Gens du pays

Ouimet, Léo-Ernest

Ouimet, Léo-Ernest

Léo-Ernest Ouimet

Léo-Ernest Ouimet, pionnier du cinéma québécois, naît en 1877 (date exacte inconnue), à Saint-Martin-de-Laval, dans la famille d’un agriculteur. Il fait ses études classiques à Saint-Martin-de-Laval et ensuite il reçoit une formation en génie électrique.

À l’âge de 21 ans il commence à travailler comme projectionniste au parc Sohmer de Montréal (un parc très populaire qui fut fermé en 1919), puis commence à présenter ses propres spectacles.

En 1904, Ernest Ouimet conçoit son propre appareil de projection qu’il appelle cinétoscope. C’est avec ce projecteur qu’il est projet au public les résultats des élections fédérales canadiennes et devient aussi le premier homme à utiliser le cinéma pour diffuser les résultats des élections au Canada.

Le 1er janvier1906, il crée l’Ouimetoscope, la première salle permanente de cinéma de Montréal, du Québec et du monde. Le mot Ouimetoscope a été inventé par son ami et collaborateur Gustave Conte, rédacteur du journal La Patrie. La salle est équipée avec deux projecteurs Edison et une caméra. Le premier cinéma de Montréal a été situé à l’angle des rues Sainte-Catherine et Montcalm.

Le Ouimetoscope qui a 500 sièges au début est ouvert sept mois avant la parution d’une première salle de cinéma sur Broadway, à New York. En 1907, la salle est agrandie et peut accueillir désormais 1200 spectateurs.

Le prix d’entrée est d’abord entre 10 et 35 cents. Des musiciens jouent des instruments de musique à l’intérieur avant la séance et dans les entractes. Ouimet y projettera des films américains et les films français.

Notons que dans le premier cinéma, les hommes devaient s’asseoir séparés des femmes.

Ernest Ouimet tourne lui-même des films d’actualité qu’il présente dans son cinéma. En 1907, il filme l’effondrement du pont de Québec. En 1908, Ouimet tourne le film Mes espérances sur sa famille. Ensuite, il filme un grand nombre d’événements, dont l’incendie de Trois-Rivières (1908), l’effondrement du nouveau pont de Québec en 1916, l’explosion de Halifax en 1917, la venue du maréchal Joffre, la tenue du congrès eucharistique de Montréal, la catastrophe de la gare Windsor, les funérailles de Wilfrid Laurier en 1919 et plusieurs autres. Au total, il a réalisé plus de 80 films. Au fait, ses films sont les premières actualités filmées au Canada.

En 1915, Ouimet crée la société «Specialty Film Import» qui commence à projeter des films de la maison Pathé, mais après la première guerre mondiale il doit vendre son théâtre après sa grande faillite. En 1922, Ernest Ouimet part pour Hollywood et l’Ouimetoscope perd son nom. Installé à Hollywood, Ouimet y côtoie les grandes vedettes du film muet et produit une fiction, Why get Married.

De retour à Montréal en 1933, le projectionniste exploite le cinéma parlant, mais il financièrement ruiné à nouveau en 1935, après qu’un feu tua deux personnes dans son théâtre. En effet, il mit une chaufferette dans sa loge sous son bureau qui causa l’incendie.

Il devient ensuite employé  dans la Commission des liqueurs en 1936, où il travaille pendant 20 ans.

Ernest Ouimet est décédé le 2 mars 1972, à l’âge de 94 ans, à Montréal. La plupart de ses films ont disparu et il semblerait qu’il brûla la plupart de ses pellicules, sur support nitrate et donc inflammables.

Aujourd’hui, au Québec, l’Association québécoise des critiques de cinéma récompense le meilleur film de l’année en lui remettant le Prix L.-E. Ouimet.

Léo-Ernest Ouimet

Léo-Ernest Ouimet

Léo-Ernest Ouimet, portrait de l’époque

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1 commentaire

  1. Gérard Vaillancourt

    2011/12/10 at 12:33

    très bon article merci

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