Entrevues : histoires vécues

5-Postuler beaucoup

5-Postuler beaucoup

Où le chiffre 45 serait porte-bonheur ?

Un ami à qui je disais que j’avais postulé sur 46 annonces d’emploi en deux mois, m’avait répondu qu’il n’avait trouvé l’emploi de ses rêves qu’à sa 250ème tentative. Je ne dis pas ça pour vous décourager, mais c’est un fait, plus vous suivez de pistes, plus vous risquez de débusquer l’emploi de vos rêves.

Donc, notre Lizette fraîchement diplômée était fort occupée. En effet, d’abord, elle avait trouvé un emploi temporaire de correctrice des copies de français de Secondaire 5, mais il y avait ce but ultime : trouver viiiiiite un autre travail parce que celui-ci, ce n’est que pour 2 mois. Alors, voilà ci-dessous mon tableau de chasse du mois de mai, subtil mélange de candidatures spontanées et de réponse à des annonces, avec le même résultat homogène, sans appel ET UN PEU MONOTONE : pas de réponse ou NON (1).

MAI 

1- Analyste de contenu, Radio-Canada. 2- Archiviste, CRCCF (archives sonores) Ottawa. 3- Archiviste, Université Sainte-Anne, Nouvelle-Écosse. 4- Archiviste, Centre d’archives sonores de Sudbury, Ontario. 5- Archiviste, Astral Média. 6- Archiviste, Téléquébec. 7-chargée de projet, Centre national des arts, Ottawa. 8- Restauratrice, Vision globale, restauration de bandes magnétiques. 9- Professeure de français, Université d’Edmundston, Nouveau-Brunswick. Réponse NON. 10- Prof. de français, Université Sainte Anne, Nouvelle-Écosse. 11- Prof. de français, Alliance francaise. 12- Bibliothécaire, Bibliothèques de Vancouver, Colombie-Britannique. 13- Prof. de français, IFLI, Ottawa. 14- Surveillante d’exposition, le Vatican et l’héritage des papes. 15- Conservatrice à la bibliothèque de l’Université des Antilles, Guadeloupe, Réponse NON. 16- Archiviste, Centre des arts, Ottawa. 17- Commis à la recherche, Pépitor, Montréal. 18- Technicienne en doc., Université de Moncton, Nouveau-Brunswick. Réponse NON. 19- Archiviste, Musée archéologique de Montréal. Réservé aux moins de 30 ans (pauv’ vieille Lizette !). 20- Agente de soutien administratif, la Cité Collégiale, Ottawa.

Malgré une grande diversité dans les emplois et les destinations (je me faisais une fête de la Guadeloupe, Moncton et Vancouver), zéro entrevue. Je ne comprenais d’ailleurs pas pourquoi ils ne m’avaient pas engagée pour surveiller l’exposition sur le Vatican, vu que j’avais de l’expérience comme agent de surveillance dans un musée de mon pays, mais qu’est-ce qu’il leur fallait donc-t-y ? Enfin, ce n’était que le premier mois. Je poursuivis donc ma quête au mois de juin comme suit :

JUIN

21- Agente de microfilmage, Société canadienne du microfilm. 22- Bibliothécaire, Université d’Ottawa. 23- Technicienne en documentation, Bibliothèque Nationale du Québec BNQ. 24- Recherchiste BNQ, réponse NON. 25- Archiviste, Mardigrafe. 26- Archiviste, Eurêka ! (2). 27- Archiviste, Université Laval, Québec. 28- Technicienne en documentation, Musée d’art contemporain de Montréal. 29- Archiviste, Cirque du soleil (3). Tournée américaine. 30- Cinémathécaire, Radio-Canada, Régina, Saskatchewan. 31- Rédactrice à Loulou Magazine (4). 32- Archiviste, LeJournal, Montréal. 33- Archiviste, magazine Protégez-vous, Réponse NON. 34- Médiathécaire, Radio-Canada, Toronto, Ontario. 35- Gestionnaire de documents, Verbatim. 36- Archiviste, La Presse. 37- Technicien en documentation, Brault et Martineau. 38- Archiviste, Québécor. 39- Archiviste, Téléfilm Canada. 40- Caissière-vendeuse à la boutique de souvenirs de la BNQ. 41- Rédactrice-transcriptrice, Soustitre.inc. 42- Adjointe d’administration, Radio-Canada. 43- Conservatrice-adjointe des collections sonores, Musée des civilisations de Gatineau. 44- Assistante d’édition, Éditions Ulysse. 45- Indexeur publicitaire, Société de Veille publicitaire. 46- Coordonnatrice à la gestion des documents, Radio-Canada.

La correction se termina le mercredi 22 juin. Bref, le 23 juin, c’était un de ces lendemains qui déchantent. En effet, la soirée du 22 ayant été fort imbibée, il me fallait corriger dans les 3 jours le mémoire d’un étudiant, mais n’ayant pas les yeux en face de leurs trous respectifs, je décidai de reporter ma correction au lendemain (quel professionnalisme ! Oui, il aurait été injuste de faire pâtir un étudiant innocent de ma soirée bachique de la veille). À la place, je regardai donc les annonces d’emploi du jour, réalisant subitement avec effarement, que depuis 2 mois, je n’avais pas eu le moindre retour si ce n’est quelques non bien sentis.

Je me jetais donc sur Mes favoris comme la misère sur le pauvre monde et cliquai furieusement jusqu’à ce qu’enfin, je trouve une annonce d’indexeur publicitaire. Sans trop espérer une réponse rapide car le lendemain était férié, j’y postulai. L’après-midi même, surprise, Madame A. m’appella pour me fixer un rendez-vous pour le lundi. J’étais bien contente et passai un week-end studieux à corriger le mémoire et à regarder quelques publicités pour préparer mon entrevue.

ENTREVUE :

Les bureaux se situent dans le Vieux-port, dans un ancien bâtiment très joli architecturalement, tout s’annonce donc bien. Il fait une chaleur à crever (34°, mais avec l’humidité, ils disent qu’on perçoit la température comme si elle était de 40°).

Je rencontre la réceptionniste qui appelle madame G., laquelle me dit qu’on attend Madame A. pour commencer. La voilà qui arrive. Et nous nous installons autour d’une grande table ovale, vide et blanche.

La première question :

– Pourquoi avez-vous choisi notre entreprise de veille publicitaire, plutôt qu’un de nos concurrents ?

Ah ben mince, ça commence mal, je pensais que c’était la seule boîte de veille publicitaire. Puis-je répondre :  » Ben, parce que z’êtes les seuls à avoir mis une annonce ?  » Non, je décide de noyer ostentoirement le poisson en répondant à côté à une question qui aurait été, pourquoi avez-vous choisi une boîte de veille publicitaire plutôt qu’un magasin de coton-tiges ou une entreprise d’archivage. Je pars dans de grandes envolées lyriques du genre  » la publicité est au long métrage ce que la nouvelle est au roman « , m’appuyant sur une analyse quasi-psychanalytique d’une publicité pour les matelas que j’ai vue la veille, celle avec un petit mouton qui se roule voluptueusement sur un matelas sous l’œil réprobateur du troupeau.

Bon, ça a l’air de leur plaire, tout va bien, je n’ai pas droit aux questions habituelles, uniquement des questions très concrètes sur mon stage à la banque (comme quoi, utile le stage !) et mes compétences informatiques, ensuite, une madame M. m’a montré leur logiciel-maison. Là, j’étais un peu déçue, il n’y a pas à décrire les pubs, c’est ce que je trouvais rigolo dans l’histoire, mais il faut juste mettre les infos générales : date de première diffusion, auteur, marque du produit. La dame me dit aussi que c’est pas très bien payé, 11 $ de l’heure… « mais ça monte après ». Enfin, je vais pas faire la difficile. Bref, je rentre plutôt contente de mon entretien. Elles me donneront une réponse le lendemain, répondent en chœur les 3 Drôles de dames. Je dis drôles, parce que l’une d’entre elle a l’air un peu gothic, elle a le même sourire angoissant que Wednesday dans la Famille Addams, quand elle est au Summer Camp des castors joyeux.

Bref, je rentre chez moi avec une impression mitigée. Là, mon répondeur me fait un clin d’œil complice ! J’ai un message… c’est le célèbre LeJournal à Montréal auquel j’avais envoyé une candidature spontanée. Une dame me demande de la rappeller en me donnant son numéro de poste et son nom.

Comme quoi, tantôt on a aucune réponse, tantôt on en a plusieurs.

Les conseils de Lizette :

1- Envoyez beaucoup de candidatures qu’elles soient en réponse à une annonce ou qu’elles soient des candidatures spontanées.

2- Ne vous découragez pas, même si c’est difficile quand on a aucune réponse pendant 1 mois. La semaine suivante, vous aurez peut-être 3 rendez-vous en 2 jours.

Notes

1 – Ce qui revient un peu au même, finalement.

2- Je pensais qu’un nom pareil, c’était prometteur…mais nenni !

3 – Et alors, eux aussi, ils ont besoin d’archivistes !

4 – Je me faisais une fête d’avoir des tas de produits gratuits à tester…hihi, cette semaine, Louloute a testé pour vous le Luisopoil, pour avoir un poil lustré et brillant, comme dirait ma copine Méméra.

1 commentaire

  1. Gaetan Beauce

    2011/01/09 at 2:57

    Je dis bravo à Lizette et merci pour son témoignage. Je me demande quel épithète utiliser pour le décrire :
    passionnant, drôlatique, «cool», pathétique, éberluant ?

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