Économie en vrac

La Sauvegarde

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La Sauvegarde

Avant le XXe siècle, les entreprises canadiennes-françaises qui offrent de l’assurance-vie aux Québécois et qui sont sous contrôle de Canadiens français appartiennent aux détenteurs de police et n’ont pas d’actionnaires, c’est-à-dire, ces compagnies sont mutuelles.

C’est la compagnie d’Assurance-vie La Sauvegarde qui devient la première compagnie d’assurance-vie canadienne-française à capital-action. Cette compagnie, fondée en 1902 par Guillaume-Narcise Ducharme (1851-1929), homme d’affaires, homme politique et philanthrope, et par Philorum Bonhomme, homme d’affaires et financiste, voit le jour sous l’impulsion du nationalisme économique dans la province de Québec.

Les fondateurs réunissent autour de leur projet une équipe d’hommes d’affaires et d’hommes politiques, dont Henri Bourassa, Hormidas Laporte, président de la Banque Provinciale et futur maire de Montréal de 1904 à 1906, le sénateur Raoul Dandurand, Narcisse Pérodeau, futur lieutenant-gouverneur du Québec, le millionnaire Frédéric-Ligori Béïque, homme politique Napoléon-Antoine Belcourt et plusieurs autres personnalités marquantes de l’époque.

Ducharme occupera le poste de président de La Sauvegarde dès sa mise sur pied en 1901.

Aux débuts, la société de secours mutuel se heurte à une crise de confiance de la population canadienne-française à l’égard de ses institutions financières et c’est afin de donner de meilleures garanties aux assurés que Philorum Bonhomme, conçoit le projet de transformer la société en une compagnie à capital-actions. Selon les données de 1910, le principal actionnaire de la Compagnie d’assurance sur la vie La Sauvegarde est un commerçant prospère de Saint-Timothée, Narcisse Papineau, qui souscrit 50 000 $ en actions.

La Sauvegarde mise avant tout sur le patriotisme ; tel est d’ailleurs le conseil que donne Bonhomme aux agents. Elle connaît une progression assez régulière de ses ventes de 1903 à 1912, mais la croissance est plus lente jusqu’à la fin de la décennie. Certains actionnaires sont mécontents, parce que les dividendes se font attendre, tandis que les profits sont inférieurs à la moyenne canadienne.

En fait, vers 1915, la compagnie d’Assurance-vie La Sauvegarde devient la cinquième institution financière privée canadienne-française, derrière les trois banques à charte et le Mount Royal, compagnie d’assurances contre les incendies. Mais La Sauvegarde se situe loin derrière les grandes sociétés québécoises de secours mutuels : la Société des artisans canadiens-français, les Unions Saint-Joseph et l’Alliance nationale.

Par ailleurs, la construction, en 1912 et 1913, d’un nouveau siège social de dix étages au cœur du Vieux-Montréal, accapare la plus grande partie du capital payé. Ce projet dispendieux est mal vu par le surintendant fédéral des assurances, qui a droit de regard depuis que l’entreprise a obtenu sa charte fédérale, en 1911.

C’est ainsi que, dans les années 1920, un groupe d’actionnaires envisage sa vente à des intérêts anglophones. G.-N. Ducharme et J.-N. Cabana, alors directeur de la compagnie, s’attaquent au problème et revoient le fonctionnement des agences ainsi que l’administration interne et la stratégie de placement. La réforme porte fruit : de 1920 à 1924, les polices en vigueur et les recettes font plus que doubler et la croissance se poursuit jusqu’en 1929, année de la crise mondiale, à un rythme annuel moyen de près de 13 %.

En 1929, La Sauvegarde occupe le premier rang parmi les entreprises à capital-actions. Le classement des compagnies d’origine canadienne-française d’assurance de personnes établi pour la province de Québec fait figurer La Sauvegarde au troisième rang, soit après les deux grandes sociétés de secours mutuel, la Société des artisans canadiens-français et l’Alliance nationale.

La Sauvegarde demeurera sous le contrôle de la famille Ducharme jusqu’en 1962, année de son acquisition par une société de gestion agissant au nom du mouvement des caisses populaires Desjardins.

En 1974, La Sauvegarde vend son siège de la rue Notre-Dame Est et le quitte en 1976 pour s’installer au Complexe Desjardins comme une division de Desjardins Assurance vie.

On se souvient de la Maison des arts La Sauvegarde, adjacente au siège social de la rue Notre-Dame et vouée à la diffusion des arts qui exista entre 1965 et 1978.

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Édifice de La Sauvegarde, au 150 rue Notre-Dame est. Photo : © GrandQuebec.com

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Fragment de la façade latérale de l’édifice de La Sauvegarde. Photo : © GrandQuebec.com

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5 Comments

  1. Daniel Foucault

    2012/12/31 at 4:24

    Que faire en cas du décès d,un proche??? ma mère Dolorès Bellavance Foucault détenait une assurance-vie à la Sauvegarde, pouvez vous nous envoyer les procédures afin de réclamer l,assurance-vie détenue par celle-ci. merci

  2. Louise Demers

    2017/01/10 at 2:03

    Mon père Léon Demers vient de mourir, le 25 décembre 2016. Nous avons trouvé dans ces effets personnels une police de La Sauvegarde, au montant de $1,000.00 prise en 1940. Police 105931. Ou et comment pouvons-nous la réclamer.
    Merci.
    Louise et Suzanne Demers, héritières.

    • admin

      2017/01/11 at 3:49

      Bonjour, dans ce billet nous expliquons que L’agence Sauvegarde n’existe plus depuis 1974, pourtant la société Desjardins a acquis ses actifs la même année. Nous vous conseillons donc de vous diriger à la Société Desjardins pour toutes les questions concernant les polices de La Sauvegarde. Nos condoléances pour le décès de votre père.

      • Louise Demers

        2017/01/18 at 12:54

        Pourriez-vous nous fournir les coordonnées de la société Desjardins, concernée par l’acquisition des actifs de la Sauvegarde, pour faciliter mes recherches. Merci.

        • admin

          2017/01/22 at 1:24

          Mais ne serait-il pas plus facile de vous diriger à une succursale de Desjardins? Nous ne sommes pas leurs représentants et nous ne savons donc pas quelle succursale gère ses actifs. Bonne chance!

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