Gens du pays

Grey, Sir Albert

Grey, Sir Albert

Albert Grey

Albert Henry George Grey, comte Grey, fut le neuvième gouverneur général du Canada, de 1904 à 1911. Il nait le 28 novembre 1851 à Londres, fils de Charles Grey, secrétaire particulier du prince Albert puis de la reine Victoria, et de Caroline Eliza Farquhar.

Il fait ses études à Harrow School et à Trinity College (Cambridge). En 1873, il obtient un diplôme de cette université. Il est par la suite secrétaire de sir Henry Bartle Edward Frere, membre de l’Indian Council, ce qui lui permet de faire une tournée en Inde avec la suite du prince de Galles. Il entre dans la politique britannique à titre de libéral gladstonien. Il est élu député de South Northumberland en 1880, puis de Northumberland (Tyneside), en 1885. Aux Communes, il dirige un groupe de pression ouvert aux nouvelles idées politiques et sociales, le comité de Grey. Partisan de la coopération entre consommateurs et producteurs, du partage des bénéfices industriels, de la formation professionnelle, de la représentation proportionnelle, de la réforme ecclésiastique, de la tempérance et de l’embellissement des villes, il crée le Public House Trust, réseau de pubs où l’on vendait des boissons non alcoolisées et dont une partie des profits allait à des travaux locaux de réaménagement. Il investit sont argent dans plusieurs projets de rénovation.

En 1886, il se range du côté des libéraux-unionistes, inspiré par le nationaliste italien Giuseppe Mazzini. il devient un fervent impérialiste et figure parmi les membres fondateurs de l’Imperial Federation League. Grey assura la liaison entre Rhodes et le secrétaire d’État aux Colonies Joseph Chamberlain avant et pendant le raid sur le Transvaal en 1895 et remplace le commandant de ce raid, sir Leander Starr Jameson, au poste d’administrateur de la Rhodésie.

En 1899, on lui conféra le titre de lord-lieutenant du Northumberland. Il soutient à l’époque le mouvement des cadets, le tir au fusil, le Rhodes Scholarship Trust, un programme impérial d’immigration, ainsi que d’autres projets d’envergure.

En août 1904, le gouvernement d’Arthur James Balfour nomme Grey gouverneur général du Canada ; la nomination officielle suivit le 26 septembre. Des investissements peu judicieux en Afrique du Sud avaient placé Grey dans une situation financière difficile, mais sa nomination fut rendue possible par la générosité d’une tante de sa femme, la baronne Wantage, qui ajouterait un supplément à son traitement de vice-roi.

Au début, Grey prône l’immigration asiatique au Canada et, une fois, il refuse de se rendre en Colombie-Britannique, en protestant contre le caractère discriminatoire de la législation adoptée par le gouvernement de Richard McBride.

Grey parle français, favorise la construction de monuments historiques au Québec, poursuit les efforts de Minto en vue de rapprocher les élites anglophones et francophones. Il n’hésite pas à utiliser des sanctions sociales contre les individus aux positions intolérantes, par exemple le rédacteur en chef torontois John Stephen Willison. Néanmoins, sa foi dans la prééminence de l’anglais et dans le caractère inévitable et bénéfique de la Conquête le rende sourd à l’opinion canadienne-française.

Convaincu que le Canada était la clef de l’Empire, Grey inaugure sa croisade impériale dès son arrivée et son assermentation à Halifax le 10 décembre 1904. Même si l’objectif déclaré de son impérialisme est la création d’un ordre mondial pacifique inspiré de la théorie de Mazzini, l’usage de la force n’est pas exclu. Passionné par les navires et promoteur de la Navy League, Grey encourage Laurier à créer une marine. Il presse Laurier de prendre en charge les garnisons britanniques encore en poste à Halifax et à Esquimalt, en Colombie-Britannique. Grey prône la création d’une marine canadienne de manière si ouverte et si insistante que, au Québec, on surnomme par dérision « projet de loi de Grey » la Loi concernant le Service de la marine du Canada, adopté en 1910. Henri Bourassa et les conservateurs de Frederick Debartzch Monk s’opposent à ce projet de loi.

Sir Grey joua un rôle déterminant dans la décision de convertir les plaines d’Abraham en parc national, le 17 mars 1908, pour célébrer le tricentenaire de Québec. Ce parc regroupe les plaines d’Abraham, avec le jardin Jeanne-d’Arc et, à proximité, le parc des Braves. Les Champs-de-Bataille sont le lieu où les Empires français et britannique se sont affrontés lors de la Conquête de 1759. L’issue de la courte bataille des plaines d’Abraham a changé le sort du Canada.

Grey essaye, à compter de 1906, de forcer Terre-Neuve à entrer dans la Confédération canadienne. Il s’associe à un plan concocté en secret par un Canadien qui avait des intérêts forestiers à Terre-Neuve, Harry Judson Crowe, et appuyé par Robert Gillespie Reid, ami et banquier de sir Edward Patrick Morris. Avec la complicité de Grey, les combinards essayent d’évincer Bond et d’obliger Morris à rompre avec lui, puis à prendre l’initiative d’une manœuvre pro-confédératrice.

Les arts de la scène passionnent Grey : en 1907, il inaugura un festival pancanadien de théâtre et de musique. Il s’intéresse aux romans canadiens, ceux de Lucy Maud Montgomery surtout, et à la sculpture canadienne, en particulier les monuments publics d’envergure. Lady Grey aussi parraine un certain nombre de bonnes œuvres : elle fut présidente de l’Aberdeen Association, présidente de la Women’s Welcome Hostel de Toronto et présidente honoraire de l’Ottawa Maternity Hospital, du Victorian Order of Nurses, des sanatoriums Lady Grey de Toronto et d’Ottawa, ainsi que de la section féminine de la Société de numismatique et d’archéologie de Montréal.

Son mandat expire en 1910. Après son retour en Grande-Bretagne en octobre 1911, Albert Henry George Grey continue d’appuyer des causes sociales et éducatives. En 1912, il se rend en Afrique du Sud pour dévoiler un monument et rendre hommage à Cecil John Rhodes. Il occupe la présidence du Royal Colonial Institute et tenta en vain de fonder à Londres un centre des dominions. Décédé le 17 août 1917 dans son domaine à Howick, en Angleterre, il laisse dans le deuil sa femme, Alice Holford, son fils et deux de ses filles.

Albert Grey

Albert Grey

Buste de sir Albert Grey au parc des Champs de bataille, à Québec. Source de l’image : claudeyvonne.blogspot.ca

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