Gens du pays

Lévis, F.-G. duc de

Lévis, F.-G. duc de

François-Gaston duc de Lévis

Renommé pour sa bravoure et sa compétence, François-Gaston, duc de Lévis, est né le 20 août 1719 (il sera baptisé le 9 juin 1720) au château d’Ajac, dans la commune d’Ajac (Aude) près de Limoux, dans le Languedoc.

À l’âge de quatorze ans, Lévis, le cadet de sa famille, est envoyé pour servir dans un régiment de la marine. Il se bat à Clausen où sa bravoure lui vaut une promotion. Il participe à de nombreuses actions militaires: la campagne de Bohême (au cours de laquelle Lévis fait la connaissance de Montcalm); la bataille de Mein; celle de Dettinghen; la campagne de Souabe et celle du Rhin, entre autres.

Il est blessé au siège de Prague, mais il ne quitte pas l’armée.

M. de Lévis se distingue aux sièges de Montauban, de Valence, de Cazale, de Villefranche et du Château de Vintimille. À Plaisance (Greminghen), son cheval est tué et il est blessé à la tête au cours d’une reconnaissance, quand il est attaqué par vingt cinq combattants à deux lieues de son armée.

En 1756, le brigadier de Lévis devient commandant en second des troupes régulières françaises de l’armée du Canada, dont le commandant est le marquis de Montcalm. Agissant sous les ordres de Montcalm jusqu’à la mort de ce dernier, Lévis participe brillamment à la défense de la colonie.

Il arrive à Québec le 31 mai 1756. Le général de Montcalm charge son second d’un détachement dont la mission est de reconnaître les chemins des Agniers et de constater si l’ennemi peut s’en servir pour une attaque contre les forts de Carillon et de Saint-Frédéric.

C’est la première action de Lévis en Nouvelle-France et il étonne les Canadiens et les indiens par son endurance. Il passe quelques jours dans les bois, couchant à la belle étoile, marchant comme les indiens, sans exiger les honneurs dus à un commandant.

Par la suite, il a contribué à plusieurs actions d’envergure. Au cours de la campagne de William Henry (décrite par Fenimore Cooper dans Le dernier des Mohicans), le 27 juillet, Montcalm le met à l’avant-garde avec environ 3 000 hommes, y compris des indiens.

Après la victoire française et la reddition des Anglais, plusieurs prisonniers sont massacrés par des indiens. Un témoin oculaire confirme dans son récit que M. de Lévis a tout fait pour que les indiens cessent ce massacre.

On blâma souvent Lévis de s’asseoir à la table des petites gens. Au cours de l’hiver 1758, quand il ne reste plus de viande pour les troupes, il fait servir du cheval aux soldats.

Le 8 juillet 1758, M. de Lévis commande le flanc droit à Carillon. C’est alors que retentit son célèbre cri: « En avant, Canadiens! » qu’il émet pour ordonner la sortie des compagnies coloniales, commandées par les sieurs de Raymond, de Saint-Ours, de Lanaudière et de Gaspé. Dans cette attaque, deux balles déchirent le chapeau de M. De Lévis. Le général combat tête nue, et son effort contribue au succès des armes françaises.

En 1759, M. de Lévis est nommé maréchal de camp. Le 29 mai, il est désigné par le marquis de Montcalm pour préparer le camp de guerre sur les hauteurs de Beauport. Lévis désigne les positions des divers corps suivant l’ordre de bataille rédigé par lui-même. Durant juillet et août, les Anglais tentent d’attaquer à plusieurs reprises et il y a souvent des escarmouches.

Le 31 juillet se déroule la bataille de Montmorency: deux bateaux de transport et le vaisseau de guerre anglais Centurion débarquent au Saut 2.000 hommes. M. de Lévis dirige un feu plongeant sur les Anglais qui veulent escalader les hauteurs. La nuit tombant, les Anglais sonnent la retraite, laissant sur les rives de quatre à cinq cents morts ou blessés. Les Français ont perdu une centaine d’hommes. L’amiral anglais Saunders fit détruire les deux transporteurs échoués.

Puis Lévis reçoit l’ordre officiel «pour commander en chef sur les frontières du gouvernement de Montréal». Avec 800 hommes, il organise le fort Lévis. Il n’est donc pas présent lors de la défaite des plaines d’Abraham le 13 septembre 1759.

Au décès de Montcalm, il devient lieutenant-général. II arrive près de Québec le 17 septembre 1759 et s’avance vers la Ville de Québec, jusqu’au moment où il apprend la capitulation de la ville. Il se replie alors sur Jacques-Cartier. Successeur de Montcalm, Lévis réorganise l’armée française.

Pendant l’hiver, Lévis conçoit et développe le projet de reprendre Québec. Ses troupes partent vers Québec le 21 avril 1760 et débarquent le 26 à Saint-Augustin.

Le commandant britannique Murray, prévenu de l’approche de Lévis (les deux généraux se connaissaient bien et échangeaient même des cadeaux), sort de Québec le 28 avril, à la tête de 3.000 hommes et avec 22 canons. La bataille s’engage tout près de l’endroit où les généraux Wolfe et Montcalm ont trouvé la mort. Le combat dure trois heures. Les Anglais sont défaits et vont se réfugier derrière les portes de la ville.

duc de lévis

Même si M. de Lévis remporte la victoire de Sainte-Foy, il ne parvient pas à reprendre Québec, mais il en commence le siège.

Il fait ouvrir une parallèle et ériger trois batteries. Le 11 mai, son artillerie ouvre le feu contre les remparts anglais. Mais l’arrivée de plusieurs vaisseaux de guerre ennemis force Lévis à abandonner l’entreprise. Il ordonne la retraite et regagne Montréal.

Trois armées anglaises regroupant environ trente mille hommes, s’approchent de Montréal, défendue par moins de dix mille soldats et miliciens.

Vaudreuil affronte un cruel dilemme: la dernière ville française du Canada est sans défense, ses murs sont vieux et à moitié effondrés. Tous, militaires comme civils, recommandent de se rendre.

Le 6 septembre 1760, quand M. de Vaudreuil étudie l’acte de capitulation, M. de Lévis lui présente un mémoire suggérant de rejeter les articles où le général Amherst exige que les 8 bataillons français se constitueraient prisonniers avec la promesse de ne point porter les armes, même en Europe, durant la guerre.

Lévis demande qu’on lui permette de se retirer avec des troupes sur l’île Sainte-Hélène pour y soutenir l’honneur des armes du roi de France. Le marquis de Vaudreuil ordonne à M. de Lévis de se conformer à la capitulation et de faire baisser les armes à ses troupes.

La capitulation est signée le 8 septembre. Lévis est humilié mais ses troupes capitulent. Toutefois il donne instruction à ses régiments de brûler leurs drapeaux.

On affirme souvent que les drapeaux furent brûlés sur l’île Sainte-Hélène, mais il semblerait qu’ils furent brûlés sur l’île de Montréal.

Lévis s’embarque, le 18 octobre 1760, à bord de la Marie et arrive dans le port français de La Rochelle.

Le roi d’Angleterre leva la défense d’Amherst de servir durant la guerre, mais en Europe seulement. Lévis est nommé gouverneur de l’Artois en 1766, gouverneur d’Arras en 1780, maréchal de France en 1783 et duc en 1784.

Il décède à Arras, d’une attaque d’apoplexie, le 26 novembre 1787.

Voici un portrait de Lévis par un historien: A défaut de connaissance des livres, il possédait une utile science des hommes. Il était calme, froid, avisé et perspicace. Passé maître dans l’art de bien vivre avec tout le monde, il savait adroitement se tenir en dehors des querelles d’autrui… Sa qualité maîtresse était le tact. Grâce à elle, son mérite ne connut jamais l’ombre et sa carrière fut une suite ininterrompue de succès…

2 Comments

  1. Soldat Sanspareil

    2010/09/09 at 7:02

    Les drapeaux de Lévis on-t’ils étés brûlés à l’Ile Sainte-Hélène?

    Pour en savoir plus consulter le lien suivant et parcourer la page 265 à 273.

    http://www.ourroots.ca/page.aspx?id=690099&qryID=d1936f2d-c2fc-4ea8-8d91-5c072015ca7c

    Vive Lévis!

    Soldat Sanspareil
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!
    http://www.regimentdelasarre.ca
    http://www.tagtele.com/videos/voir/46581
    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/08/03-rapatriement-des-armoiries-royales-de-france.qc
    François Mitterrand
    Un peuple qui n’enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité

  2. Soldat Sanspareil

    2010/09/09 at 7:03

    Lévis la capitulation et les drapeaux des régiments français.

    Le 6 septembre, l’état-major de M. de Vau­dreuil ayant adopté les articles de la capitu­lation, M. de Lévis lui présenta un mémoire succinct, où il suggérait de rejeter les articles où le général Amherst exigeait que les 8 ba­taillons français se constitueraient prison­niers sur parole de ne point porter les armes, même en Europe, durant la guerre; il lui demandait la liberté de se retirer avec les troupes dans l’île Sainte-Hélène pour y soutenir l’honneur des armes du roi de France. Le marquis de Vaudreuil répondit qu’il agréait comme avantageuses les conditions proposées par le général anglais et qu’il ordonnait à M. de Lévis de se conformer à la présente capitulation et de faire mettre bas les armes aux troupes (8 septembre). A la réception de cet ordre formel, le chevalier donna instruction aux différents régiments de brûler leurs drapeaux; il note le fait dans son Journal des Campagnes. Ce ne fut point dans l’île Sainte-Hélène, où il n’y avait que 400 hommes, mais dans l’île de Montréal où les bataillons étaient dispersés : quelques-uns échappèrent, semble-t-il, puisque, le 11, le général Amherst écrivait à Haldimand, com­mandant de la ville « que les drapeaux fran­çais qu’on avait vus devaient être livrés ».

    http://faculty.marianopolis.edu/c.belanger/quebechistory/encyclopedia/Francois-GastonducdeLevis.html

    Soldat Sanspareil
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!
    http://www.regimentdelasarre.ca
    http://www.tagtele.com/videos/voir/46581
    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/08/03-rapatriement-des-armoiries-royales-de-france.qc
    François Mitterrand
    Un peuple qui n’enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité

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