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Farah-Lajoie, Georges

Farah-Lajoie, Georges

Georges Farah-Lajoie

Le maître détective de Montréal

Au début du XXe siècle, le nom de Georges Farah-Lajoie est fréquemment cité dans les journaux de l’époque à cause de ses exploits et de ses actes de bravoure

Originaire de Damas, Syrie, où il naît en 1876, Georges Farah fait ses études dans un collège français à Jérusalem. C’est à ce collège qu’il traduit son nom Farah de l’arabe au français, devenant ainsi Georges Farah-Lajoie.

Il est arrivé à Montréal vers 1900 et il se marie en 1902 avec Marie-Anne Chartré.

En 1906, Georges Farah-Lajoie devient agent au service de police de Montréal. En 1910, il est nommé détective de la Sûreté de Montréal. D’après des journaux de l’époque, ses bons états de service et sa maîtrise des langues – il parle bien français, anglais et arabe – lui valent sa promotion.

Au fil des ans, il devient un des meilleurs enquêteurs du Québec. Compétent et intelligent, Farah-Lajoie a résolu de nombreuses affaires criminelles au cours de sa carrière. Il est devenu un véritable personnage de légende et plusieurs de ses exploits et de ses actes de bravoure ont été couverts par la presse aussi bien francophone qu’anglophone.

Les journaux de tout le Canada le décrivent comme l’un des meilleurs détectives du pays.

On ne peut que citer un seul passage d’un article de La Presse, intitulé La bravoure d’un policier: «Le constable syrien Georges Farah dit Lajoie du poste no 3, coin Ontario et Beaudry, vient de se signaler de nouveau en accomplissant un exploit vraiment héroïque» (dans cet article, le journaliste, ému, décrit comme le détective a sauvé une fillette «qui allait être impitoyablement broyée sous les roues d’une voiture électrique».

Les journaux anglais le nomment a man whom criminals fear (homme que craignent les criminels).

En 1922, la ville de Montréal confie à M. Farah-Lajoie une affaire qui s’avère la plus complexe de sa carrière: le meurtre de Raoul Delorme. Cette affaire (l’affaire Delorme, comme on l’appela alors) fut largement couverte par les médias. Le 15 février 1922, La Presse écrivait à la une: Jamais, dans les annales criminelles du Canada, un meurtre n’avait encore suscité un intérêt aussi général et considérable.

Il déjoue un complot contre du congrès eucharistique de Montréal de 1910, empêchant ainsi la destruction par les terroristes du maître-autel érigé sur les flancs du Mont Royal.

C’est Farah-Lajoie qui a réussi de découvrir l’énigme de la mort de Raoul Delorme, étudiant en commerce et benjamin d’une famille aisée de la rue Saint-Hubert. L’enquête de Farah-Lajoie l’amène à conclure que Delorme a été assassiné par son frère, l’abbé Adélard Delorme, prêtre catholique.

Le prêtre est donc accusé de meurtre sur la base des preuves recueillies par Farah-Lajoie et l’accusation suscite la controverse, certains n’acceptant pas que l’on accuse de meurtre un prêtre de l’Église catholique.

C’est lui qui introduit lors de cette enquête de nouvelles technologies jamais expérimentées au Canada: l’expertise balistique et la reconstitution du lieu du crime.

Au cours du premier procès le jury trouve l’abbé Delorme mentalement inapte. Le détective publie alors un livre intitulé Ma version de l’affaire Delorme dans lequel il donne les détails de l’enquête et met en évidence les preuves de culpabilité d’Adélard Delorme. Ensuite, l’affaire sera ramenée trois fois devant les tribunaux, entre 1922 et 1924. Lors du dernier procès, le jury déclare Adélard Delorme non coupable. Georges Farah-Lajoie est vivement critiqué par certains alors que d’autres le considèrent comme un héros.

Farah-Lajoie poursuit sa carrière de détective jusqu’à la fin des années 1920. En 1927, il se présente aux élections municipales pour devenir conseiller de Ville-Marie. Dans sa plateforme électorale, il prévoit entre autres une réorganisation du service de police, ce que ses supérieurs n’auraient pas apprécié. Cette position entraîne sa démission de son poste au sein de la Sécurité de Montréal.

On le renvoie finalement le 19 décembre 1929 parce qu’un examen médical l’aurait jugé inapte au service. La ville refuse aussi de lui verser une pension. Il travaille ensuite à son compte comme détective privé et en 1939, il est agent spécial attaché au bureau du Procureur général à Montréal.

Au décès de Farah-Lajoie, en mars 1941, ses exploits passés sont à nouveau relatés dans les journaux. Il laisse le souvenir d’avoir été, comme l’écrit un quotidien francophone, l’un des plus brillants limiers qu’ait connus Montréal. Il laisse dans le deuil sa femme, cinq fils et deux filles.

L'affaire Délorme

L’affaire Délorme

Couverture du livre Affaire Délorme écrit par le détective Farah-Lajoie

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