Gens du pays

Dorion, Jean-Baptiste

Dorion, Jean-Baptiste

Jean-Baptiste-Éric Dorion

Jean-Baptiste-Éric Dorion naît le 17 septembre 1826 à Sainte-Anne-de-la-Pérade, dans les environs de Trois-Rivières.

C’est l’un des journalistes les plus brillants du XIXe siècle, quoique l’un des plus controversés. Il a été surnommé l’Enfant terrible du Québec.

Jean-Baptiste-Éric Dorion a toujours été un partisan des libéraux radicaux. Pour diffuser ses idées, il fonde plusieurs journaux. En 1842, il créé le journal L’Escogriffe, puis en 1847 paraît L’Avenir et, en 1862, Le Défricheur qui devient la publication la plus fameuse de l’époque.

Dorion se prononce pour l’abolition des dîmes et de la tenure seigneuriale au Québec. Il est partisan d’un «gouvernement responsable» et il appuie énergiquement l’annexion du Canada aux États-Unis.

En 1844, Dorion, avec un groupe d’amis, fonde l’Institut canadien de Montréal. En 1859, il est élu président de cette institution qui représentait les libéraux radicaux. C’était le seul organisme au Québec, voire au Canada, à diffuser par le biais de sa bibliothèque des livres désavoués par l’Église. De plus, l’Institut recevait des journaux étrangers dont la lecture «n’était pas recommandée par le clergé».

Les membres de l’Institut ont travaillé inlassablement afin de promouvoir de nouvelles idées. Selon les registres, de 1856 à 1871, l’organisme a tenu 128 conférences publiques, 68 conférences privées réservées à ses membres, et 213 débats.

M. Dorion fut le premier à aborder au Canada des sujets tels que la théorie de l’évolution, les limites du pouvoir pontifical, ou encore le rôle de l’Église.

En 1858, Mgr Bourget, évêque de Montréal d’une patience limitée, donne l’ordre à l’Institut d’expurger sa bibliothèque. En cas de refus, l’Église saura prendre les mesures adéquates…

Un grand nombre de membres quittent alors l’Institut canadien de Montréal, mais Dorion et plusieurs de ses collègues continuent leur travail. Rome se prononce en 1869 (trois ans après le décès de M. Dorion), et condamne l’Institut. C’est l’inévitable Mgr Bourget qui proclame l’interdit ordonné par l’Église. Tous les sacrements et la sépulture chrétienne sont désormais refusés à ceux qui en feront partie. C’est un coup fatal pour cette institution, créée par L’Enfant terrible. L’Institut ferme définitivement ses portes en 1880.

En 1852, Dorion fut aussi à l’origine de la fondation de l’Association pour le peuplement des Cantons de l’Est, afin de favoriser l’installation de Canadiens français dans cette région alors majoritairement anglophone. En 1853, il s’établit dans le canton de Durham, dans le village qu’il baptise L’Avenir. Curieusement, ce grand anticlérical y construit une église et un presbytère, de même qu’un magasin et une scierie. Naturellement, l’église était un élément nécessaire pour attirer les colons francophones et catholiques.

En 1854, Dorion est élu député de Drummond-Arthabaska à l’Assemblée législative du Canada-Uni. En 1858, il est battu aux élections, mais il est réélu en 1861.

En 1856, il fonda l’Institut des artisans du comté de Drummond afin de promouvoir l’éducation des adultes.

Jean-Baptiste-Éric Dorion décède à la suite d’une crise cardiaque dans le village de L’Avenir, le 1er novembre 1866. Ce jour-là, L’Avenir était bien sombre…

jean baptiste dorion

Jean-Baptiste-Éric Dorion vers 1850. Photo du domaine public

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