Les eaux du Québec

Rivière et lac Etchemin

Rivière et lac Etchemin

Rivière et lac Etchemin

Lac Etchemin

Situé aux limites des cantons de Ware et de Cranbourne, le lac Etchemin s’étire d’est en ouest sur un peu plus de 4,5 kilomètres mais n’atteint pas 1 kilomètre dans sa plus grande largeur. Son altitude est d’environ 380 mètres. Alimenté par des ruisseaux et la décharge de quelques lacs, en particulier celle du lac Caribou, le lac Etchemin est vidangé à son extrémité ouest par un petit cours d’eau qui, sur 4 kilomètres environ, trace une grande courbe avant de rejoindre la rivière Etchemin, au sud du mont Orignal.

Sa rive nord est maintenant presque entièrement occupée par la ville de Lac-Etchemin. La première mention connue du lac, sous la forme Lac de la Rivière Bruyante, serait celle de Champlain en 1608. La désignation moderne a repris celle de la rivière du même nom. Bouchette (1815) ne signifie pas cette nappe lacustre qui fut explorée par Ware et Henderson à partir de 1825. En 1860, quatre familles sont implantées sur les bords du lac Etchemin.

Rivière Etchemin

Affluent de la rive sud du fleuve Saint-Laurent, l’Etchemin trouve ses sources dans les collines appalachiennes des cantons de Roux et de Ware. Les rivières Chaudière et Etchemin ne sont plus éloignées que de quelques kilomètres à leurs confluences avec le fleuve. Longée sur sur presque tout son parcours par la route et le chemin de fer, la rivière Etchemin a une longueur d’environ 125 kilomètres et elle draine un bassin de près de 1500 kilomètres carrés. Son nom rappelle une population amérindienne que Champlain rencontra une première fois à Tadoussac, en mai 1603.

En 1604, Champlain se rend compte que l’actuelle rivière Chaudière est la voie d’accès vers la côte de l’Atlantique et c’est pourquoi il la nomme Rivière des Etchemins. La légende de la carte de 1632 précise : « rivière des Etchemins par où les Sauvages vont à Quinebequi (Kennebec) « où se trouve une nation de Sauvages, les Abénaquiuoit (Abénaquis) ». Sur sa carte de 1632, l’actuelle rivière Etchemin, que le fondateur de Québec avait appelée Rivière Bruyante en 1608, est nommé Jeannin, d’après Pierre Jeannin, protecteur de Champlain à la cour de France.

La première mention cartographique de la Rivière des Etchemins, conforme à la localisation actuelle, semble être celle de Franquelin, en 1686. Par la suite, le nom se rencontre régulièrement dans les actes de concession et sur les cartes et plans. L’utilisation du singulier pour Etchemin, sans la particule d’attribution, est notée en 1759 dans le Journal du chevalier de Lapause. Encore en 1815, joseph Bouchette écrit « rivière Echemin ». La forme Rivière Etchemin date de la seconde moitié du XIXe siècle, ce qui correspond à la période de peuplement des cantons qu’elle arrose.

Si le nom de la rivière rappelle une population amérindienne, la justification du toponyme n’est cependant pas évidente. Rien n’indique, en effet, que les Etchemins, nom que Champlain avait donné à tous les indigènes habitant la côte de l’Atlantique depuis la rivière Saint-Jean jusqu’à la Kennebec, aient fréquenté assidûment les pays du Saint-Laurent. Ce sont les Abénaquis qui, tout au long du XVIIIe siècle et par la suite, vont parcourir les vallées de la Chaudière et de l’Etchemin, y pratiquer la chasse et la pêche et établir sans doute des campements dont on n’a pas cependant de traces évidentes. On a pris l’habitude de répéter, après Maurault, auteur d’une Histoire des Abénaquis, que le terme Etchemin provient d’Etemânkiaks, qui signifierait « ceux de la terre de la peau pour les raquettes, et de faire le rapprochement avec l’abondance ancien ne de des orignaux, caribous et chevreuil dans la région.

Or, suivant des recherches plus récentes, le terme, dérivé de « oskitchin, ou es-ti-gin, désignerait plutôt de façon générale les êtres humains, ce qui expliquerait l’extension que lui ont donnée Champlain, Lescarbot et Biard, par exemple. Quant aux Abénaquis actuels du Québec, ils désignent la rivière sous le nom d’Ataman (là où ils lacent des raquettes), mais il peut s’agir de la traduction du sens attribué jusqu’ici au terme Etchemin, apparemment disparu de la langue des Abénaquis. Variante : La Grande Rivière.

Rivière Etchemin, à la hauteur des Chutes Rouillard, à Saint-Anselme. Photographie : The Shadow Knows, image libre des droits.
Rivière Etchemin, à la hauteur des Chutes Rouillard, à Saint-Anselme. Photographie : The Shadow Knows, image libre des droits.

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