Emma Lajeunesse Albani 

Marie-Louise-Cecilia-Emma Lajeunesse naquit à Chambly, le 1er novembre 1852, et reçut son éducation au Couvent du Sacré-Coeur de Montréal. Elle alla ensuite parfaire ses études musicales à Paris et à Milan.

Elle fit son début à l’opéra à Messine, Sicile, en 1870, dans «La Somnambula» de Bellini, et chanta subséquemment à Florence et à Malte. C’est en mai 1872 qu’elle fit sa première apparition sur la scène de Covent Garden et conquit en une soirée l’admiration enthousiaste de Londres.

Depuis, elle a chanté dans tous les pays du monde et est devenue l’idole de toutes les scènes lyriques. Elle fut la seule amie intime de la reine Victoria qui la combla d’honneurs et de faveurs, et son génie fut officiellement reconnu par tous les pays, qui la décorèrent et en firent membre de toutes les chevaleries. Après l’avoir entendue dans «Lohengrin» à Berlin, l’empereur Guillaume Premier, d’Allemagne, la créa première cantatrice de sa maison royale.

Albani abandonna le concert en 1912, à l’âge de 60 ans, dans toute la gloire qu’on puisse rêver.

Plus de 10,000 auditeurs, parmi lesquels étaient Patti, sir Charles Stanley et autres éminents artistes, l’entendirent chanter pour la dernière fois le «Goodbye» de Tosti.

Depuis, Albani s’est activement occupée de ses nombreuses oeuvres philanthropiques et de l’éducation des jeunes artistes de talent.

Elle est décédée à Londres, Grand Bretagne, le 3 avril 1930.

«Madame Albani, dit un journal anglais, restera célèbre non seulement comme cantatrice, mais comme une femme qui a conquis et gardé pendant toute sa longue carrière l’affection et l’estime des multitudes d’amis et d’admirateurs dans le monde entier. Elle restera l’une des plus brillantes figures musicales du vingtième siècle.»

Elle fit honneur aux siens, à sa race, à sa patrie, elle fut compatissante pour les misères des autres, elle encouragea de son influence et de ses deniers les jeunes talents musicaux, elle nous fit partager les honneurs qui rejaillirent sur elle, elle ajouta un glorieux joyau à la couronne artistique canadienne.

Texte, publié dans La Presse, le 5 avril 1930

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