Économie en vrac

Combines à la Ponzi

Combines à la Ponzi

Combines à la Ponzi

Les combines à la Ponzi attirent les investisseurs en leur offrant des rendements élevés, au moyen d’instruments de placement à court terme. Ces instruments sont souvent très complexes, mais les auteurs de la combine « garantissent » les revenus stables ce qui attire de nombreux clients.

En fait, les instruments de placement sous-jacents n’existent pas. Les revenus de placement sont versés aux premiers investisseurs à partir de fonds provenant d’autres investisseurs, plutôt que de revenus réalisés au cours des opérations financières, investissements dans l’économie, etc.

Bref, cette combine n’est un montage frauduleux qui consiste à rémunérer les investissements des clients essentiellement par les fonds procurés par les nouveaux entrants.

La perpétuation de la combine (ou de la chaîne, ou encore de la pyramide) demande un flux continu de fonds de nouveaux investisseurs.

Conseils pour éviter de tomber dans la chaîne Ponzi :

  • Méfiez-vous des promesses de placements dont les rendements sont visiblement supérieurs à la moyenne et qui s’annoncent comme quelque chose de « garantie à vie ».
  • Assurez-vous de recevoir des renseignements détaillés par écrit qui vous permettent de bien comprendre et évaluer les détails du placement  annoncé par l’entreprise en question.
  • Informez-vous sur la personne et sur l’entreprise qui vous propose le placement.  Effectuez une vérification des antécédents ; vérifiez si cette entreprise ou la personne est autorisée à vendre des valeurs mobilières. Si ces « promoteurs » vous dit qu’ils sont exemptes d’un agrément, vérifiez auprès de l’organisme de réglementation local.
  • Prenez toujours le temps de bien vous renseigner sur le programme et le promoteur. N’investissez jamais avant de vous renseigner en détail sur ces aspects.
  • Si vous avez déjà investi et qu’on fait pression sur vous pour que vous réinvestissiez vos revenus de placement ou s’il y a arrêt de services par l’entreprise, communiquez avec l’organisme de réglementation local.

Historique de la combine à la Ponzi

La combine tient son nom de Charles Ponzi qui est devenu célèbre après avoir mis en place une opération basée sur ce principe à Boston, aux États-Unis en 1921. Le système est viable tant que la clientèle afflue en masse, attirée par les promesses financières. Ces « garanties » sont d’autant plus tentantes que les premiers clients sont satisfaits et font une formidable publicité au placement). Les premiers investisseurs, heureux de ce placement mirifique, reviennent dans la chaîne eux aussi, s’ajoutant à tous ceux que les voleurs ont réussi à convaincre.

Le phénomène fait alors boule de neige, entretenu tant que l’argent rentre et permet de payer les nouveaux investisseurs. Finalement, lorsque la chaîne se coupe, la bulle éclate : les derniers investisseurs sont spoliés. Les gagnants sont ceux qui ont quitté le navire à temps et, surtout, le fraudeur.

Ce système fit de Charles Ponzi, personne anonyme, un millionnaire en six mois. Au total, environ 40 000 personnes investirent 15 millions de dollars, dont seulement un tiers leur fut redistribué.

D’autres cas les plus célèbres, d’après Wikipedia, on peut citer l’Affaire Stavisky en France en 1934.

Le cas Bernie Cornfeld, un comptable américain qui créa Investor Overseas Services, dont le produit vedette était le « Fonds des Fonds », promettant des dividendes exceptionnels aux investisseurs. Cornfeld lance son entreprise en 1962 et écume l’Amérique du Nord et une grande partie de l’Europe. Le système s’écroule en 1970. Curieusement, Bernie Cornfeld, arrêté en Suisse en 1973, est finalement acquitté en 1979.

Maria Branca dos Santos, connue comme Dona Branca met sur pied une organisation de prêts et investissements illégaux rémunérant les investisseurs avec dividendes exceptionnels en Portugal, dans les années 1980. En 1984, les autorités mettent terme à cette fraude financière. Maria Branca dos Santos a été condamnée à une peine de 10 ans de prison et est décèdée en 1992.

Dans les années 1990, en Russie, Sergei Mavrodi, avec quelques copains, fonde le fond MMM, qui fonctionne sur un schéma pyramidal et fera perdre, selon les estimations, jusqu’à 10 milliards de dollars investis par 5 à 40 millions de personnes (ce fraudeur a lancé une autre combine dans ce genre en 2011, connue comme MMM-2011. Après la faillite en été 2012, il a lancé une nouvelle chaîne MMM-2012. Des gens ne veulent rien apprendre !)

En 1997, l’Albanie a connu l’effondrement de « banques pyramidales » qui ont provoqué des émeutes causant des milliers de morts.

En 2008, des centaines de milliers de Colombiens ont été victimes de la société d’investissement Proyecciones DRFE Dinero rapido, facil y en efectivo (argent facile, rapide et en liquide) qui reposait sur un système de Ponzi.

L’homme d’affaires américain Bernard Madoff, président-fondateur d’une société d’investissements et très actif dans le NASD et le NASDAQ, a créé un schéma de Ponzi qui a fonctionné pendant 48 ans, de 1960 à la crise financière de 2008. C’était un gérant de hedge fund qui promettait des retours sur investissements relativement élevés, de l’ordre de 8 à 12 % par an. L’utilisation de modèles mathématiques financiers, des clients réputés, des postes élevés dans l’administration, aidaient Madoff. Lorsque de nombreux clients souhaitèrent retirer leurs avoirs de sa société d’investissement lors de la crise financière de 2008, ils se rendirent compte que les caisses étaient vides et qu’ils avaient perdu tout leur argent. Avant son arrestation, Bernard Madoff gérait officiellement 17 milliards de dollars.

En février 2009, le Japonais Kazutsugi Nami a été arrêté avec 20 complices, car il était soupçonné d’avoir détourné 126 milliards de yens (plus d’un milliard d’euros) en organisant une chaîne de Ponzi.

En 2009, Allen Stanford, un milliardaire texan fut suspecté d’avoir monté une escroquerie bancaire approchant les 9 milliards de dollars, La Stanford International Bank (SIB), l’un des établissements au cœur du dispositif, a été nationalisée le 24 février 2009 par le gouvernement d’Antigua. L’opération, basée en partie sur une chaîne Ponzi, aurait fait autour de 50 000 victimes.

En 2010, Salah Ezzedine, un financier libanais a été inculpé de détournement de fonds et de fraude qui avait coûté plus d’un milliard de dollars à ses clients, en majorité des investisseurs libanais, avec les ventes pyramidales ; en mai 2010, un conseiller fiscal américain a été arrêté pour avoir escroqué, par un schéma similaire, certains de ses clients au nombre desquels figureraient des célébrités comme notamment Martin Scorsese, Uma Thurman ou Annie Leibovitz.

En août 2010, Carole Morinville, conseillère financière proche du milieu artistique québécois, fut soupçonnée par l’Autorité des marchés financiers du Québec d’avoir orchestré une fraude à la Ponzi de 1,5 million de dollars. L’actrice Karine Vanasse fut identifiée comme faisant partie des victimes.

En septembre 2011, le site de poker en ligne Full Tilt Poker a été accusé d’être une chaîne de Ponzi. L’argent versé par les nouveaux joueurs servait en fait à rémunérer les actionnaires de la société dont certains étaient des joueurs professionnels reconnus tels Howard Lederer et Chris Ferguson.

En 2012 en France, plusieurs affaires de détournements de fonds basées sur le modèle utilisé par Bernard Madoff ont été rapportées. En avril 2012, notamment, Michèle Elmaleh, ancienne gérante de portefeuille de 49 ans, a été condamnée à quatre ans de prison, reconnue coupable d’avoir escroqué des clients auxquels elle faisait miroiter des placements boursiers mirobolants, en perdant ou détournant des dizaines ou des centaines de milliers d’euros. En mai 2012, Sylviane Hamon, une ex-employée de banque surnommée la « Madoff de Touraine », a été incarcérée, soupçonnée d’avoir soutiré quelque trois millions d’euros à une cinquantaine de victimes. Ce ne sont que quelques exemples de l’utilisation de cette fraude, mais rien ne change pas, des millions de gens continuent d’investir dans les « fonds à la Ponzi » pour se plaindre ensuite…

La chaîne Ponzi est souvent mentionnée dans la culture populaire. Wikipedia cite de nombreux exemples : Le roman Little Dorrit de Charles Dickens mentionne déjà en 1857 une escroquerie basée sur le principe qui sera immortalisé plus tard sous le nom de Ponzi. Le roman policier L’Odore della notte, paru en 2001 et traduit en français sous le titre de L’Odeur de la nuit, du romancier italien Andrea Camilleri repose sur une escroquerie type combine à la Ponzi. Le film La Banquière relate la mise en place d’une chaîne de Ponzi. Le film Revolver de Guy Ritchie avec Jason Statham, explique la mise en place par ce dernier d’une chaîne de Ponzi dans le milieu mafieux de Las Vegas. Plusieurs séries télévisées en parlent : la série Damages (dans un épisode, le cabinet Hewes & Associates et le bureau du procureur poursuivent en justice Louis Tobin, responsable de la banqueroute de nombreuses personnes suite au montage d’une combine à la Ponzi); la série Boardwalk Empire ; la série Mon Oncle Charlie ; la série Ringer ; la série Bones (saison 7, épisode 7, la victime a été condamnée pour avoir escroqué des personnes par cette méthode) ; la série White Collar (saison 2, la chaine de Ponzi est montée par Vincent Adler) ; la série Gossip Girl (cette escroquerie est une intrigue de la fin de saison) ; la série Weeds (dans la saison 7, le patron de l’entreprise de Doug est obligé de fuir à l’étranger, puisqu’il est sur le point de se faire prendre après avoir monté un fonds d’investissement grâce à une chaine de Ponzi) ; Larry et son nombril (Curb Your Enthousiasm ; la Seinfeld (George Costanza, qui avait fait fortune grâce à une application permettant de localiser les meilleures toilettes publiques, en aurait perdu la majeure partie en la confiant à Bernard Madoff, fidèle imitant de la combine), etc.

L’un des combines Ponzi les plus récentes: bitcoinprofit.net/invest qui attire les clients par une offre avantageuses et vole des milliers de dollars par jour.

combine ponzi

« Le dernier mot dans une affaire est toujours un chiffre. » Albert Brie, sociologue canadien, Le mot du silencieux). Image : © GrandQuebec.com

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