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Histoire du cheval

Histoire du cheval

Histoire du cheval au Canada

Les historiens et les archéologues sont d’avis que le cheval est apparu en Amérique où il vagabonda à travers les plaines un million d’années avant l’apparition de l’homme. Plus tard, les chevaux se répandirent sur d’autres continents par des ponts de terre coupés par le retrait des glaces.

Cependant, au moment de l’arrivée des Européens en Amérique, les chevaux n’y étaient plus et c’est en grande partie grâce à la présence de ces animaux grands et magnifiques, tenus par des créatures maléfiques, que l’offensive des Espagnols contre les peuples natifs a eu tellement de succès.

Au Canada, les chevaux sont apportés par la première fois vers 1612 par Samuel de Champlain, mais c’est en juillet 1665 que Louis XIV, le roi Soleil envoie quatorze chevaux.

Les premiers chevaux, 2 étalons et 12 juments, sont transportés par le navire Le Marie-Thérèse qui quitte le Havre le 10 mai 1665 et les chevaux posent le sabot en Nouvelle-France, le 16 juillet suivant.

Ce sont les officiers du Régiment de Carignan-Salières, des membres du Conseil souverain et la communauté des Ursulines qui reçoivent les premiers chevaux.

La race de ces chevaux demeure inconnue et si certaines sources citent les haras du roi, selon d’autres, c’est la Compagnie des Indes occidentales qui fait l’acquisition des chevaux dans les marchés. En tout cas, depuis 1665, les chevaux sont envoyés en Nouvelle-France tous les ans jusqu’en 1671.

On ne sait pas combien sont arrivés en 1667, mais le 25 septembre 1667, 15 chevaux débarquent à Québec. Les données sur 1668 et 1669 sont perdues, mais en 1670, un étalon et 12 juments sont arrivés Au total, plus de 80 chevaux ont été envoyés dans cette période.

Le système d’élevage est institué immédiatement. Il est simple et efficace : selon la loi, ceux qui ont un cheval, ont l’obligation de faire reproduire les bêtes reçues et de donner un rejeton à l’intendant de la Nouvelle-France. L’intendant remet le rejeton à une personne qui ne possède pas de chevaux et qui doit respecter la même loi quant à l’entretien et la reproduction des chevaux. Une amende de cent livres est prévue pour ceux qui ne respectent pas ces conditions.

Traîneau tiré par un chevel avec une famille dedans. Photo de 1970, source : site Web J'ail la famille qui tourne

Ces réglementations ont contribué à l’augmentation de la population de chevaux en Nouvelle-France.

En 1671, Jean Talon écrit au roi que la Nouvelle-France compte désormais beaucoup de chevaux et que les envois de chevaux ne sont plus nécessaires.

Le cheval occupe déjà sa place dans la société et la vie sans son aide semble impossible. Les chevaux servent à tous les travaux, du labour, jusqu’au transport à l’église.

On raconte par ailleurs, que le dimanche, les paroissiens improvisaient des courses pour découvrir le cheval le plus rapide. Parfois, ces courses se terminaient par des accidents et ce comportement amena les premières limites de vitesse dans les municipalités du Québec.

Selon les évaluations de 1763, la population de chevaux au Canada s’élève à 13 ou 14 mille bêtes. Notons que tous ces chevaux étaient issus de France, car il n’y avait pas d’envois de chevaux d’autres pays, alors ils se développent entre eux, sans apport de gènes extérieurs.

L’absence de croisements avec d’autres races crée un groupe génétique particulier qu’on appelle le cheval Canadien ou le cheval de race canadienne.

Cette race est instituée officiellement en 1887 et en 1895, est fondée la Société des éleveurs de chevaux canadiens. Son fondateur et premier président est le Dr. J.A. Couture, un vétérinaire renommé. Cette association existe jusqu’à nos jours.

En 1999, l’Assemblée nationale du Québec et en 2001, le Parlement du Canada déclarent le cheval canadien comme appartenant au patrimoine québécois et canadien.

Au cours du XXe siècle, le rôle du cheval décline en raison du développement des technologies et on enregistre en moyenne de 25 à 50 poulains au Québec par année jusqu’en 1881, quand le nombre de poulains enregistrés se met à grimper pour atteindre le nombre d’environ 500 poulains par année en moins de vingt ans.

En 2008, la race de cheval canadien compte plus de 7 000 chevaux.

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2 Comments

  1. Pégard Danièle

    2014/06/02 at 4:49

    Article clair et précis. Merci

  2. Jean de Cuir

    2017/02/25 at 11:14

    Le P. Biard dans sa Relation en 1616 dit ceci :  » Outre les chevaux, & les chevres qu’on y conduisoit ja pour commencement de mesnage. » Relation de la Nouvelle France, 1616, chapitre XXV, p. 216 ( 239 pdf) L’équipage part de Honfleur le 12 mars 1613 et arrive au mois de Mai au Cap de la Heve ( Heue?), puis se rend à Port Royal. ( source: Relation faite par le P. Biard, en 1616 )

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