Femmes du Quebec

Violence conjugale

Violence conjugale

Violence conjugale

Sans occulter le fait qu’il existe des hommes victimes de violence conjugale, la plupart du temps, la victime est une femme et l’agresseur, le conjoint actuel ou l’ex-conjoint (d’après les statistiques du Ministère de la Sécurité publique du Québec,  85% des victimes dans la province sont des femmes).

Malheureusement, la violence conjugale est un fait trop répandu et dans la plupart des cas, les agresseurs et les victimes n’ont pas de caractéristiques particulières. L’âge, la situation sociale, le niveau de l’instruction atteint ne jouent pas un grand rôle. Plus encore, la plupart des hommes violents envers leur partenaire sont de bons voisins et de collègues sympathiques au bureau.

La violence conjugale a des conséquences graves et elle prend plusieurs formes. La plupart du temps, elle est associée à la violence physique. Pourtant il existe plusieurs autres formes de violence dont la violence reliée à la domination sur le plan économique, la violence verbale, la violence psychologique et la violence sexuelle (la domination économique est le fait d’un conjoint contrôler les dépenses et les revenus de sa partenaire sans son accord).

La violence conjugale peut se manifester de bien des façons. L’homme violent peut utiliser la force physique en frappant ou en lançant des objets, par exemple, mais il peut aussi faire des blagues déplaisantes, du chantage, des insinuations. Parfois il humilie, insulte, crie, menace. Il peut contrôler les allées et venues de sa partenaire, surveiller qui elle voit, à qui elle parle. Il peut vérifier scrupuleusement les dépenses et l’argent dont elle dispose. Il peut aussi utiliser la violence lors des relations sexuelles.
Les conséquences de ce phénomène sont très lourdes tant pour les femmes qui la subissent que pour l’ensemble de la société. En effet, la violence porte atteinte à l’autonomie personnelle et financière des femmes et peut affecter gravement leur santé physique et mentale.

Aucun doute, les femmes, les hommes et les enfants aux prises avec le problème de la violence conjugale ont besoin d’aide, d’un soutien ou d’un traitement adapté à leur situation pour arrêter le cycle de la violence dans leur vie.

Notons que les femmes sont les principales victimes d’homicide entre conjoints. Au Québec, vers la fin du XXe siècle, 15 femmes environs étaient tuées, en moyenne, par année à cause de la violence conjugale (Ministère de la Sécurité publique, La violence conjugale : statistiques 2000). Selon Statistique Canada, au même temps, les jeunes femmes de 15 à 24 ans sont celles présentant le plus grand risque d’être tuées par le conjoint ou l’ami intime. C’est  d’ailleurs dans cette catégorie d’âge qu’on retrouve le deuxième plus haut taux de signalement d’affaires de violence conjugale à la police (Ministère de la Sécurité publique, La violence conjugale : statistiques 2000).

Mais ces crimes ne sont que le sommet d’une haute montagne… l’Institut de la statistique du Québec constatait en 2002 que sur une période d’une année, plus de 100 000 Québécoises, soit 6 % des femmes de 18 ans et plus vivant en couple, ont été victimes de violence physique de la part de leur partenaire.

Quant aux enfants, la majorité des enfants des femmes victimes d’agression sont présents lorsque le conjoint inflige des blessures et des souffrances à leur mère : un grand nombre d’entre eux sont témoins  et d’autres subissent également des agressions physiques.

Il faut savoir que la violence conjugale n’apparaît pas subitement dans une relation amoureuse. Elle s’installe de façon progressive et parfois très subtile.

Des exemples de violence conjugale : Critiquer continuellement sa partenaire, ses goûts et ses habiletés ; dénigrer ses relations ou lui interdire de fréquenter sa famille ou ses amis ; contrôler ses activités ou sa façon de s’habiller ; se moquer de son apparence physique ou de ses performances sexuelles ; crier à propos de tout et de rien à la maison ; menacer de se tuer si elle quitte la relation ou utiliser les enfants pour l’atteindre.

Quelle que soit la forme de violence, il faut en parler. La peur, la honte ou la gêne peuvent maintenir les femmes et les filles victimes de violence dans l’isolement. Il est important de briser le mur du silence, de se confier et d’aller chercher de l’aide. Cela s’applique aux victimes, aux conjoints violents et aux témoins.

Si une personne nous confie qu’elle vit une situation de violence conjugale, il est important d’écouter sans juger et de comprendre qu’il faut une bonne dose de courage pour parler malgré la gêne, l’humiliation et la peur. Reprendre le contrôle sur sa vie n’est pas chose facile. Chaque personne a son propre rythme et on doit le respecter.

Mieux comprendre pour mieux prévenir :

Le cycle de la violence :

L’anxiété : La victime ressent de l’anxiété : « Je sais que ça risque d’aller mal… je me sens insécure… je marche sur des œufs, je mets beaucoup d’énergie pour baisser la tension, j’ai peur, je paralyse… – tension – agression – justification (la victime se sent responsable de l’agression : je vais croire et comprendre ses justifications, j’espère pouvoir l’aider à changer alors j’essaie de m’ajuster à l’autre…  je doute de mes perceptions (est-ce vraiment une agression?.. je me sens responsable et ma colère disparaît) – Rémission  (la victime ressent de l’espoir : je vois ses efforts de changement… je lui donne une chance et je l’aide… je retrouve celui que j’aime… he change mes attitudes) – L’anxiété (voir le début du cycle…)

Évolution des rapports hommes-femmes au Québec :

  • Les femmes ont les mêmes droits que les hommes et elles ont accès aux mêmes emplois.
  • Les femmes aspirent à la pleine autonomie financière.
  • Les relations hommes-femmes doivent se faire sur la base de l’égalité.
  • Il est fini le temps de la soumission et de la domination de l’homme sur la femme.

La violence conjugale et le système judiciaire :

Il peut y avoir une plainte criminelle dans les cas de : Violence physique, menaces de mort, harcèlement, séquestration, certaines formes de violence sexuelle, psychologique et économique.

Formes de violence :

  • Attitudes : Bouder, ignorer, soupirer, faire des regards, faire peur, faire sentir, gestes brusques et menaçants
  • Violence verbale et psychologique : Se moquer, crier, insulter, traiter de noms, banaliser, minimiser, les discussions, les tâches, les blagues…
  • Violence relationnelle : Contrôler les allers et venues, obliger à rendre des comptes, ne jamais laisser la femme seule, rabaisser devant les gens, isoler de plus en plus (faire en sorte que la personne ait de moins en moins de contacts avec ses proches), critiquer les amis, les connaissances, les sorties…
  • Violence physique : Objets : Claquer les portes, frapper dans les murs, briser, lancer, bousculer des objets… Personne : Empêcher de sortir, pousser ou bousculer, retenir de force, serrer les bras, donner une claque, frapper…
  • Violence économique : Défendre de travailler, empêcher de travailler, refuser de lui donner de l’argent, obliger à remettre ses revenus, vérifier et critiquer ses achats…
  • Violence sexuelle : Imposer les rapports sexuels, les critiquer, commenter et/ou critiquer le corps, la sexualité, certaines manifestations de jalousie…
  • Homicide/suicide : Menaces de mort (envers la personne ou ses proches), scénarios de vengeance, menaces de se suicider pour retenir l’autre.

Les droits des membres de la famille et des voisins :

Les personnes témoins de la violence conjugale peuvent, voire doivent appeler la police.

Les policiers et les procureurs peuvent décider de maintenir une plainte, même si la victime souhaite la retirer.

Différentes ressources sont disponibles pour soutenir la personne qui veut en parler: les lignes d’écoute, les groupes d’entraide pour femmes et pour hommes, les maisons d’hébergement pour les femmes et leurs enfants, les professionnels de la santé, la parenté, les amis, les voisins et les collègues de travail :

  • L’Info-Santé de votre région.
  • Maisons d’hébergement de votre région
  • S.O.S. Violence conjugale : 1 800 363-9010
  • Tel-jeunes : service d’écoute et d’intervention téléphonique : 1-800 263-2266 (sans frais, ailleurs au Québec), 514 288-2266 (Montréal). Site Web : tel-jeunes.com    
  • Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec : 514 731-3925 ou 1 888 731-942. Site Web : optsq.org
  • Ordre professionnel des psychologues du Québec : 514 738-1223 ou 1 800 561-1223. Site Internet : ordrepsy.qc.ca
  • Site Web : violenceconjugale.gouv.qc.ca

Il y existe d’autres organismes et centres dans chaque région et dans chaque ville.

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« C'est à celui qui domine sur les esprits par la force de la vérité, non à ceux qui font les esclaves par la violence, que nous devons nos respects ». (Voltaire, Lettres philosophiques). Image : Megan Jorgensen

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