Arthur Buies

Joseph-Marie-Arthur Buies, connu sous le nom de Arthur Buies, naît à Montréal, le 24 janvier 1840, fils d’une Canadienne française et d’un Écossais et élevé dans une famille canadienne de souche après le décès de sa mère.

C’était un écrivain et journaliste très connu de son temps et c’était d’ailleurs un personnage au caractère original. En effet, à une époque où presque tous les Canadiens français considéraient comme leur devoir d’appuyer l’église catholique et de défendre ses valeurs, M. Buies s’est opposé au clergé catholique pendant longtemps. Il s’est rallié à certaines causes soutenues par l’église qu’il considérait nobles, comme la colonisation du nord du Québec, entreprise par le curé Labelle (qui, soit dit en passant, a eu aussi des problèmes avec le clergé en raison de cette entreprise).

La famille, dans laquelle Arthur Buies a été éduqué, se composait de femmes (les tantes d’Arthur) très dévouées à la religion, alors, nul doute que cette atmosphère a pu contribuer à former l’opinion anticléricale du jeune homme. Dans sa jeunesse, Arthur a été expulsé pour indiscipline de plusieurs écoles : le collège religieux de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, puis le séminaire de Nicolet, et enfin le petit séminaire de Québec en 1855–1856.

En 1856, les tantes et les prêtres du petit séminaire de Québec, où Arthur suit à cette époque ses études, excédés par le jeune rebelle, le renvoient au Guyana auprès de son père remarié.

Mais le jeune homme décide de tenter sa chance en Europe et après deux mois passés à Dublin en Irlande, il s’établit à Paris. De Paris, il se joint aux combattants de Giuseppe Garibaldi, les Chemises Rouges et cela au moment où tout le Québec appuie avec ferveur les zouaves pontificaux, acclamant les volontaires canadiens français qui combattent contre Garibaldi.

Après la guerre, Arthur Buies retourne à Montréal et devient membre de l’Institut canadien de Montréal. Cette institution regroupait les intellectuels les plus énergiques et remarquables du Québec, très anti-cléricaux, partisans de la séparation entre l’Église et l’État, admirateurs de la république et de la démocratie. Buies donne des conférences sur la religion (cet homme est l’un des rares Canadiens qui ne vont jamais à la messe!).

En 1868, Buies lance un journal satirique - La Lanterne canadienne (disparu en 1 an) et écrit dans différentes publications, telles que le Défricheur, L’Avenir, Le Pays, se lançant toujours dans la polémique où il excelle. Ces chroniques lui assurent la notoriété littéraire et certains attribuent à ses écrits de l’époque une tendance maçonnique.

Dès le début des années 1880, il travaille pour le ministère de la Colonisation, écrivant des œuvres qu’il appelle « scientifiques » sur les terres du nord et publie des recueils de ses voyages à travers le Québec, décrivant de nombreuses facettes de la vie. Il chante la beauté des terres, ses richesses potentielles, la santé de la vie en forêt, bref, des valeurs romantiques. Sa critique acerbe de l’Église ne cesse pas, même s’il devient un peu plus calme et pragmatique. Il s’impose comme le maître incontesté de la chronique, Buies habite à Québec, mais il voyage beaucoup au Canada et aux États-Unis.

Le célibataire endurci qu’est Buies se marie en 1887, dans la basilique Notre-Dame de Québec, à Marie-Mila Catellier, fille de Ludger-Aimé Catellier, sous-registraire général du Canada. Le couple a cinq enfants.

Toutefois, Buies tombe malade et le 26 janvier 1901, il décède à Québec. Curieusement, l’un de ces articles les plus connus, consacré à la ville de Québec et louant sa grandeur s’appelle «Quiconque a vécu à Québec veut y mourir», la phrase est devenue fameuse et est très utilisée pendant des décennies.

Une autre citation lui a voulu une sorte d’ostracisme à l’époque, publiée dans sa Lanterne canadienne, où il parle des Canadiens français en ces termes: « Il n’y a pas de race inférieure, mais il y a dans le monde un peuple qui fait tout en son pouvoir pour démontrer que cette race existe, et ce peuple, c’est nous, et cette race, ce serait la nôtre. » Ceci pourrait expliquer pourquoi la revue a reçu peu d’appui de ses compatriotes.

Citons en passant quelques autres passages d’Arthur Buies, parues dans sa revue et consacrées aux femmes : « Moi, j’aime passionnément les femmes; c’est pourquoi je suis heureux de toutes les occasions d’en dire du mal. », « l’homme ne sera libre que lorsque la femme sera émancipée. », « Que la femme reste légère; il le faut pour compenser la lourdeur de l’homme ».

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