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Tortue des bois

Tortue des bois

L’avenir de la tortue des bois

Espèce rare au Canada, la tortue des bois (Clemmys insculpta) affronte mille dangers : la destruction de son habitat, le braconnage, l’envahissement humain et la pollution. Comme pour le loup de l’Est, le statut d’espèce préoccupante à l’échelle du pays vise à la protéger. Au Québec, la torture des bois figure sur la liste des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables.

Une étude en Mauricie

La répartition plutôt inégale de la tortue des bois au Québec paraît liée à la clarté des cours d’eau et à des fonds sablonneaux ou recouverts de gravier. Elle colonise de préférence les aulnais basses en bordure de l’eau. On la retrouve dans une douzaine de rivières de l’Outaouais, de la Mauricie, de la Montérégie et de l’Estrie. À la limite nord de la distribution de cette espèce, le parc national du Canada de la Mauricie et la région environnante en abritent une population isolée qui fait l’objet d’une études depuis des années.

S’aidant de techniques de capture, de marquage et de suivi par émetteur radio, les chercheurs ont colligé des données relatives à l’âge, au sexe, au poids, aux dimensions, aux déplacements, à la ponte et à l’hibernation des tortues, dans le but de préciser les particularités de la population et de l’habitat. Il appert que la distribution très localisée de l’espèce dans le parc est fortement associée aux qualités d’une rivière en particulier. Les travaux en cours ont déjà mis à jour des informations très utiles sur la biologie de la tortue des bois et conclu que la région du parc de la Mauricie constitue un habitat précieux pour la conservation de l’espèce. Il leur reste à établir les mesures les plus aptes à protéger cet animal rarissime.

Une fiche biologique

La tortue des bois se distingue des sept autres espèces de tortues dulcicoles du Québec par son mode de vie à forte composante terrestre. Elle passe l’été dans les champs, les bois clairsemés et les parterres de coupe, à priximité d’un cours d’eau qu’elle fréquente au besoin pour régulariser la température de son corps et pendant l’hibernation. L’espèce à carapace brunâtre et à reflets gris, au plastron jaune souvent picoté de taches noirs, possède un cou et des pattes teintés d’orange ou de rouge. Le mâle atteint une longueur moyenne de 19 à 22 centimètres et pèse à peu près 1000 grammes; la femelle, légèrement plus petite, mesure de 18 à 20 centimètres et pèse environ 900 grammes.

Les partenaires s’accouplent presque toujours dans l’eau, à l’automne ou au printemps. Au Québec, la nidification survient habituellement au mois de juin le long des berges sablonneuses ou de gravier. La femelle pond entre trois et vingt œufs qui éclosent à la fin de l’été. Le régime alimentaire omnivore de la tortue des bois adulte se compose, selon ce qui est à sa disposition, de petits fruits, de feuilles tendres, de champignons, de vers, d’insectes et de mollusques. L’espérance de vie de la tourtue des bois en milieu naturel est estimée à une trentaine d’années.

SOS tortues

La population de tortues des bois parviennent difficilement à compenser les mortalités occasionnées, soit par la dégradation de leur habitat ou le pillage des nids par des prédateurs, soit par la collecte illégalge ou l’accroissement de l’activité humaine, cette dernière comportant les accidents imputables à l’automobile et à la machinerie agricole. Le maintien de l’espèce dépend de la préservatopm d’aires naturelles adaptées à ses besoins et de la sensibilisation du public à la conservation de ses communautés.

Grâce aux efforts de la Fondation de la faune, la région de Shawinigan s’est récemment pourvue d’un habitat pour la tortue des bois à l’intérieur duquel une cinquantaine de femelles pondent leurs œufs chaque années, à l’écart des dangers de la route. Il serait le plus important site de ponte répertorié en Amérique du Nord. Un autre projet de conservation, mené à l’enseigne du Biodôme de Montréal, vise à mettre sur pied les protocoles relatifs à l’incubation, à l’élevage et à la remise en liberté de certains jeunes, à la relâche d’autres jeunes aux trois stades de croissance, chaque année pendant cinq ans, et, enfin, à la documentation du taux de survie des tortues dans la nature.

(Source : Rivières du Québec, Découverte d’une richesse patrimoniale et naturelle. Par Annie Mercier et Jean-François Hamel. Les éditions de l’Homme, une division du groupe Sogides).

Le sort de la tortue des bois demeure précaire partout au Canada. Source de l’image : Wikipedia, image libre de droits.

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