Jérôme Le Royer de la Dauversière 

Fondateur de Montréal

La famille Le Royer de la Dauversière  était originaire de Bretagne et s’est transplantée en Anjou au quatorzième siècle. Quelque uns de ses membres avaient pris part aux Croisades, ils avaient servi avec ardeur dans des nombreux champs de bataille et la famille s’est vu concéder le fief de la Dauversière près de la Flèche. C’est dans cette petite ville, que Jérôme naît le 18 mars 1597 et y grandi dans une atmosphère de charité.

À l’âge de sept ans à peine il devient élève du collège des Jésuites à la Flèche (les Jésuites viennent à la Flèche sur l’ordre d’Henri IV pour y fonder ce grand collège, célèbre à cause de ses élèves, tels que René Descartes, grand penseur et l’auteur du Discours de la Méthode). Jérôme le Royer de la Dauversière deviendrait lui aussi l’une des gloires du Québec.

Son père meurt quand Jérôme n’est qu’adolescent. En 1618, il épouse une jeune fille de son rang, Jeanne de Baugé, et l’heureux couple aura cinq enfants – dont quatre se consacrent à Dieu. En 1631 les époux établissent l’Ordre des Hospitalières de Saint-Joseph à La Flèche et la même année Jérôme le Royer annonce l’intention de bâtir un hôpital sur l’île de Montréal, dans une ville encore non existante! Plusieurs n’e furent pas loin de penser que le pauvre avait perdu la tête… Établir un hôpital sur une île sauvage de l’Amérique, c’était pure folie.

Le Royer

Mais Le Royer entreprend des efforts pour réaliser les rêves. Il contacte Marie de La Ferre, une autre « folle » qui est prête à consacrer sa vie aux soins des malades au Québec.  Un jeune baron de Fancamp s’offre à aider de toutes ses forces et de sa fortune à l’exécution du projet. Rien n’arrête plus les enthousiastes, ni les contradictions, ni les protestes de leurs parents ou leurs amis, ni la froideur de la société, ni la malice des adversaires, ni les lenteurs des autorités ecclésiastiques… Le Royer travaille et sa pensée va vers la fin ultime que la Providence lui a révélée : il doit coloniser et évangéliser l’Île de Montréal.

Des années se sont écoulés dans les travaux assidus pour ramasser de l’argent, pour financer la mission, pour engager des nobles. En 1639, le but était sur le point d’être atteint. Cette année les sociétés fondées par Le Royer sont reconnues à niveaux officieux  et la Compagnie obtient le permis de construire, sur l’île de Montréal une ville fortifiée qui devrait devenir « boulevard du catholicisme dans le Nouveau-Monde » et servir de rempart contre les Iroquois. Un séminaire et un hôpital devraient y être érigés, les Sauvages seraient convertis au christianisme.

Ceux-ci qui ont conçu et qui ont mené à bonne fin l’entreprise, sans recourir au trésor public, sans retirer le moindre bénéfice pécuniaires, sans craindre des obstacles, Le Royer en tête, méritent tout notre respect et dévotion.

Le Royer expédie au Québec des outils et des provisions en vue du prochain établissement. Il recrute de futures colons. Et c’est lui qui recrute à de Maisonneuve, à Jeanne Mance et à tous les autres participants de la folle entreprise, les fondateurs de la métropole canadienne!

La petite troupe arrive en Nouvelle-France en 1641, mais l’hiver approchait et les gens passèrent quelques mois à Québec. Enfin, le 18 mai 1642, les quelque cinquante « nouveaux croisés » parviennent à s’établir sur l’Île.

Une nouvelle ville naît grâce aux efforts de tous, mais c’est Le Royer de La Dauversière qui a consacré toute sa vie à la cause de Montréal et c’est à lui avant tout que nous exprimons nos remerciements. Il est mort en pauvreté, ruiné et endetté. Montréal lui doit sa vie.

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