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Lacroix, Édouard

Lacroix, Édouard

Édouard Lacroix

Édouard Lacroix, homme d’affaires et homme politique, est né le 6 janvier 1889 à Sainte-Marie-de-Beauce dans la région de Chaudière-Appalaches.

Adolescent, il travaille comme bûcheron, mesureur, draveur, télégraphiste. Il se familiarise ainsi avec toutes les facettes de l’industrie forestière.

À dix-huit ans, il se retrouve à Lac-Frontière, à l’emploi de la B.C. Howard Lumber de Sherbrooke, qui exploite à cet endroit une scierie, sous le nom de l’English Lumber Company. Il établit de nombreux contacts avec les producteurs de la région. La prolongation du chemin de fer jusqu’à Daaquam et à Lac-Frontière ouvre de nouvelles perspectives à l’industrie dans cette région. L’augmentation du prix du bois, occasionnée par la Première guerre mondiale, crée un âge d’or qui atteindra son apogée vers 1926.

Profitant de cette vague de prospérité, Édouard Lacroix fait l’acquisition, en 1918, d’un moulin, à Sainte-Lucie-de-Beauregard, qu’il gardera plus de 7 ans en exploitation.

En 1919, il achète celui de Daaquam qui, malheureusement, brûlera trois ans plus tard. En 1911, il crée La Maison Édouard-Lacroix, et fait le commerce du bois en Beauce et au Maine.

En 1921, à l’âge de 32 ans, Édouard Lacroix achète quelques moulins à bois dans la Beauce, des parterres de coupe dans Bellechasse et il fonde la Madawaska Company. Homme d’affaires prospère, il signe des contrats d’approvisionnements avec les États-Unis.

En 1926, il achète 232 000 acres de terre dans la Matapédia, afin de stabiliser ses réserves de bois. Il fonde, en 1928, la Madawaska Foundation Corporation basée à Causapscal, dont il confie la direction à son frère Charles.

Ensuite, ce grand entrepreneur développe un complexe d’exploitation du bois en Gaspésie, notamment à Carleton qui ne disparaîtra qu’en 1981, une vingtaine d’années après son décès.

En 1927, il détient cinquante camps forestiers et emploie 3500 hommes et coupe 50 millions de billots et 200 000 cordes de pulpe par année.

Il se heurte alors  à un mouvement de concentration industrielle généralisé dans la région, mais il réussit à saisir les règles du jeu des fusions et procède à l’achat de petites compagnies de bois.

John et David Champoux de la Chaleur Bay Mills, qui possèdent des limites sur la rivière Milnikek, ainsi que la Ristigouche Log Driving Boom Company et la Montreal Trading Co, lui cèdent alors leurs baux forestiers dans le canton de New-Richmond.

Fort de ces réserves forestières, M. Lacroix fait construire des installations de sciage à Causapscal. Il concentre alors dans ses mains 927 milles carrés de terres boisées qu’il confie à sa subsidiaire, la Matapedia Lumber Company, fondée en 1930, en pleine crise économique.

À Carleton-Nouvelle, la Canadian International Paper lui offre un échange de service, soit emprunter ses routes forestières contre le droit d’usage de ses moulins à Ristigouche et Nouvelle. Édouard Lacroix se dote d’un nouveau moulin entre Pointe-à-la-Garde et Carleton, ce site est bien centré par rapport aux rivières Nouvelle, Escuminac et Grande-Cascapédia, par lesquelles les billots sont acheminés.

En 1928, il achète les espaces situés sur le barachois de Carleton, avec les droits d’utilisation du cours d’eau et d’écluse pour la flottaison du bois. La compagnie Keegan, installée à Carleton depuis 1890, ayant accepté de se défaire de ses installations, il les démonte et obtient ainsi dix-neuf wagons de chemin de fer remplis de matériel utile à son nouveau projet, une usine de sciage.

Charles Lacroix, frère d’Édouard, gère les opérations locales connues sous la raison sociale de Bois Lacroix Limitée pendant plus de douze ans puis laisse sa place, en 1943, à André Lacroix, fils d’Édouard. Celui-ci s’établit à Carleton dont il devient le maire à la fin des années 1940.

L’entreprise de la famille Lacroix à Carleton garde ses portes ouvertes pendant plus de quarante ans. Les installations, modernisées au début des années 1960, expédient 21 millions de pieds de bois en 1964, mais les réserves diminuent et l’entreprise ferme ses portes en 1981. Bref, les Lacroix auront travaillé à Carleton tant et aussi longtemps que la forêt aura pu les alimenter.

Il est élu député du Parti libéral du Canada dans la circonscription fédérale de Beauce en 1925, il sera réélu en 1926, 1930, 1935 et en 1940. Après avoir passé du côté du Bloc populaire en 1943, alors que le Canada traverse la Crise de la conscription, il se présente sur la scène provinciale. Il est élu député du Bloc populaire en 1944, mais Il démissionne de toutes fonctions politiques en 1945.

Note historique : Le petit-fils d’Édouard Lacroix, Robert Dutil a été ministre du Revenu du Québec de 2008 à 2010.

edouard lacroix

Édouard Lacroix dans les années 1930, photo du domaine public

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