Gens du pays

Nelligan, Émile

Nelligan, Émile

Émile Nelligan

Émile Nelligan naît le 24 décembre 1879 à Montréal au sein d’une famille irlandaise. Il commence ses études primaires à l’Académie de l’archevêché.

Ses relations avec son père et ses professeurs se trouvent loin d’être chaleureuses. C’est un garçon indiscipliné, incapable de faire des efforts soutenus et ses résultats s’avèrent désastreux et Émile déteste l’école.

L’adolescent change d’école et il étudie deux ans au Mont Saint-Louis, deux autres au Collège de Montréal sans succès (il échoue aux examens et doit reprendre le cours), puis au Collège Sainte-Marie. Mais c’est au Mont-Saint-Louis, à l’âge de treize ans qu’il prend passion par la littérature, notamment par la poésie.

Le 21 août 1895, date que Nelligan n’oubliera jamais, il rencontre sur un sentier du mont Royal, une jeune fille, Ilse, dont il avait jadis rêvé. Durant plusieurs jours les jeunes se rencontrent au même endroit jusqu’à leur dernière soirée, le 28 septembre 1995 où, pris par l’orage, ils se cachent sous un arbre. Ce sera le seul moment réel d’intimité du poète avec une femme. Ilse ne se présentera plus au rendez-vous. Émile va la chercher et découvre le corps de la fille dans un cercueil. Elle est décédée.

Émile ne pourra plus lier des relations avec des femmes. Il coupera l’amitié avec Françoise Robertine Barry qui publiait ses poèmes dans La Patrie.

Le 13 juin 1896, il publie son premier poème Rêve fantastique, signée sous le pseudonyme d’Émile Kovak.

Le père Eugène Seers, critique, poète et romancier qui l’invite à participer aux soirées publiques de l’École littéraire de Montréal. Le 26 mai 1899, Émile y récite La romance du vin, Le talisman et Rêve d’artiste. Ce fut un succès, la foule était en délire. Plusieurs disent qu’il est le plus grand poète que le Canada eut produit.

Mais Émile tombe dans un vide immense se répétant sans cesse la phrase suivante: «Au delà du grand tumulte, du rire et des paroles humaines, il n’y a rien, il y a que le vide, l’immense vide sidéral des places des espaces interstellaires et le sentiment désespérant que toute parole est vaine et qu’il ne sert à rien de vouloir composer des poèmes.»

La vie le laisse indifférent. Voulant terminer à tout prix son recueil, Le récital des anges, à l’age de vingt et un ans, Nelligan tombe dans un état de dégénérescence mentale et une folie polymorphe. Lorsqu’il est interné, il cesse d’écrire.

En 1903, un recueil de ses poèmes, choisis et ordonnés par Louis Dantin est publié chez Beauchemin. La publication le fait célèbre au Québec, en Belgique et en France.

Émile Nelligan passera plus de quarante ans en institution psychiatrique, à Saint-Benoît-Joseph-Labre puis à l’hôpital Saint-Jean-De-Dieu. Il s’éteint le 18 novembre 1941.

Plusieurs de ses œuvres ont été traduites en anglais et ont été sujet de films, colloques, romans, poèmes et même ballet et opéra. On mit d’ailleurs sur pied la fondation Émile-Nelligan qui en 1979 créa le prix Émile-Nelligan pour les jeunes poètes. Plusieurs écoles et bibliothèques portent son nom au Québec. Il existe un monument en sa mémoire dans la ville de Québec et un autre à Montréal, inauguré en 2005 au Carré Saint-Louis. En Russie, à Saint-Pétersbourg, un monument en l’honneur de Nelligan a été installé en 2003.

Nelligan

Émile Nelligan

Émile Nelligan, poésies complètes, couverture

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1 commentaire

  1. hamza miloud

    2012/08/24 at 9:30

    Un si grand poête dont l’oeuvre est universelle me fait sentir à travers ce brièf aperçu de sa vie un spleen désastreux. j’ aimerai bien lire ses poemes.

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