Pierre Le Moyne d’Iberbille

Justicier et corsaire

Né et baptisé а Ville-Marie le 20 juillet 1661, Pierre Le Moyne d’Iberville est le troisième des onze garçons et deux filles d’une nombreuse famille.

Contrairement aux traditions des familles ainsi nombreuses, d’Iberville a reçu une éducation suffisante pour être а l’aise dans sa correspondance avec le roi et ses ministres.

Certains historiens sont d’avis que s’il avait été gouverneur de la Nouvelle-France et si la mort ne l’avait pas fauché а l’âge de 45 ans dans l’île de Cuba, l’Amérique du Nord aurait peut-être été française…

Depuis son plus jeune âge, Pierre d’Iberville a souvent navigué sur le bateau de son père et est devenu un marin.

Sa carrière militaire débute en 1686. D’Iberville, avec deux de ses frères, prend part à une expédition militaire afin de chasser les Anglais de la baie d’Hudson. Les frères Le Moyne sont accompagnés de 70 volontaires canadiens et de 30 soldats. Après 85 jours de navigation difficile et périlleuse, ils arrivent devant le Fort Moose.

Les Français passent à l’assaut. D’Iberville pénètre le premier dans le fort. Soudain, les portes se referment derrière lui et il se retrouve seul face à 17 Anglais. Mais ceux-ci se rendent face à d’Iberville! Dès lors, sa réputation de héros sans peur s’établie.

Cette bataille fut la première d’une série d’éclatantes victoires et en quelques semaines, tout le sud de la baie d’Hudson était français. D’Iberville fut nommé commandant du fort.

Puis, il s’empare de deux navires anglais ce qui lui permet d’approvisionner le fort. Quand il rentre à Québec par la mer, à la fin d’octobre 1687, le bâtiment qu’il conduit est chargé à ras bord de fourrures et de marchandises anglaises capturées.

Pierre Le Moyne d’Iberville

Séjournant en France au cours de l’hiver 1687-1688, il réussit à convaincre Versailles de soutenir la Compagnie française de la baie d’Hudson. Le renforcement de la position française au nord de la baie est assuré.

Le roi confie à d’Iberville Le Soleil d’Afrique, le plus rapide des navires. Le 3 août, après un détour par Québec, le navire entre dans la baie d’Hudson.

De là, Iberville essaye de s’emparer du fort York, ce qui fermerait aux Anglais l’accès à la rivière Nelson et aux territoires du Manitoba actuel. Avec moins de 20 hommes, il anéantie deux navires, capture près de 80 Anglais et capture des forts de la baie James.

Pour Iberville, la présence des Anglais au fort Nelson laisse présager la perte de la Nouvelle-France. En 1693, pendant qu’il escorte les navires qui font la navette entre le golfe Saint-Laurent et les ports français, l’Angleterre reprend les postes de la baie James. Au mois d’août 1694, ayant obtenu un monopole de trois ans sur le commerce à la baie d’Hudson, Iberville y retourne. Le 13 octobre, il maîtrise le fort Nelson.

Le 15 août 1696, il s’empare du fort William Henry à Pemaquid, sur la côte du Maine. Ensuite, il se dirige vers Terre-Neuve. Là, avec moins de 200 hommes, il prend par assaut le fort Saint-Jean. Mais il doit retourner vers la baie d’Hudson où les forts sont repris par les Anglais.

Le 5 septembre 1697, Le Pélican, en tête d’un convoi qui compte quatre navires, subit une attaque anglaise. Iberville coule un navire attaquant et s’empare d’un autre.

D’Iberville reprend le fort Nelson le 13 septembre 1697. Mais le traité de Ryswick, signé 7 jours plus tard, reconnaît la prédominance anglaise à la baie d’Hudson et celle des Français à la baie James. La France, qui conserve Port-Royal et Plaisance, rend une partie de l’Acadie et Pemaquid.

Toujours hanté par le désir de donner l’Amérique du Nord à la France, Iberville essaye d’établir une colonie française à l’embouchure du Mississippi et le 2 mars 1699, il trouve l’embouchure du fleuve.

En 1699, 1700 et 1701, d’Iberville construit les forts Maurepas, Mississippi et Saint-Louis. Il est nommés le commandant général de la Louisiane, mais il voyage vers les Antilles anglaises où il sème la terreur entre les Anglais. Il capture l’île de Nevis et peu après, il fait escale à La Havane.

Le 9 juillet 1706, d’Iberville meurt à bord de son navire Juste, à cause de la fièvre qui le torturait depuis 1701. Au moment du décès il avait 45 ans.