Gens du pays

Boucherville, Georges de

Boucherville, Georges de

Georges de Boucherville

Georges de Boucherville, baptisé Pierre-Georges-Prévost Boucher de Boucherville, naît le 21 octobre 1814 à Québec. Il est descendant de Pierre Boucher, gouverneur de Trois-Rivières et auteur de l’ouvrage Histoire véritable et naturelle des mœurs et productions du pays de la Nouvelle-France, vulgairement dite le Canada.

De 1822 à 1832, il fait ses études au petit séminaire de Montréal. En 1833, il commence un stage de clerc en droit et, parallèlement, il se consacre à la littérature.

Le 2 mai 1835, paraît sa première nouvelle, la Tour de Trafalgar, dans l’Ami du peuple. En septembre 1835, il publie dans le même journal Louise Chawinikisique, conte mélodramatique inspiré de Chateaubriand. Ce conte lui vaut le premier prix d’un concours littéraire organisé par le journal.

En janvier 1837, Georges de Boucherville est admis au barreau. Il s’intéresse à la politique, alors il joint les rangs des Fils de la Liberté et signe leur manifeste Adresse des Fils de la Liberté de Montréal aux jeunes gens des Colonies de l’Amérique du Nord, en octobre 1837 à titre de secrétaire correspondant. Dans ce manifeste, les Fils de la Liberté stigmatisent la mainmise de l’Angleterre sur une colonie qui n’a jamais eu voix au chapitre, et revendiquent la souveraineté du peuple canadien. Arrêté le 16 novembre 1837, puis emprisonné, il est accusé de haute trahison, mais son père réussit à le faire libérer.

Boucherville se réfugie aux États-Unis où il séjourne en Nouvelle-Angleterre. Il fraternise avec l’Association des Frères-chasseurs de Robert Nelson, mais en juillet 1838, de retour à Montréal, il ouvre un bureau d’avocats avec André Ouimet, et défend les prisonniers accusés de meurtre.

Ensuite, il part en Louisiane (en 1838) et s’installe chez ses lointains parents à Nouvelle-Orléans, le coeur du territoire annexé aux États-Unis après leur avoir été vendu par Napoléon en 1803. Boucherville s’intéresse à la vie intellectuelle de la région. Il s’inspire là-bas de sujets multiples qui forment la trame de son futur roman Une de perdue, deux de trouvées. On peut citer, par exemple, la révolte des Noirs à Saint-Domingue, ainsi que la vie du pirate Jean Lafitte, disparu avec son équipage vers 1825. Ce pirate inspirera à la fois les personnages de Pierre de Saint-Luc et d’Antonio Cabrera.

Georges de Boucherville rentre au Bas-Canada en 1846, où il pratique le droit dans le canton d’Aylmer.

Le 15 février 1847, il épouse à Montréal Louise Gregory. Le couple a deux enfants.

De novembre 1848 à janvier 1849, Boucherville publie dans La Minerve, sous le pseudonyme de José, des essais sur des questions économiques intitulés Les Sophismes de M. Bastiat. Puis, il écrit un feuilleton d’aventures louisianaises, Une de perdue, deux de trouvées, qui paraît dans l’Album littéraire et musical de La Minerve.

Après le décès mort de son père, en 1857, il s’installe à Saint-Hyacinthe où il publie Projet d’étude pour la formation d’une banque agricole nationale pour le Bas-Canada en 1862. L’année suivante, il publie le Crédit foncier.

En 1864–1865, la Revue canadienne reprend la publication d’Une de perdue, deux de trouvées que Boucherville remanie en y ajoutant une suite qui s’intègre d’ailleurs assez mal à la première partie. Ce roman attire bien vite l’attention des lecteurs et a un vif succès. C’est dans l’Amérique du Sud, dans la Louisiane, dans les Antilles, et enfin au Canada que le romancier transporte tour à tour ses personnages et le lecteur. Le critique Camille Roy considère que ce roman est, en somme, une des meilleures œuvres de la littérature canadienne.

En fait, ce livre apparait véritablement comme l’un des plus complexes du XIXe siècle. On y retrouve le modèle du véritable roman tel qu’énoncé par le théoricien russe Mikhaïl Bakhtine: le roman comme ensemble d’une multiplicité de vois, de registres et de discours. Dans Une de perdue, deux de trouvées, le trame se manifeste par un foisonnement par un foisonnement d’intrigues, de rebondissements inattendus. Ce long roman d’aventures à caractère historique nous laisse entendre différents registres sociolinguistiques qui son un lien avec les pirates, les Noirs de la Nouvelle-Orléans en révolte contre leurs maîtres, et les Patriotes.

En 1867, Georges Boucherville est nommé secrétaire du lieutenant-gouverneur Narcisse-Fortunat Belleau (son frère Charles-Eugène Boucher de Boucherville est alors premier ministre de la province de Québec). Ensuite il devient greffier du Conseil législatif à Québec, poste qu’il occupera jusqu’à sa retraite en 1889.

En 1889, il publie le Dictionnaire du langage des nombres. À cette époque, fleurissent dans le monde des dizaines de langues universelles, dont l’espéranto. Mais la langue de Boucherville est d’un caractère tout particulier: La base fondamentale du langage numérique étant les nombres mêmes, écrit-il, toutes les opérations que l’on peut faire avec les nombres peuvent également se faire avec les mots du langage. La grande simplicité des règles facilite l’apprentissage de la grammaire, l’abandon des racines permet d’éliminer toute référence ethnique et, de plus, le système assure des économies dans les transmissions télégraphiques grâce à des opérations arithmétiques de réduction de textes.

Georges de Boucherville est décédé le 6 septembre 1894 à Saint-Laurent, île d’Orléans. Il est inhumé dans le caveau familial à Boucherville.

Ses oeuvres les plus importantes sont les suivantes :

  • Tour Trafalgar
  • Louise Chawinikisique
  • Une de perdue, deux de trouvées
  • Les Sophismes de M. Bastiat
  • Code du whist
  • Le Dictionnaire du langage des nombres

boucherville

Georges de Boucherville. Photo du domaine public

Pour compléter la lecture :

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>