Entrevues : histoires vécues

8-Démissionnez…viiiiite !

8-Démissionnez…viiiiite !

Lizette et la vie de bureau ou… pourquoi n’est pas Dilbert qui veut.

Voilà, Lizette est enfin casée comme Recherchiste chez Pépitor. Je travaille de 8h30 à 17 heures, ce qui nous fait 40 heures par semaine. Si ça se trouve, je vais payer des impôts l’année prochaine ! Quelle excitation !!

Une de mes tâches consiste à faire des recherches linguistiques sur des noms propres. Mais il faut que je vous dise, ici c’est toujours vite-vite, parce qu’il y a beaucoup de recherches à faire en 4h pis, il y a les recherches en 1 jour, en 2 jours et en 4 jours, qui souvent se métamorphosent en 4h, à l’instar de cauchemardesques et cruels Barbapapa (1). On croit qu’on est tranquillou, avec 2 recherches 4h, 3 recherches 2 jours. Pis tout à coup… on reçoit un courriel (en général juste avant d’aller prendre sa misérable demi-heure de pause déjeuner) qui dit : « Is it possible to put a rush on the searches 567838399939, 56766488 and 3338838388 ? Best Regards ». Ben moi, j’ai envie de répondre « Of course not ! Are you completely in the field or what !?! », mais en fait c’est TOUJOURS possibeul (2). Et renonçant à mon déjeuner et au bord du burn-out, je réponds à mon grand dam :

Dear Client,

Please find in the form of attachments below, the search report(s) relating to your order, as well as your invoice.

I look forward to serving you again,

Lizette

Alors nos clients, c’est des cabinets d’avocats. Pis ça, c’est des gens qui sont toujours « pressés-vite-vite-rush-rush-under high pressure »(3). Pis, je vous le dis, moi, ils devraient faire de la sophrologie, parce qu’ils fatiguent tout le monde avec leur biorythme infernal ! Vous me direz, c’est pas leur faute, c’est leurs clients… leurs clients, c’est genre Sphincter and Tremble (4), vous voyez.

Des fois, les recherches étaient rigolotes, mais pour faire la partie linguistique, la plus intéressante de mon point de vue, il n’y avait jamais assez de temps. Alors voilà…notre Lizette, personne n’avait le temps de bien lui expliquer les choses, alors elle essayait de deviner, n’allait pas assez vite, s’énervait…

En plus, Lizette, elle n’aime pas quand elle ne comprend pas ce qu’elle fait. Bref, au bout de 2 mois et demi, elle ne mangeait plus, ne dormait plus, passait 40 heures de la semaine dans une ambiance stressante au possible… son eczéma montait en flèche, il fallait que cela s’arrête… le boulot sous pression, c’était pas pour elle.

Le lundi 10 octobre, c’était férié, c’était Thanksgiving, l’Action de Grâce, et pour moi, le coup de grâce. J’avais emporté mon cahier de notes pour le week-end prolongé, je l’avais ouvert, dans un dernier effort de bonne volonté pour comprendre, mais non, c’était inutile, tout ce stress pourquoi ? (5)

Bref, le mardi 11, à la première heure, j’allais voir mon employeur et lui dis que je pensais partir bientôt, que je trouvais que je n’avais pas le temps nécessaire pour faire la partie plus linguistique des recherches, et que je trouvais ça dommage et frustrant, bref que je pouvais rester jusqu’à ce qu’on me remplace mais que je ne resterai pas là pour la vie.

Elle me répondit : – tu veux partir tout de suite ou à midi ?

(gasp), moi qui pensais finir la semaine… elle ajoute : -si tu penses que tu n’es pas productive, ça ne sert à rien de rester, faudrait pas que tu fasses perdre du temps à tes collègues.

Je rétorque : -Ben, je peux toujours faire ce que je sais déjà faire, moi, c’était pour pas vous lâcher comme ça. Elle achève : -J’ai engagé quelqu’un pour remplacer Norma à la communication, en attendant on va la mettre à ta place.

-Ok, bon ben, je finis juste la journée, alors.

Voilà, ici, pas de préavis à donner, apparemment, on n’aime pas, on s’en va illico. J’ai à peine eu le temps de dire au revoir à tout le monde. Ça m’a laissée sur une drôle d’impression… enfin. Bref, le 12 octobre, c’était ma dernière journée.

Les conseils de Lizette :

1- Quand vous vous levez le matin en vous disant, encore 8 heures à tenir avant ce soir. Pensez à changer d’emploi, viiiiiiiiiiiiiiite.

2- Mais ne prévenez pas trop à l’avance que vous partez, parce que ce n’est pas comme dans certains pays d’Europe où il faut donner un préavis. Lizette pensait avoir 2 semaines pour trouver autre chose, mais elle s’est retrouvée plus vite que prévu « libérée » de ses obligations et donc de son salaire aussi. Ce n’est pas partout comme cela, mais bon, informez-vous avant sur les modalités de départ.

Notes

1- « Ils se tranforment à volonté, courts, longs, carrés… »

2- Notez mes progrès en anglais.

3- Rappelez-vous  » la loi de Los Angeles « , à 1h20 du matin, ils sont encore à leurs bureaux !

4- J’ai changé le nom, par discrétion archivistique.

5- Alors j’ai profité du week-end pour peindre ma chaise de terrasse en vert.

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