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Philanthropes canadiens

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Biographies de six philanthropes canadiens

Biographie du docteur Gesner, fondateur du premier musée au Canada

Le docteur Abraham Pineo Gesner est né le 2 mai 1797 à Cornwallis, Nouvelle-Écosse. Il part faire ses études de médecine à Londres, en Angleterre, puis, de retour au Canada, il exerce la profession de médecin. En 1837, il abandonne la pratique de la médecine et déménage au Nouveau-Brunswick où il se consacre à la géologie.

Il avait déjà publié un premier essai sur la minéralogie de la Nouvelle-Écosse en 1836. Dans cet ouvrage, il dresse une carte géologique de la colonie et il indique pour la première fois les ressources en minerai de fer et en charbon.

En 1838, le gouvernement du Nouveau-Brunswick le nomme géologue provincial. Ainsi, le docteur Abraham Gesner devient la première personne à occuper le poste de géologue au Canada.

En tant que géologue du Nouveau-Brunswick, Gesner découvre l’asphalte. En 1842, il fait un voyage d’exploration au Québec, où il découvre les célèbres fossiles du site de Miguasha.

Abraham Gesner sépare une substance liquide du charbon pour créer ainsi une matière combustible liquide qu’il nomme kérosène. En 1850, Gesner fonde la Kerosene Gaslight Company et installe des lumières dans les rues d’Halifax. En 1854, il fonde la North American Kerosene Gas Light Company et pourvoit en éclairage les rues de plusieurs villes américaines.

C’est également lui qui fait les premières études comparatives sur l’utilisation du charbon, du pétrole et du gaz. On lui doit la création de la première compagnie de pétrole au monde, la Standard Oil company.

Le docteur Abraham Gesner meurt le 29 avril 1864, à Halifax, Nouvelle-Écosse.

Notons aussi qu’en 1842, le docteur Gesner avait créé un Musée d’Histoire naturelle où est mise en lumière sa riche collection de spécimens et de “curiosités”.

Le Musée de Gesner ouvre ses portes le 5 avril 1842, rue Prince William, à Saint-John’s. C’est le plus ancien musée fondé au Canada qui soit toujours en activité.

Biographie de Walter C. Koerner

Walter C. Koerner (1898-1995) était un homme d’affaires et philanthrope canadien.

Né à Nový Hrozenkov, en Moravie, il a émigré avec ses frères au Canada en 1938.

Sa famille travaillait dans l’industrie forestière en Europe et a poursuivi cette tradition au Canada, en fondant l’Alaska Pine and Cellulose company.

Après que la compagnie ait été vendue à Rayonier Canada en 1954, M. Koerner devint président de Rayonier, poste qu’il abandonna en 1972 pour se consacrer à des activités philanthropiques.

Dès 1955, le Dr. Koerner soutient la collection de la bibliothèque du département des Études Slaves. En 1956, il est un des membres fondateurs des Amis de la Bibliothèque de l’Université. En 1958, il est un des premiers à contribuer au financement de l’aile sud de la Bibliothèque.

Il a fait don d’une grande collection d’art autochtone de la Côte Nord Ouest, qui a permis d’ouvrir le Musée d’Anthropologie en 1976. Il a également commandé la sculpture The Raven and the First Men, de l’artiste Bill Reid.

De plus, le Dr. Koerner fut à l’origine de la création du UBC Health Sciences Centre, qu’il a présidé de 1971 à 1980.

M. Koerner s’est impliqué profondément dans la vie de l’Université de Colombie-Britannique (UBC) puisqu’il a siégé au Board of Governors de 1968 à 1972.

En 1990, il a fait don de sa collection de céramiques européennes à l’université. Une aile du musée d’Anthropologie de UBC est consacrée à cette collection.

En l’honneur de son soutien varié à UBC, la bibliothèque Walter C. Koerner, ouverte en 1997, porte son nom.

En 1967, il fut nommé Compagnon de l’Ordre du Canada, et en 1990, on lui remit l’Ordre de Colombie-Britannique. Walter Koerner est décédé en 1995, à l’âge de 97 ans.

Biographie de Gertie Lovejoy

Gertie Lovejoy était surnommée Diamond Tooth Gertie.

Alors qu’elle se trouvait au Yukon au cours de la ruée vers l’or de 1898, la danseuse de music-hall Gertie Lovejoy avait placé un diamant étincelant entre ses deux dents de devant afin de se distinguer des nombreux rois et reines du Klondike. Sa peine porta ses fruits car elle récolta de l’or.

Toutefois, au lieu de travailler le long des ruisseaux, “Diamond Tooth Gertie” faisait fortune en exploitant les filons offerts par les poches généreuses des prospecteurs, qui s’ouvraient largement en échange de son affection.

À Dawson City, le Diamond Tooth Gertie’s Casino rend aujourd’hui hommage à son nom. Elle aurait dit: “The poor ginks have just gotta spend it, they’re that scared they’ll die before they have it all out of the ground.”

Gertie fut invitée à prendre le thé à la maison du gouverneur par Martha Black, naturaliste et épouse de George Black, commissaire du Yukon de 1912 à 1918.

Biographie de Johnny Miles

Johnny Miles est le plus célèbre coureur de marathon de Nouvelle-Écosse.

Il est né le 20 octobre 1905 à Halifax, en Grande-Bretagne, mais sa famille déménage à North Sydney, sur l’île du Cap-Breton, en 1906. C’est pourquoi on l’appelle Le Grand Cap-Breton.

Dès l’âge de 11 ans, quand son père part pour la guerre en Europe, Johnny travaille dans les mines du Cap-Breton.

Il débute sa carrière de coureur en 1922, à l’âge de 17 ans. En 1925, il est champion du Canada sur la distance de 5 mille. En 1926, Johnny prend part au Marathon de Boston.

Cette année-là, les deux favoris de la course sont Clarence DeMar et Albin Stenroos, les deux coureurs de marathon les plus célèbres de cette époque. Le jeune mineur de Nouvelle-Écosse cause pourtant la surprise en remportant la victoire et il devient rapidement une légende vivante au Canada.

Il était tellement célèbre qu’on dit jusqu’à nos jours à une personne trop fière: «Pour qui c’est t’y qu’tu t’prends ? Johnny Miles?» («Who do you think you are ? Johnny Miles?»). Des chansons lui sont dédiées et des rues sont nommées en son honneur.

Johnny Miles gagne le marathon de Boston pour la deuxième fois en 1929.

Il est membre de l’équipe olympique canadienne en 1928 et en 1932, où il ne remporte pourtant pas de médaille. Par contre, il gagne la médaille de bronze aux Jeux de l’Empire Britannique en 1930.

Au cours des années suivantes, Johnny Miles participe activement à la vie sociale de son pays en travaillant avec des enfants et en encourageant la pratique du sport à travers le Canada.

En 1969, Johnny Miles est élu au Panthéon des Sports canadiens (Canada’s Sports Hall of Fame). En 1983, on lui décerne l’Ordre du Canada, la plus importante décoration du pays. Il meurt le 14 juin 2003, dans la ville d’Hamilton, en Ontario, à l’âge de 98 ans.

Aujourd’hui, la ville de New Glasgow, en Nouvelle-Écosse, honore la mémoire de ce grand athlète canadien par le biais du Marathon Johnny Miles.

Biographie d’Emily Murphy

Emily Murphy est née à Cookstown, dans l’actuelle ville ontarienne d’Innisfil, le 14 mars 1868, au sein d’une riche famille. Elle fait ses études à l’École de Bishop Strachan, à Toronto, une école privée de renom pour les jeunes filles. En 1887, elle se marie à Arthur Murphy. De ce mariage naissent quatre enfants. Cependant, après le décès d’une de leurs filles, la famille décide de déménager au Manitoba, puis en Alberta où Emily vit jusqu’en 1907.

En Alberta, elle commence à s’intéresser aux droits des femmes de sa province et de l’ensemble du Canada. Elle proteste contre la loi qui veut que dans un couple, ce soit uniquement l’époux qui ait le droit de disposer des moyens financiers de la famille.

Grâce à la campagne menée par Emily Murphy, le gouvernement de l’Alberta approuve en 1916 la première loi sur le droit des femmes pour la terre. En effet, selon l’Acte Dower, voté cette année-là, les femmes obtiennent le droit sur un tiers des terrains acquis par leurs maris.

Elle lutte pour les droits des femmes dans le domaine législatif et elle est la première femme de l’Empire Britannique nommée chef de la police.

Emily Murphy a été également journaliste et écrivain. Elle a ainsi publié de nombreux livres et articles. C’est grâce à ses écrits publiés sous le nom de Janey Canuck que la législation canadienne sur l’utilisation des stupéfiants a été renforcée.

Fille de son époque, Emily Murphy a également lutté pour la stérilisation sexuelle des handicapés et contre l’immigration au Canada. Elle meurt le 27 octobre 1933, à l’âge de 65 ans.

Biographie d’Henry Twidle

Henry Twidle est né en Angleterre en 1879. Depuis sa plus tendre enfance, il s’intéresse à la photographie. Au tournant du siècle, vers l’âge de 20 ans, il déménage en Colombie-Britannique et il s’installe dans la ville de Vancouver, où il travaille dans un studio de photographie dont l’histoire n’a pas conservé le nom.

En 1905, Henry Twidle est engagé comme pointeur par la B.C. Mills Timber & Trade Company. Il quitte donc Vancouver pour s’installer dans la région de Rock Bay, l’un des plus importants sites d’exploitation de cette compagnie.

Henry Twidle voyage de camp en camp, souvent à bord de son petit bateau, le Illini, et il devient rapidement une figure familière parmi les bûcherons.

Il commence alors à faire un grand nombre de photographies mettant en scène des pionniers du littoral. Ces images sont devenues les témoignages les plus fidèles sur la vie en Colombie-Britannique au début du XXe siècle. Elles présentent avec réalisme la vie des employés des exploitations forestières.

Vers 1910, Henry Twidle s’installe à Granite Bay, sur l’île de Quadra, où il vit avec sa famille pendant une quarantaine d’années. Il prend en charge l’hôtel de la localité, le magasin d’alimentation générale et le bureau de poste. Il continue à prendre des photos illustrant la vie des colons, et ce jusqu’à son décès survenu en 1956.

Malheureusement, après la mort du grand photographe, des vandales qui se sont introduits dans sa maison détruisent la plus grande partie de son œuvre.

Toutefois, les archives de certains musées de Colombie-Britannique conservent des centaines de photos qui furent épargnées. Ces images d’une époque révolue retracent la vie des bûcherons et l’activité côtière au début du XXe siècle. Elles constituent un témoignage émouvant, d’une valeur historique inestimable. La collection la plus importante de ces images se trouve au Musée de Campbell River.

Pour s'établir dans le monde, on fait tout ce que l'on peut pour y paraître établi. (Duc de la Rochefoucauld Reflexions ou sentences et maximes morales). Photo : Megan Jorgensen.
Pour s’établir dans le monde, on fait tout ce que l’on peut pour y paraître établi. (Duc de la Rochefoucauld Réflexions ou sentences et maximes morales). Photo : Megan Jorgensen.

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