Économie en vrac

Énergie nucléaire ou pas?

Énergie nucléaire ou pas?

Énergie nucléaire ou pas?

Dans tous les pays, le développement économique repose sur la mise en valeur de la recherche et de l’innovation technologiques dans le domaine de l’énergie. Cependant, la quantité de CO2 dans l’atmosphère terrestre a augmenté de 25 à 30 % depuis le début de l’ère industrielle, selon des sources différents, et devrait augmenter d’au moins 100 % au cours du XXIe siècle.

En effet, chaque source de production d’énergie s’accompagne de plusieurs formes de pollution, notamment les gaz à effet de serre (GES) et les polluants atmosphériques. Les données à ce sujet nous incitent à promouvoir une réduction de notre dépendance à l’égard des combustibles fossiles et c’est l’énergie nucléaire qui se présente comme une alternative.

Aujourd’hui, en ce qui concerne la fission nucléaire, la centrale nucléaire de Gentilly-2 fournit 3% de l’énergie totale produit au Québec, mais dans la province, comme dans le reste du Canada d’ailleurs, l’énergie nucléaire s’est avérée une source de inquiétude.

Vantée comme une source d’énergie sécuritaire et propre, les centrales nucléaires sont perçues par bien des Québécois comme dangereuses, ce sentiment confirmé par les catastrophes nucléaires à Tchernobyl, en Ukraine, en 1986, et en Japon, en 2011. Il va sans dire que tout le monde fut bouleversé par ces accidents.

Le réacteur nucléaire expérimental Gentilly-1, près de Bécancour n’a fonctionné que 180 jours et fut fermé. Quant au réacteur Gentilly-2, il est toujours en opérations, mais en 1976, après l’avènement au pouvoir du Parti québécois, le gouvernement de René Lévesque décréta un moratoire sur la construction de nouvelles centrales nucléaires au Québec, ainsi, la centrale Gentilly-3 ne vit jamais le jour.

En tout cas, il est inexact d’affirmer qu’un accident catastrophique est impossible. Si jamais le pire accident envisageable se produisait, on compterait parmi ses conséquences éventuelles: la dispersion de substances radioactives toxiques sur de vastes superficies, une augmentation de la mortalité provoquée par une plus grande prédisposition aux cancers; des risques de défauts génétiques pouvant toucher les générations à venir; et la contamination possible de larges superficies, ce qui porterait préjudice à l’utilisation de celles-ci à des fins résidentielles et d’agriculture.

En 1952, un accident survînt à Chalk River, en Ontario, dans un réacteur expérimental NRX. Une perte subite de l’eau de refroidissement au coeur du NRX provoqua une grande impulsion de puissance. Des explosions en série s’ensuivirent qui propulsèrent le toit de l’enceinte de confinement des gaz quatre pieds dans les airs. Il y a eu des fuites de gaz et de vapeurs radioactifs dans l’atmosphère et le déversement d’un million de gallons d’eaux irradiées dans des tranchées peu profondes non loin de la rivière Outaouais. Le coeur du réacteur étant totalement anéanti, il fallut l’enterrer comme déchets radioactifs.

Rappelons aussi qu’en 1983, un accident imprévu est arrivé dans le réacteur numéro 2 à la centrale Pickering, située moins de 20 milles du centre-ville de Toronto. Un tube de force a éclaté sans préavis au coeur du réacteur provoquant une perte d’agent de refroidissement. Il a fallu remplacer touts les tubes de force dans les réacteurs n° 1 et 2 de Pickering pour éviter une réédition de l’accident. Ces deux réacteurs ont été fermés pendant quatre ans.

Aujourd’hui, les réacteurs CANDU modernes, comme celui de Gentilly-2, sont dotés de systèmes de sûreté sophistiqués conçus pour prévenir la perte de contrôle lors de tels accidents. N’empêche, aucune invention humaine n’est à toute preuve. Par conséquent, il reste bon nombre de problèmes de sécurité à résoudre.

Bref, l’industrie de l’énergie nucléaire est la seule au Canada à jouir d’une protection légale contre toute responsabilité financière – au-delà d’une somme dérisoire – advenant un accident industriel majeur. La loi sur la responsabilité financière de l’industrie nucléaire limite les dommages-intérêts dont est passible le propriétaire d’une centrale nucléaire à 75 millions de dollars et ce, bien que les dégâts causés puissent potentiellement atteindre des dizaines de milliards de dollars. De plus, les fournisseurs d’équipements nucléaires sont, sous les dispositions de la loi, totalement exempts de toute responsabilité financière, même dans le cas où ils auront fourni des pièces défectueuses mises en cause lors d'un accident. Qui plus est, aucune compagnie d’assurance n’offre une couverture contre les risques d’irradiation découlant d'un accident nucléaire. Il existe dans toutes les polices d’assurance, sans exception, une disposition standard où il est affirmé que l’assuré ne jouit d’aucune couverture en cas de contamination radioactive. C’est-à-dire, bien que l’industrie soit convaincue de la sûreté de ses réacteurs, elle n’est guère prête à parier là-dessus.

À l’échelle canadienne, des programmes de recherche sur l’utilisation de l’hydrogène dans les transports et sur la fusion nucléaire s’implantent, mais au Québec, l’hydroélectricité demeure la filière privilégiée. Grâce à sa capacité de production d’énergie hydraulique, le Québec contribue à la réduction des GES et à l’amélioration de la qualité de l’air, permettant d’éviter des émissions de GES et de polluants.

D’ailleurs, considérant les progrès technologiques réalisés dans le domaine de l’énergie éolienne (même si sa fiabilité n’est pas toujours établie), plusieurs organismes recommandent que le gouvernement poursuive l’implantation de l’énergie éolienne.

Se développent également l’exploration et la mise en valeur du potentiel pétrolier et gazier du Québec, afin de réduire notre dépendance face aux importations d’hydrocarbures. En ce qui a trait au gaz naturel, les sources d’approvisionnement du gaz naturel sont étudiées et l’utilisation du gaz naturel à des fins de chauffage au Québec se développe, afin de libérer de l’hydroélectricité pouvant être exportée.

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