Antoine Laumet de Cadillac

Antoine Laumet de Lamothe Cadillac est né le 5 mars 1658 à Laumont, en Gascogne.

Curieusement, l’acte de son mariage, célébré à Québec en 1687, constate qu’il est « Antoine de la Mothe, écuyer, sieur de Cadillac, âgé d’environ 26 ans, fils de M. Jean de la Mothe, seigneur du dit lieu de Cadillac, de Launay et de Montet, conseiller au parlement de Toulouse et de dame Jeanne de Malenfant ».

cadillac

Or, ses parents n’appartenaient guère à la noblesse, ils étaient de simples bourgeois, n’étaient seigneurs de nulle part. Mais ce mensonge n’est pas le seul proféré par ce brave fondateur de Detroit – à plusieurs reprises il affirme être militaire d’expérience, tandis que personne n’a su jamais, dans quelle armée avait-il servi ni en quelle année. Dans de différentes mémoires il se contredit, lui même. Par contre, ses mémoires rédigées à l’intention du ministre Pontchartrain montrent une certaine degré de culture et d’éducation.

Son séjour en Nouvelle-France débute en Acadie vers 1683, quand Cadillac arrive à Port-Royal. Il rejoint immédiatement les hordes organisées par le flibustier François Guyon dit Desprès et devient corsaire, dont la tâche consiste à attaquer des navires anglaises tout le long des côtes acadiennes. Tout le monde parle de cet brave aventurier qui est devenu très vite le bras droit de Desprès. Il est renommé par ses exploits de pirate, notamment, par la capture d’un coffre caché par un pirate disparu sur une petite île tout près de l’actuelle frontière entre les États-Unis et le Canada, une aventure qui a coûté la vie à la moitié de l’équipage de Cadillac.

Au printemps 1687, Cadillac épouse Marie-Thérèse Guyon, une nièce du pirate Desprès. Cette dame le suivra toujours dans ses aventures et ils auront ensemble neuf enfants.

En 1689, le couple se rend en France, où Cadillac attire l’attention du nouveau ministre des Colonies, Louis Phélypeaux de Pontchartrain. Celui-ci recommande Cadillac au gouverneur de la Nouvelle France, M. Louis de Buade de Frontenac.

Le gouverneur est intéressé à cet homme qui vante la connaissance de la côte atlantique. Cadillac promet de s’emparer de New York et ce projet de conquête reçoit l’assentiment royal. Alors, dans le cadre du projet Cadillac effectue en 1692, un voyage au « delà du monde civilisé».

Ce grand projet n’a pas de suite, mais il permet à Cadillac de monter en grade. En 1694, le ministre Pontchartrain accorde à ce Gascon le commandement de la région de Michillimakinac. Son commandement a eu tellement de « succès » que toute le commerce existante entre les Français et les Autochtones avant l’arrivée de Cadillac, a disparu en trois ans de sa gouverne :

Cadillac favorise la distribution d’eau-de-vie entre les Amérindiens, il n’hésité pas à se s’enrichir au dépenses de l’État, il a amassé du bien en si peu de temps et il a commis tant de torts que les tribus locales se sont détournés vers l’Angleterre.

En 1698, se posant comme victime de cabales, Cadillac se rend en France où il présente un mémoire qui défende l’établissement d’une colonie françaises sur la rivière Detroit. L’année suivante le roi donne son autorisation d’agir.

Le 24 juillet 1701, Cadillac, convaincu que la présence des Français à Détroit assurerait le domaine français sur les Grands Lacs, commence la construction du Fort Pontchartrain du Détroit, une ville qui sera française jusqu’en 1760.

En 1710, Pontchartrain nomme Cadillac au poste de gouverneur de la Louisiane. Les premiers mois ne se sont terminés qu’on accusait déjà Cadillac de semer la discorde entre les rares habitants de la Louisiane qui préféraient s’en aller plutôt que vivre sous le nouveau gouverneur.

Rappelé en fin en France, Cadillac y débarque en 1717 et est envoyé à la Bastille ensemble avec son fils aîné. Ils doivent être jugés pour ses activités. Mais, inexplicablement, ils sont libérés au début de l’année suivante et Cadillac rentre dans les bonnes grâces de la cour.

L’ordre la Croix de Saint-Louis lui est conférée et on lui confia le gouvernement de Castelsarrasin, ville située non loin de son village natal en Gascogne. C’est là que ce pirate, aventurier et gouverneur est mort en 1730.

monument à cadillac

Nous recommandons la lecture du roman CADILLAC des auteurs Philippe Fournier et Philippe Pourxet pour en apprendre plus sur ce personnage.

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