Curé Labelle

Père de la Colonisation, Roi du Nord

«Plus d’un aurait pu faire mieux, mais personne avec une meilleure volonté» (lettre de démission de Mgr Labelle adressée à Honoré Mercier, premier ministre du Québec, le 26 décembre 1890)

François-Xavier-Antoine Labelle est une des personnalités les plus célèbres de l'histoire du Québec. Surnommé le «père de la colonisation» et «Le Roi du nord», il fut le principal promoteur de la colonisation dans la vallée de l'Outaouais.

Cet homme qui rêvait d’une reconquête francophone et catholique des territoires du Nord du Canada, fis d’Antoine Labelle, cordonnier du village, et d’Angélique Maher, est né à Sainte Rose de Laval le 24 novembre 1833.

Parmi ses premiers souvenirs d’enfance, le jeune Antoine garde en mémoire les répressions de 1837-1838. Ces événements détermineront ses futures activités.

En 1844, à l’âge de 11 ans, le curé de Sainte Rose fait inscrire Antoine au séminaire Sainte-Thérèse, où il est reçu bachelier en 1852. Il entre au Grand Séminaire de Montréal la même année et, en 1856, Antoine Labelle est ordonné prêtre.

Il débute sa carrière comme vicaire et devient curé de paroisse de 1859 à 1863 à Saint-Antoine Abbé, puis à Saint-Bernard de Lacolle de 1863 à 1868. En mai 1868, il prend la tête de la paroisse de Saint-Jérôme de Terrebonne. C’est alors que le curé Labelle se donne avec zèle à la mission de colonisation des Laurentides et de l'Outaouais, ce qui lui vaut le titre «d’apôtre de la colonisation».

antoine labelle
Le Curé Labelle vers 1880. Photo : auteur inconnu

En 1869, Antoine Labelle lance le projet d'un chemin de fer pour relier les cantons du Nord et la ville de Montréal. Ce projet doit favoriser la colonisation et permettre l’approvisionnement de Montréal en bois de chauffage.

En 1876, la ligne Montréal-Saint-Jérôme est ouverte et les projets de colonisation peuvent se poursuivre.

Le curé Labelle effectue de nombreux voyages afin de repérer les meilleurs centres potentiels de peuplement. Il organise des campagnes afin d'attirer les Canadiens français dans les régions du nord. Ses méthodes sont parfois peu orthodoxes. Par exemple, en janvier 1872, Labelle distribue personnellement aux pauvres de Montréal des dizaines de traîneaux de bois de chauffage.

En 1879, Labelle fonde la Société de colonisation du diocèse de Montréal. Il songe à construire dans le nord une véritable forteresse française et catholique. Il fonde ainsi vingt-neuf cantons et vingt paroisses.

C’est un homme de stature colossale, qui paraît inépuisable: en 1887, il fait quarante cinq voyages dans les cantons du nord.

Le 16 mai 1888, le premier ministre Honoré Mercier lui confère le poste de sous-commissaire au Département de l’agriculture et de la colonisation.

En juillet 1889, le pape Léon XIII nomme le curé Labelle protonotaire apostolique, soit l’équivalent d’un évêque sans le diocèse.

Mais ses conflits avec Monseigneur Fabre, archevêque de Montréal qui s’oppose aux activités de Labelle dans le Département, se font sentir. Le 26 décembre 1890, Mgr Labelle démissionne.

Une semaine après, le 4 janvier 1891, Antoine Labelle meurt à Québec. Il est inhumé à Saint-Jérôme.

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