Gens du pays

Duceppe, Jean

Duceppe, Jean

Jean Duceppe

Jean Duceppe est né à Montréal en 1923. Il perd sa mère à l'âge de 2 ans et son père disparaît à son tour quand Jean Duceppe n'a que 9 ans. Il est alors élevé par sa sœur aînée, «extraordinaire de dévouement envers moi», rappelle Jean Duceppe dans une entrevue accordée à Julie Stanton dans Le Bel Âge en décembre 1986.

À 15 ans, ses amis qui suivent des cours de théâtre chez Sita Riddez lui demandent de leur donner la réplique. Pour Jean Duceppe, c’est une révélation. Il se lance dans la vie avec une seule et unique passion au cœur: le théâtre, le théâtre, le théâtre!

Jean Duceppe débute bientôt avec la Troupe de l’Arcade qui est la seule compagnie de théâtre professionnelle à Montréal à cette époque. Une carrière commence qui durera un demi-siècle. De 1941 à 1947, le jeune comédien joue dans 34 pièces avec la Troupe de l’Arcade qui propose jusqu’à 14 représentations par semaine. Il fait également de nombreuses tournées avec la troupe d’Henri Deyglun.

Il devient ensuite un habitué du Théâtre du Rideau, où on le verra sur scène de 1949 à 1971.

L’année 1952 marque les débuts de la télévision. De 1953 à 1959, Jean Duceppe interprète le rôle de Stan Labrie dans le célèbre téléroman La Famille Plouffe. Une longue série suivra, dont Joie de vivre, Rue de l'anse, De 9 à 5, Terre humaine et Rue des pignons, dans lequel il est le père Lafeuille, personnage qu’il affectionne particulièrement.

En 1955, Jean Duceppe débute comme animateur à la radio et à la télévision où il trouvera pendant plus de vingt ans une tribune «pour relayer, à temps et à contretemps, le cri de tout un peuple réclamant le droit de demeurer lui-même et de s’épanouir» comme l’écrivait le journaliste Pierre Gravel le lendemain de son décès en décembre 1990.

Son âme impétueuse et sa nature polémiste lui ont d’ailleurs valu de nombreux congédiements (6 fois de CKAC, 4 fois de CKLM, 2 fois de Radio-Canada et 2 fois de CJMS) «pour opinions libres et non partagées» comme il s’amusait à le dire. Mais qu’importe, Jean Duceppe avait une profonde complicité avec le public qui se reconnaissait en lui.

L'année 1971 est marquante pour Jean Duceppe. Radio-Canada diffuse en janvier de cette année-là Des souris et des hommes, de John Steinbeck, l’une des plus fortes dramatiques jamais montées à la télévision d’État, dans laquelle on le retrouve aux côtés de Jacques Godin et Hubert Loiselle.

Puis il tourne dans ce que d’aucuns considèrent comme le chef-d'œuvre du cinéma québécois, Mon oncle Antoine de Claude Jutra, qui vaut à Jean Duceppe le prix du meilleur comédien au Festival du Cinéma Canadien pour son interprétation dans le rôle-titre.

Enfin, il interprète l’un de ses rôles les plus mémorables, celui de Maurice Duplessis dans Charbonneau et le Chef de John Thomas McDonough au Théâtre du Trident (voir notre article sur ce théâtre), que Paul Hébert vient de fonder à Québec.

En 1972, Paul Hébert fait encore appel à Jean Duceppe pour interpréter cette fois le rôle de Willy Loman dans la pièce La mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller.

Jean Duceppe dira que «Willy Loman a été le plus grand rôle de ma vie, le rôle marquant et décisif, celui que j’aurais été capable de jouer jusqu'à ma mort, sans me lasser. C’est le rôle qui m'a donné les plus grandes joies». Ce personnage, il l’aura interprété dans cinq productions différentes au cours de sa carrière: pour la télévision de Radio-Canada en 1962, au Trident en 1972, puis avec sa compagnie à la Place des Arts, en 1973, 1975 et 1983.

Le 7 décembre 1990, Jean Duceppe s’est éteint. Comme Félix Leclerc, René Lévesque et Maurice Richard, il était un véritable phare pour le peuple québécois. Visionnaire et guide tout à la fois, il possédait une «force d’incarnation des rêves, des espoirs et même des revendications de l’homme nord-américain moyen» comme le dira le comédien Paul Hébert à la suite du décès du fondateur de la Compagnie Jean Duceppe.

(D'après le site Web du théâtre).

jean duceppe

Jean Duceppe vers 1987, source de la photographie : Radio-Canada

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1 commentaire

  1. gilbert

    2012/11/22 at 2:55

    son emery de rue des pignons entre autres mais il a fait bien plus . charbonneau et le chef et encore et la compagnie jean duceppe . un peu trop emotif pour la politique peut etre .

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