Économie en vrac

Plan d’affaires et investisseurs

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Plan d’affaires : Quelques recommandations pratiques

Un plan d’affaires est destiné à être lu par des professionnels qui ne connaissent pas toujours l’entreprise et son secteur d’activité. Il convient donc de respecter quelques règles très simples :

Le document doit être facile à lire, la mise en page doit être simple, la structure du texte doit être claire et logique, le document doit être relié. Bref, la présentation du document doit être professionnelle.

Le vocabulaire employé dans le texte doit être précis et éviter un jargon incompréhensible pour les « non-initiés ».

Le texte du document doit être informatif et pertinent. Inutile de ressasser des généralités et d’exposer des lieux communs.

Le ton doit être convaincant, mais rester réaliste. Inutile de passer les points délicats sous silence : mieux vaut montrer qu’ils sont identifiés et maîtrisés.

Le texte doit être concis : un exposé du plan d’affaires entre 20 à 30 pages est largement suffisant. Des compléments peuvent être placés en annexe, mais, en général, vous pourrez les fournir ultérieurement, si cela devient nécessaire.

La page de garde comprendra toutes les informations qui permettent de joindre l’entrepreneur : adresse, téléphone, courriel…

En fait, lors de la rédaction d’un plan d’affaires, il est difficile d’éviter quelques phrases et formules faciles qui apportent souvent peu d’information pertinente, mais dont la répétition finit par semer le doute dans l’esprit du lecteur. Ceux qui analysent des plans d’affaires, forts de leur expérience, leur donnent une interprétation différente. Par exemple :

« Notre projet est presque prêt à être lancé » signifie : Le projet n’est pas prêt et cela prendra plus de temps que prévu.

« Notre business model est prouvé par le succès d’autres entreprises » : votre modèle a été copié de ceux de quelques leaders qui font la une de la presse.

« Nous n’avons pas de véritable concurrent » : Cette phrase signifie trop souvent que l’analyse de la concurrence indirecte a été négligée.

« Nous avons seulement besoin d’une part de marché de 5% » : la phrase signifie que votre entreprise ne sera certainement jamais un leader sur votre marché.

« Les clients attendent notre produit avec impatience » : cela ne signifie pas que les clients sont prêts à payer.

« Notre équipe de gestion est largement expérimentée » : Ce qui ne veut pas dire que cette équipe de gestion maîtrise bien le secteur et/ou la gestion d’une PME.

Deux types d’investisseurs

Il y a deux types d’investisseurs :

1. Premièrement, et il s’agit des plus nombreux, il y a ces investisseurs qui achètent un placement fin prêt, déjà en boîte. Ils contactent un point de vente, soit une société immobilière, un courtier ou un planificateur financier, et ils achètent un produit : ce peut être un fonds commun de placement, une fiducie de placement immobilier, des actions ou des obligations.

C’est une façon saine et simple d’investir, semblable à l’attitude d’un client qui entre dans un magasin d’informatique et qui achète le premier ordinateur qu’il voit sur les rayons.

2. Le deuxième type d’investisseurs crée des investissements. Cet investisseur a l’habitude de concocter des affaires, un peu comme ces gens qui montent un ordinateur à partir de pièces qu’ils ont déjà achetées. C’est du travail fait sur commande.

Le vrai professionnel, c’est le second type d’investisseurs. Il faut parfois des années avant que toutes les pièces ne s’assemblent correctement. Il se peut qu’on n’y parvienne jamais. Il est important d’apprendre à assembler les pièces ensemble parce que c’est de là que proviennent les énormes profits, ou les lourdes pertes si les vents vous sont contraires.

Si vous voulez appartenir au second type d’investisseurs, vous devez développer trois aptitudes principales, en plus de celles requises pour faire preuve d’intelligence financière :

a) Savoir découvrir une occasion d’affaires que tous les autres ont ratée. Vous voyez alors en esprit ce que les autres ratent du regard. En guise d’exemple, un de mes amis avait acheté une vieille maison délabrée. Elle était affreuse à voir. Tout le monde se demandait pourquoi il l’avait achetée. Il avait vu quelque chose qui avait échappé aux autres : cette maison était cédée avec quatre terrains en prime. Il avait appris la chose au bureau des titres de propriété. Une fois la maison achetée, il l’a fait démolir pour ensuite vendre les cinq terrains à un entrepreneur, trois fois le prix qu’il avait déboursé pour toute l’affaire. Deux mois de travail lui rapportèrent 75 000$ (en prix des années 1990). Ce n’est pas beaucoup d’argent, mais ça bat amplement le salaire minimum et ce n’est pas difficile techniquement parlant.

b) Savoir réunir des fonds. Le monde ordinaire se contente d’aller à la banque. Ce second type d’investisseurs doit apprendre comment se procurer des capitaux, et il existe plusieurs façons d’y parvenir qui ne nécessitent pas de soutien bancaire. Pour démarrer, j’ai dû apprendre à acheter des maisons sans l’aide d’une banque. Ce ne sont pas tellement les maisons qui se sont révélées inestimables mais plutôt l’aptitude que j’ai acquise à force de réunir des fonds.

Trop souvent j’entends dire : La banque ne me prêtera pas d’argent. Ou encore : Je n’ai pas l’argent pour l’acheter. Si vous voulez devenir un investisseur de type 2, il vous faut apprendre à faire ce qui bloque la plupart des gens. En d’autres mots, la majorité des gens laissent leur manque d’argent les empêcher de conclure une affaire. Si vous pouvez surmonter cet obstacle, vous devancerez à coups de millions ceux qui ne parviennent pas à acquérir ces aptitudes.

Il m’est arrivé plusieurs fois d’acheter une maison, des actions ou un immeuble d’habitation sans un seul sou en banque. Un jour que j’ai fait l’acquisition d’un immeuble d’habitation pour un million et demi de dollars. Je me suis assuré « d’immobiliser l’affaire » avec un contrat écrit liant le vendeur et l’acheteur. J’ai alors déniché l’acompte de 100 000$, ce qui m’a donné 90 jours pour amasser le reste de l’argent.

Pourquoi l’ai-je fait? Simplement parce que je savais que cet immeuble valait deux millions de dollars. Je n’ai jamais réuni le reste des fonds. Au lieu de cela, la personne qui avait avancé les 100 000$ m’a remis 50 000$ pour avoir découvert cette affaire, elle a pris ensuite ma place et je me suis retiré. Durée totale de mon travail : trois jours. Je le répète une fois de plus : ce que vous savez compte davantage que ce que vous achetez. Qui dit investissement ne dit pas nécessairement achat. C’est davantage une question de connaissances.

c) Savoir dénicher des personnes brillantes. Les gens intelligents sont ceux-là qui engagent ou qui travaillent avec des gens plus intelligents qu’eux. Quand vous avez besoin d’un conseil, assurez-vous de choisir votre conseiller judicieusement.

Il y a beaucoup à apprendre, mais les récompenses peuvent s’avérer astronomiques. Si vous ne voulez pas développer ces aptitudes, je vous conseille fortement d’être un investisseur de type 1. Ce que vous connaissez constitue votre plus grande richesse. Étant donné que le risque sera toujours là, apprenez à le gérer au lieu de l’éviter.

(Extrait de Père Riche Père Pauvre, version française de Rich Dad, Poor Dad, par Robert T. Kiyosaki et Sharon L. Lechter, traduction Jean-Pierre Manseau. Éditions Un monde différent, 2000. Pages 156-157).

Celui qui parle au nom des autres est toujours un imposteur. Politiques, réformateurs et tous ceux qui se réclament d’un prétexte collectif sont des tricheurs. (Emil Cioran, philosophe d'expression française, né en 1911 et décédé en 1995). Image : © Megan Jorgensen
Celui qui parle au nom des autres est toujours un imposteur. Politiques, réformateurs et tous ceux qui se réclament d’un prétexte collectif sont des tricheurs. (Emil Cioran, philosophe d’expression française, né en 1911 et décédé en 1995). Image : © Megan Jorgensen.

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