Bestiaire du Québec

Chasse aux loups

Chasse aux loups

Émouvants détails sur la chasse aux loups

Cet article traite du retour, le 18 février 1907, au bercail d’un véritable commando formé pour la chasse aux loups par le quotidien La Presse

Après avoir passé dix jours au fond des bois, chassant les loups devant eux, nos Nemrods les cernent au lac Shelden. Ils en tuent trois. Leur camarade Ernest Tremblay est grièvement blessé par les bêtes

Desbarats, Ontario. Nous sommes revenus à Desbarats. La chasse aux loups est terminée, et glorieusement. Nous revenons avec les dépouilles, mais brisés, moulus, abattus par les fatigues que toutefois nous serions tous prêts à braver de nouveau.

Le précédent est créé. M. L. O. Armstrong a prouvé que la guerre au loup systématiquement organisée est possible, qu’elle s’impose impérieusement. Le mouvement est lancé ; il ne pourra que réussir.

Le mouvement a surtout l’appui de ce journal, sur lequel compte, avant tout, M. Armstrong. Ce n’est pas pour le simple plaisir de passer par les émotions d’une semaine dans nos grands bois que MM. les chasseurs de loups viennent de s’imposer de telles privations. Non, une autre idée a présidé à l’organisation de l’expédition. C’est celle de l’extermination de ces pirates des bois qui contribuent d’une si désastreuse façon à dépeupler nos vastes solitudes du chevreuil, de l’orignal et de tout le gibier le plus intéressant.

Il s’agit presque, pour nous, d’une question d’intérêt national. Nous avons le choix; ou bien de nous résigner à voir les sportsmen étrangers déserter nos domaines de chasse, en laissant les loups s’y établir en maîtres, ou bien de continuer, dorénavant, plus formidable que jamais, la croisade contre ces carnassiers.

La chasse

Nous avons parcouru environ deux milles de plus que le soir précédent, quand, soudain, Charly (il s’agit de Charley Deutchsman, surnommé le tueur de grizzly) part à toute allure, puis s’arrête et nous fait signe de cesser tout bruit.

Nous nous acheminons à l’endroit où se trouve notre guide, et de là, nous voyons un lac d’environ une mille et demi de long. En plein centre, on distingue parfaitement plusieurs postes et dans le lointain nous voyons

Une bande de loups

poursuivant un chevreuil. À la hâte, nous tournons le lac et gagnons vers le Nord l’endroit où la bande elle-même pénètre au pas de course. Nous traversons le lac du nord au sud, et c’est un peu à l’Est, où s’élève un roc formidable, que nous nous plaçons en embuscade. Le roc s’avance au-dessus du lac et nous cache de merveilleuse façon.

Nous étions admirablement bien logés pour voir sans être vus et attendre les loups. Le chevreuil se dirigea de notre côté, poursuivi toujours par les carnassiers affamés.

Je vous avoue franchement qu’en dépit de mes compagnons je me sentais très isolé. La peur, dans ces moments-là, fait place à

L’Angoisse.

La troupe s’avançait; le chevreuil savait certainement que les hommes étaient là. Cherchait-il à se réfugier dans le but de se faire protéger par nous? C’est très possible.

Tout ce qu’arriva alors, se passa dans l’éclair d’une seconde, mais pour la décrire, la plume doit aller son train. Précédés par le chevreuil, les loups venaient droit sur nous. Arrivés près du rocher, ils tournèrent pour gagner le bois. Ils étaient à peine à 150 pieds de nous. Il y eut

Une seconde terrible.

Deutchman cria : « That’s the chance of your life, shoot! » Ce fut une décharge générale. Je vidai les huit coups de mon browning au même moment. Trois des loups volèrent sur la neige en se tordant dans les tourments de l’agonie. Ils hurlaient d’une manière effrayante. Landriault et Armstrong (deux des membres de l’équipe) continuèrent à tirer dans la direction des fauves, mais ces dernières changèrent leur course et ils s’enfuirent, quoique blessés, dans la montagne.

Tremblay blessé

Quand les coups de feu eurent cessé, je couru au plus gros que Landriault avait abattu, mais au moment que j’arrivais près de lui, le loup redressa la tête, se secoua, et d’un coup de sa patte, il m’attrapa la jambe gauche, déchirant tous mes vêtements et me lacérant profondément les chairs. D’un coup de hache, vigoureusement assené,  je donnai au carnassier le coup de grâce.

Ma blessure était ainsi vengée; nous chantâmes un hallali frénétique, et, en moins d’une demi-heure, les trois bêtes étaient écorchées et pelés.

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Un loup bleu regardant le ciel. Image : © Megan Jorgensen

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2 Comments

  1. Benoit Dupuis

    2014/05/11 at 3:01

    je viens de lire ce torchon… « trois des loups volèrent sur la neige en se tordant dans les tourments de l’agonie »
    « Ma blessure était ainsi vengée; nous chantâmes un hallali frénétique, et, en moins d’une demi-heure, les trois bêtes étaient écorchées et pelés »

    Et si on leur foutait la paix a ces pauvres bêtes? Espèce de petit merdeux de chasseur qui se prend pour le roi du monde. Toujours le gout du sang hein? La vrai bête sanguinaire est de ton coté du fusil! La prochaine fois , j’espère que les loups te boufferont les couilles, ça fera des petits connards de moins sur terre a engendrer. Tu m’écœures !

  2. admin

    2014/05/11 at 3:19

    je vous invite à relire le texte. Il s’agit d’un récit pary en 1907, il y a plus d’un siècle… Les loups ne lui certainement boufferont les couillles à l’auteur de cet article.

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