Gens du pays

Gérin-Lajoie, Antoine

Gérin-Lajoie, Antoine

Antoine Gérin-Lajoie

Antoine Gérin-Lajoie naît à Yamachiche, près de Trois-Rivières, le 4 août 1824. La famille Gérin était originaire de la Savoie. Son premier représentant au Canada, le bisaïeul d’Antoine, Jean Gérin, était sergent dans les troupes de Montcalm. «Il avait toujours tant belle humeur, a-t-il été raconté, que ses camarades de régiment l’avaient surnommé La joie.» Ce surnom est l’origine du nom composé de Gérin-Lajoie qui s’est perpétué dans la famille.

Antoine fait des études classiques au Séminaire de Nicolet. Doué, il remporte dans ses classes de beaux succès. Il s’y distingue spécialement par son goût et ses aptitudes pour les lettres. À 18 ans, il écrit Le Jeune Latour, une tragédie, en trois actes et en vers qui est en fait la première tragédie en trois actes du Canada français.

Gérin-Lajoie compose aussi, étant encore écolier, de petits poèmes de circonstance et des chansonnettes.

À l’occasion des événements de 1837-1838, sa verve poétique est excitée par le triste sort des vaincus et il compose la chanson Un Canadien errant, dont le premier couplet est resté dans toutes les mémoires:

Un Canadien errant,
Banni de ses foyers,
Parcourait en pleurant
Des pays étrangers.
Si tu vois mon pays,
Mon pays malheureux,
Va dire à mes amis
Que je me souviens d’eux…

On raconte qu’il compose les paroles de la célèbre chanson alors qu’il est en classe de rhétorique pour la chanter sur l’air de Par-derrière chez ma tante, une chanson populaire. Aussitôt reprise par tout le collège, la chanson fait le tour du Bas-Canada.

À l’été de 1844, après un court voyage aux États-Unis, Gérin-Lajoie se fixe à Montréal pour étudier le droit. Il témoigne un intérêt pour la politique et pour la littérature. Il entre au journal La Minerve, en qualité de correcteur et de traducteur. Il y fait bientôt de la rédaction. En 1845, il devient le secrétaire de la société Saint-Jean-Baptiste.

En 1848, Gérin-Lajoie était admis au barreau et en 1849, il devient employé au ministère des Travaux publics. En 1856 enfin, il est nommé à la bibliothèque du Parlement, qui siégeait alors, alternativement, à Québec et à Toronto. C’est à Toronto qu’il épouse, le 26 octobre 1858, à 34 ans, Joséphine Parent, l’une des filles d’Étienne Parent, le célèbre journaliste, en ce temps sous-secrétaire d’État.

En 1860, il est, avec Larue et Taché, l’un des fondateurs des Soirées canadiennes, et que, deux ou trois ans plus tard, avec d’autres amis, il lance le Foyer canadien.

Son roman, Jean Rivard, parait dans ces deux publications, la première partie, Jean Rivard, le défricheur, dans les Soirées canadiennes en 1862, et la deuxième partie, Jean Rivard, économiste, dans le Foyer canadien en 1864.

Entre 1867 et 1870 il écrit son important ouvrage sur l’établissement du gouvernement responsable Dix ans d’histoire du Canada (1840-1850), qui a été publié, après sa mort, en 1888, par les soins de l’abbé Henri-Raymond Casgrain. Dix ans d’histoire du Canada est un ouvrage qui dénote un sens aigu de l’observation, beaucoup de réflexion et un patriotisme du meilleur aloi. L’étude, sérieuse et documentée, porte sur l’une des périodes les plus mouvementées de l’histoire politique canadienne. Cette œuvre est considérée par René Dionne comme le sommet de l’ensemble des productions de Gérin-Lajoie.

Frappé d’une attaque de paralysie en 1880, il décède à Ottawa le 7 août 1882.

couverture_jean_rivard

Couverture d’une des premières éditions de Jean Rivard. Photo du domaine public

Pour en apprendre plus :

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>