Bestiaire du Québec

Méduse d’eau douce

Méduse d’eau douce

Méduses d’eau douce au Québec

Oui, il existe des méduses d’eau douce ! Bien que mal connues et rarement observées, les méduses dulcicoles fort partie du bestiaire fascinant des lacs et des rivières duQuébec, et on a confirmé leur présence dans plusieurs bassins de la province. Proche parente de son homnyme marin, dont la réputation n’est plus à faire, la méduse d’eau douce se démarque par le milieu de vie et des mœurs tout à fait originales.

En réalité, les espèces d’eau douce ne sont pas des méduses au même titre que certaines variétés d’eau salée, par exemple, la grande mésude crinière de lion, de la classe des scyphozoaires. L’espèce québécoise probable serait Craspedacusta sowerbii. Une recherche approfondie confirmera peut-être qu’une seule espèce colonise l’ensemble de nos plans d’eau au Québec. Chose certaine, la méduse dulcicole appartient au groupe des hydrozoaires.

Contrairement aux « vraies » méduses, qui passent la majorité de leur temps sous la forme flottante, le cycle vital de la méduse d’eau douce comprend une phase sessile prolongée. En clair, cette méduse passe une bonne partie de sa vie attachée au substrat sous forme de polype microscopique, tandis que l’ombelle flottante constitue le vaisseau reproducteur. Son apparition est par conséquent aussi brève que sporadique.

Les minuscules colonies de polypes vivent accrochées aux plantes, aux rochers, aux racines et aux troncs d’arbres submergés dans les étendues d’eau calme, les lacs et les anses paisibles de quelques grandes rivières. Le polype se reproduit de manière asexuée et se divisant. Il peut également se reproduire de façon sexuée grâce à l’emission de mésudes femelles et mâles qui libèrent dans la colonne d’eau des ovocytes et des spermatozoïdes pour la fécondation dans l’eau. La larve pélagique passera un certain temps dans le plancton avant de se fixer au substrat et de former un polype qui bouclera le cycle vital. Il semblerait parfois, du moins le croit-on, que les méduses libérées simultanément soient toutes du même sexe, donc incapables de se reproduire. Quoi qu’il en soit, les organismes médusoïdes sont le plus souvent visibles entre apût et septembre. Mesurant environ deux centimètres de diamètre, on les distingue à l’oeil nu en dépit de leur tranparence.

Le régime alimentaire de la méduse d’eau douce se compose d’animaux microscopiques capturés à l’aide des tentacules. À l’approche de l’hiver, le polype se contracte pour former un organite de dormance, le podocyste, capable de survivre aux basses températures. Plusieurs scientifiques supposent que la translocation des méduses d’un cours d’eau à l’autre se produirait à ce stade, alors que les oiseaux, les mamifères et d’autres animaux charroient les plantes sur lesquelles reposent les podocystes. Si les conditions du nouveau miliu sont favorables, le cycle reprendra au moment du dégel, dès les premiers beaux jours du printemps.

(Source : Rivières du Québec, Découverte d’une richesse patrimoniale et naturelle. Par Annie Mercier et Jean-François Hamel. Les éditions de l’Homme, une division du groupe Sogides).

Méduse d’eau douce. Source de la photographie : Wikipedia, image libre de droits.

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