Gens du pays

Comeau, Napoléon-Alexandre

Comeau, Napoléon-Alexandre

Napoléon-Alexandre Comeau

Le Roi de la Côte-Nord

Napoléon-Alexandre Comeau naît aux Îlets-Jérémie en 1848. Il est l’aîné d’une famille de onze enfants, fait commun dans les familles québécoises de cette époque.

Son père était employé de la Compagnie de la Baie d’Hudson et était envoyé au Labrador, au poste de North West River, où Napoléon-Alexandre Comeau joue avec des enfants Montagnais et Inuits. Il apprend leurs langues et s’initie à leur culture.

Après un déménagement aux Îles Mingan et un bref séjour dans ces îles, Napoléon-Alexandre part pour Trois-Rivières où il commence ses études. Mais il ne suit qu’une seule année scolaire et il rejoint son père à Baie-Trinité, où celui-ci est muté. Le garçon parle le français, l’anglais, l’inuit, le naskapi et le montagnais, ce qui lui permet d’aider son père dans ses relations avec les Autochtones.

À l’âge de douze ans, la vie de Napoléon-Alexandre change quand on le nomme gardien et guide de la rivière Godbout, poste qu’il occupera pendant 63 ans.

Il apprend les métiers de maître de poste, de coroner (c’est-à-dire juge d’instruction) et de télégraphiste. Il devient surintendant du territoire et représentant de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Il est également trappeur professionnel.

Dès le début de sa longue carrière, le jeune homme entreprend des études sur la faune et la flore de la Côte-Nord.

Autodidacte, il lit de nombreux ouvrages sur les voyages, la médecine et la nature. Il commence ses recherches scientifiques et s’implique dans la vie sociale auprès de la population de la Côte-Nord.

Faute de médecin, Napoléon-Alexandre soigne les habitants de la région.

Beaucoup plus tard, M. Comeau rencontre deux célèbres docteurs de Québec, les Drs Stevenson et Ahearn. Ils sont étonnés par le degré de connaissances de cet autodidacte en anatomie et sur diverses maladies, ainsi que par ses capacités à soigner les malades. Les docteurs invitent Napoléon-Alexandre à faire un séjour à l’hôpital de Jeffrey Hale, à Québec, pour parfaire ses connaissances.

En 63 ans de carrière, M. Comeau met au monde de nombreux enfants, il effectue des dizaines d’opérations, donne de multiples consultations, et il prodigue soins et réconforts aux habitants du territoire de la Côte-Nord.

Finalement, le gouvernement reconnaît les services de M. Comeau, seule personne dans cette vaste région à posséder des connaissances médicales, et lui fournit des équipements médicaux et des médicaments.

En janvier 1886, pour sauver deux malades, Napoléon-Alexandre Comeau, accompagné de son frère Isaï, traverse le Saint-Laurent, large de 60 kilomètres à cet endroit, à bord d’un canot. La lutte contre glaces, vents et courants dure deux jours. Pour ce geste, les deux hommes sont décorés.

Napoléon-Alexandre Comeau devient aussi photographe et prend un grand nombre de clichés de la Côte-Nord. Hélas, la majeure partie de ces photos ne se sont pas conservées.

Quant aux recherches faites par N.-A. Comeau sur la faune et la flore nord-côtière, ses résultats ont été à la base des études biologiques de la région par le gouvernement canadien.

En 1909, Napoléon-Alexandre Comeau publie un grand volume intitulé «La Vie et le Sport sur la Côte-Nord». Pendant de longues années, cet ouvrage fut le plus important à avoir été publié sur la faune du nord canadien.

Napoléon-Alexandre Comeau meurt à Godbout en 1923.

Un monument lui est dédié dans ce village et une copie du monument est installée à Charlesbourg. La ville de Baie-Comeau a été baptisée en son honneur.

Comeau

N.-A.Comeau

Napoléon-Alexandre-Comeau vers 1900. Fonds Napoléon-Alexandre-Comeau, P020/001/009 (9) Société historique de la Côte-Nord. Image du domaine public

PS. En juin 2012, Mme Florence Gauthier nous a fait parvenir un commentaire, dont on reproduit le texte au complet : « Je suis mariée à l’arrière-petit-fils de Napoléon-Alexandre Comeau. Quand il a passé deux jours sur les glaces du Saint-Laurent, ce n’était pas pour sauver des malades mais pour secourir deux chasseurs de phoque, comme lui. Cela est bien écrit dans le livre de M. Comeau. Relisez-le, s.v.p. et n’écrivez pas n’importe quoi sur votre site. »

(Elle a oublié de saluer et dire merci pour la biographie de M. Comeau et pour toutes les autres données biographiques (qu’elle ne critique pas, alors, on suppose qu’on peut les laisser telles quelles, mais on ajoute cette remarque. Ainsi, M. Comeau ne sauvait pas des malades sur les glace, sinon secourait deux chasseurs de phoque, comme lui, soit).

Voir aussi :

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>