Gens du pays

Denonville, Jacques-René de Brisay de

Denonville, Jacques-René de Brisay de

Jacques-René de Brisay, marquis de Denonville

Jacques-René de Brisay, marquis de Denonville fut l’un des gouverneurs généraux de la Nouvelle-France les plus connus et remarquables.

Né le 10 décembre 1637, à Denonville, en France, il débute sa carrière dans les dragons de Louis XIV, devenant général en Flandre en 1683, après s’être illustré lors de la guerre contre la Hollande, où il devient capitaine à 26 ans. Il se distingue également lors de la campagne qui mène le duc de Beaufort en Afrique du Nord contre les pirates algériens.

Jacques-René de Brisay de Denonville est nommé gouverneur de la Nouvelle-France le 1er août 1685, poste qu’il occupe jusqu’au 12 août 1689, à l’époque où est adopté le Code noir aux Antilles, la monarchie souhaitant la reprise en main des colonies outre-mer.

Au moment de sa nomination, le Roi lui demande de réduire le nombre des coureurs de bois, en tentant de moraliser leurs mœurs, de mettre fin à la « paix honteuse » avec les iroquois et de rentabiliser un commerce des fourrures concurrencé par les Anglais. Un traitement de 24 000 livres par an lui est assigné et le roi lui achète son régiment pour 60 000 livres.

Jugeant que ses prédécesseurs avaient accordé trop de liberté aux coureurs de bois, Denonville décide institue l'obligation pour les coureurs de bois de s’inscrire aux registres à Montréal ou à Trois-Rivières, à l’aller comme au retour, et d'obtenir des missionnaires, dans les postes de l’Ouest, un certificat attestant leur bonne conduite. Pendant son mandat de gouverneur, nombre de coureurs de bois seront exécutés pour leurs pillages et d’autres crimes.

Comme gouverneur, il s’occupe de faire dresser des cartes marines du Saint-Laurent plus au point que les cartes hollandaises en usage jusque-là.

Il organise également des expéditions contre les coureurs de bois anglais de la baie d'Hudson. En 1886,Denonville envoie le Chevalier de Troyes à la tête d'un détachement militaire de 30 soldats et 70 civils, pour conquérir les postes de traite anglais dans les environs de la baie James. Passant par le Fort Témiscamingue, les Français investissent les trois postes anglais (en 1713, après le traité d'Utrecht, la France devra les rendre à l'Angleterre).

Dès son arrivée, Denonville était convaincu que les Iroquois ne s’en tiendraient pas aux termes du traité de paix conclu avec La Barre, le précédent gouverneur de la Nouvelle-France. Avant de se lancer en campagne, il avait reçu ordre du ministre de la marine Jérôme Phélypeaux de Pontchartrain de faire autant de prisonniers iroquois que possible et de les expédier en France pour les galères du roi.

Le 13 juin 1687, il lance une expédition contre les iroquois, avec 832 hommes des troupes de la marine, 900 hommes de milice et 400 Indiens alliés. L’avant-garde capture plusieurs Iroquois le long du fleuve. Au Fort Frontenac, l’intendant de Champigny, qui avait devancé le gros de l’expédition, s’empara de Goyogouins et d’Onneiouts pour les empêcher de porter aux villages iroquois au sud du lac, la nouvelle de l’approche de l’armée française.

Un groupe d’Iroquois, soi-disant neutres, qui habitaient un village près du fort, seront aussi capturés. En tout, 50 à 60 hommes et 150 femmes et enfants seront envoyés à Montréal pour servir d’otages au cas où des Français tomberaient aux mains des Iroquois.

L'expédition fit demi-tour au nouveau fort construit près des chutes du Niagara, laissant une garnison de 100 hommes commandé par le chevalier de Troyes.

Denonville revient sans encombre à Montréal et le 13 août 1687 et expédie en France 36 prisonniers iroquois. Seulement 13 reviendront, les autres succomberont à la maladie soit en France soit lors de la traversée.

Le 31 mai 1689, Louis XIV signe le document qui donne l’ordre de retour à Denonville : « pour vous donner de l’employ dans mes armées où je suis persuadé que vous me servirez avec la mesme application, le mesme zèle et le mesme succez que vous avez fait par le passé ».

Rappelé au service militaire en Europe, il quitte Québec en novembre 1689. Il meurt à Denonville, en France, le 22 septembre 1710.

Critiqué souvent pour s'être plié aux ordres l'enjoignant à envoyer les prisonniers iroquois servir sur les galères françaises, il est toutefois le premier gouverneur à se soucier des conditions sociales et de santé en Nouvelle-France. Il est le premier à freiner les abus dans le commerce des fourrures et il fonde une première école de marine à Québec pour la formation des pilotes.

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