Gens du pays

Sagard, Gabriel

Sagard, Gabriel

Gabriel Sagard

On ignore la date et le lieu de naissance de Gabriel Théodat Sagard, frère convers de l’Ordre des Récollets. Il y existe des indices qui permettent de croire qu’il était déjà Récollet en 1604.

Il séjourna en Nouvelle-France entre 1623 et 1624. Il débarque à Québec le 28 juin 1623 avec père Nicolas Viel, après une traversée de trois mois et six jours. Il part en Huronie, où il s’établit à Ossossané, sur les rives de la rivière Richelieu. En juillet 1624, de retour à Québec, il est appelé en France par ses supérieurs.

Il rédige son première ouvrage Grand voyage du pays des Hurons qu’il publie en 1632 en deux tomes. Dans cet oeuvre Sagard décrit les mœurs et les coutumes huronnes, la faune et la flore canadienne. Il en parle également de sa mission et des traversées de l’Atlantique. Il rédige un premier dictionnaire de la langue huronne. En 1636, il publie l’Histoire du Canada, un récit en quatre livres sur les activités missionnaires des Récollets (deux des quatre livres reproduisent en partie Le Grand Voyage, revu et augmenté).

La même année, il quitte l’Ordre des Récolletes pour entrer chez les Cordeliers, une division de la congrégation des frères mineurs, fondée par François d’Assise, et il décède la même année, dans un couvent à Paris.

Ses descriptions du pays sont tellement détaillées que Gabriel Sagard est considéré l’un des précurseurs de l’ethnographie moderne. Le Grand Voyage du pays des Hurons est considéré fresque brillante d’une étonnante précision. Dans ses textes, l’auteur retrace les principaux événements politiques, commerciaux et agricoles ayant rapport aux activités de l’ordre des Récollets au Canada. Mais il parle volontiers de la possession, des apparences diaboliques et d’autres faits plutôt invraisemblables.

Piètre historien, Sagard signe des textes qui nous séduisent surtout par l’originalité des descriptions de la nature: en parfait disciple de saint François d’Assise, il tombe en admiration devant la moindre créature.

Quant au Dictionnaire de la langue huronne, il s’agit d’un recueil d’expressions françaises traduites en langue huronne. On y trouve des erreurs, mais Sagard avoue que la langue huronne est très difficile et si il aborde ce travail ingrat, c’est qu’il a un vif désir de fournir les rudiments de la langue à ceux qui travaillent à implanter la foi chez les Hurons. Malgré ses imperfections, le dictionnaire de Sagard demeure le plus complet témoignage de la vieille langue huronne.

Gabriel Sagard demeure une figure peu connue. Même dans le cercle restreint des érudits, Sagard ne possède pas l’estime de tous. Pour les uns, le moins est trop naïf, et trop crédule, mais pour plusieurs autres, Sagard est un historien de première valeur. En tout cas, ces livres consacrés aux premiers temps du Canada commandent le respect.

Le Grand Voyage du Pays des Hurons

Couverture de la première édition du livre Le Grand Voyage du Pays des Hurons. Photo : du domaine public

Voir aussi :

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>