Ce dernier roman a aussi été l’objet d’une adaptation cinématographique.
Curieusement, Lemelin offre son nouveau livre dans les supermarchés Provigo, au grand déplaisir des libraires. Le livre se vend à plus de 50 000 exemplaires.
En 1980, Lemelin publie un livre de souvenirs, La culotte en or, et Les Voies de l’Espérance, un recueil de textes divers, billets, articles, éditoriaux et conférences,
En juin 1972, Roger Lemelin fut nommé président et éditeur de La Presse, poste qu’il occupa jusqu’en 1981
Roger Lemelin est décédé le 16 mars 1992 à l’Hôtel-Dieu de Québec à l’âge de 72 ans. L’auteur des «Plouffe» s’est éteint à la suite d’une longue maladie.
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