Louis de Buade, comte de Frontenac

Louis de Buade, comte de Frontenac est peut-être l’un des gouverneurs généraux les plus connus de la Nouvelle-France.

Né à Saint-Germain en France, 22 mai 1622, il est devenu officier et combat dans les petites guerres qui déchirent l’Europe, mais en 1672, de Frontenac est nommé le gouverneur du Canada. Plusieurs documents témoignent que cette désignation fut demandée par lui afin de dérouter ses créanciers.

En l’absence d’intendant en Nouvelle-France, il étend son autorité aux affaires civiles. Ses nombreuses prétentions et extravagances suscitent l’opposition d’autres dirigeants, mais il répond, en condamnant ces rivaux à l’exil ou en les plaçant en détention.

De Frontenac s’oppose au clergé, à Mgr de Laval notamment en approuvant la vente d’eau-de-vie aux Amérindiens. Il entre en conflit avec l’intendant Jacques Duchesneau au sujet de la traite des fourrures.

Mais il faut reconnaître également ses exploits : de Frontenac crée un vaste territoire, même en agissant à l’encontre des directives et ordres du roi et du ministre des colonies qui sont en faveur de limiter la colonisation aux régions ayant des liens maritimes directs avec la France. Frontenac organise des expéditions et construit de nouveaux forts, dont le réseau apparaît autour des Grands Lacs et le long des affluents du Mississippi.

Malheureusement, il ne veut pas accorder l’accès aux territoires des Grands Lacs aux Anglais ce qui mène inévitablement à la guerre.

de frontenac

En 1689, les tribus des la confédération iroquoise attaquent la Nouvelle-France et de Frontenac donne l’ordre de s’emparer de New York, base de ravitaillement des Iroquois.

Des «commandos» envoyés par Frontenac brûlent des établissements frontaliers. En réponse, les Britanniques organisent une attaque par mer sous le commandement de sir William Phips qui arrive jusqu’à Québec et en commence le siège.

On cite souvent la réponse fière de Frontenac qui est sommé de capituler : « Allez dire à votre maître que je répondrai par la bouche de mes canons ». Les Anglais se retirent après quelques semaines.

En 1696, Frontenac ordonne des expéditions punitives qui détruisent les villages et les récoltes des tribus des Oneidas et des Onondagas.

De Frontenac utilise toujours ses pouvoirs pour tirer profit de la traite des fourrures et on l’accuse de financer ses entreprises avec des fonds de la colonie.

Il est mort en 1698 quand une menace de destitution pèse sur lui.

Voici un curieux épisode qui illustre les moeurs extravagantes de cet homme: Le coeur de Frontenac.

Voir aussi :

  • L’eau de vie
  • Époque de la voile
  • Façons de s’amuser
  • Tableau peu flatteur
  • Massacre de Lachine
  • Bataille du Lac-de-Deux-Montagnes
  • Bataille de Coulée Grou
  • Par la bouche de mes canons
  • 1692-1754
  • l’Hôtel Dieux (par Marie Morin)
  • Un combat de d’Iberville
  • Médecine en Nouvelle-France
  • Église en Nouvelle-France
  • Grand Paix de Montréal
  • La mort de d’Iberville
  • Chemin du Roy
  • Canots taillés en pièces
  • Défaite des Anglais en 1711
  • Les Français et les Indiens
  • Gouverneurs de la Nouvelle-France