Gens du pays

Chiriaeff, Liudmilla

Chiriaeff, Liudmilla

Liudmilla Chiriaeff

Liudmilla Otzup Chiriaeff est née à Riga, capitale de la Lettonie, le 10 janvier 1924.

Elle fait ses études primaires et s’initie à la danse classique et au ballet traditionnel à Riga. En 1940, Liudmila Chiriaeff devient danseuse soliste à l’Opéra Nollendorf et à l’Opéra de Berlin, où elle travaille pendant un an. En 1941, soupçonnée d’être juive et russe, deux caractéristiques qui semblent plutôt mal vues par les autorités du IIIe Reich, elle est internée dans un camp de concentration en Allemagne.

Libérée à la fin de la Seconde guerre mondiale, elle émigre en Suisse où elle fonde une école de danse à Genève et où elle travaille aussi comme chorégraphe et actrice.

En 1952, Liudmilla immigre au Canada. Elle s’établit à Montréal, où elle se consacre à l’enseignement et à la chorégraphie. En 1954, elle met en scène le ballet Cendrillon de Prokofiev. Le succès de cette production inspire la Société Radio-Canada qui lui propose une émission mensuelle consacrée à la danse classique, L’heure du concert, qui est la toute première émission régulière consacrée au ballet au Canada.

En 1955, elle fonde l’école des Ballets Chiriaeff. En 1957, elle crée la troupe des Grands Ballets canadiens, première troupe de danse classique et de ballet au Canada, qui se distingue par son caractère innovateur. Sous sa direction, les Grands Ballets canadiens remportent un vif succès un peu partout au Canada et aux États-Unis, contribuant ainsi à développer l’intérêt pour la danse classique.

Dans les années 1960, elle réalise une série de créations pour la télévision. C’est grâce à Liudmilla que le ballet fait son entrée à la télévision canadienne.

En 1966, Liudmilla Chiriaeff fonde l’École supérieure de danse du Québec. À partir de 1974, quand elle se retire de la direction des Grands Ballets, elle consacre toute son énergie à cette école. En outre, elle conçoit et développe le programme de concentration en danse dans le système d’éducation publique du Québec. Ce cours est d’abord proposé à l’école secondaire Pierre-Laporte en 1975, puis au cégep du Vieux-Montréal en 1979. Des générations de danseurs canadiens doivent leur succès à Liudmilla, surnommée La Petite Lettone et La Marraine du ballet québécois.

Par ses nombreuses chorégraphies, Liudmila Chiriaeff a contribué à promouvoir la culture du ballet au Canada. Elle a créé au Québec environ 300 ballets pour la scène et la télévision. Ses oeuvres ont inspiré les films Pas de Deux, de Norman McLaren (1968), Kaléidoscope, de Pierre Mercure (1955) et quelques autres.

Elle fut récompensée pour l’ensemble de sa carrière par le prix international Nijinsky en 1992, et par le prix du Gouverneur général du Canada pour les arts de la scène en 1993. Elle a été nommée Membre de l’Ordre du Canada en 1972, et grand officier de l’Ordre National du Québec en 1985.

Liudmilla Chiriaeff meurt à Montréal le 22 septembre 1996. Un monument à sa mémoire a été inauguré devant l’édifice de l’Opéra national de Lettonie, à Riga, en 2008.

Liudmila Chiriaeff

Liudmila Chiriaeff

Liudmila Chiriaeff. Photographie : Archives de La Presse

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