Économie en vrac

Hiver et économie

Hiver et économie

L'hiver, une catastrophe économique

La neige, le gel et le froid coûtent, au bas mot, 5 milliards aux familles québécoises et encore 4 milliards à la collectivité dans son ensemble, en ralentissant le rythme de la croissance et en provoquant du chômage.

Commençons par le logement. Pour résister à l'hiver, une maison québécoise coûte environ 10 pour cent de plus que celle qu'on construit en Virginie. Cela donne environ 7000$ pour un bungalow moyen de 70 000$.

Le coût supplémentaire s'explique par la nécessité d'avoir des fondations plus profondes, pour qu'elles résistent au gel, un système de chauffage, des murs plus épais et mieux isolés, un toit plus résistant, des fenêtres doubles, des portes de bonne qualité. En plus, à chaque année, il faut compter 500$ en frais de chauffage.

Les coûts liés à l'automobile sont aussi élevés.

L'hiver implique certaines dépenses évidentes : pneus d'hiver, grattoirs, anti-gel, traitement anti-rouille. Mais d'autres coûts cachés sont encore plus importants: 15% de plus en assurances, pour le risque d'hiver; 15 ou 20% en consommation d'essence et le fait que les automobiles survivent moins longtemps dans un pays froid.

Du côté des vêtements, le coût d'une garde-robe hivernale est très élevé. Pour une famille de deux adultes et de deux enfants d'âge scolaire, bottes, manteaux d'hiver, mitaines, tuques et autres accessoires coûtent 1930$. C'est énorme, d'autant plus que les enfants grandissent vite et perdent leurs mitaines, c'est bien connu.

Cela permet d'insister sur une dimension de notre climat très coûteuse pour le consommateur. Ici, il fait froid l'hiver, mais il fait très chaud l'été. Cela oblige les familles à constituer deux, sinon trois garde robes, si l'on porte des vêtements de demi-saison. C'est ce dédoublement qui coûte cher. En Norvège, par exemple, il fait froid, mais le gros chandail de laine nécessaire au mois de janvier sert également toute l'été.

En tout, on peut évaluer le coût d'hiver à environ 3 500$ par famille, ce qui équivaut à 10% de leur revenu. À l'échelle de la province, on arrive au coût total de 5 milliards.

(Texte publié le 28 décembre 1985 dans La Presse).

rue en hiver

Une rue de Montréal en hiver. Photo : © Grandquebec

(Note: les chiffes exposés sont de 1985, mais le sens de l'article n'a pas changé depuis: l'hiver, c'est beaucoup plus cher pour les Québécois que pour les gens qui habitent plus au sud).

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>