Les eaux du Québec

Les milieux humides

Les milieux humides

Les milieux humides

Une pénurie d'eau d'irrigation, la diminution de la quantité d'eau dans les nappes phréatiques, l’augmentation du coût des assurances en cas d'inondation (les milieux humides préviennent les inondations en absorbant l'eau excédentaire et contribuent à diminuer l'érosion du sol), ce n'est pas pour rien que l'on estime la valeur d'un hectare de milieu humide de 5792$ à 24 330 $ selon le site Canard Illimité.

Les milieux humides sont l’écosystème le plus productif de tous les systèmes naturels. Ils apportent des bienfaits très importants, mais ils sont aussi particulièrement menacés par les activités de l’homme.

Les milieux humides sont appelés également étangs, marais, tourbières ou marécages. Ils filtrent l’eau de pluie ou des rivières, la débarrassant des sels nutritifs comme le phosphore ou l’azote qui y sont présents en trop grande quantité avant d’être filtrés.

L’eau filtrée se rend ensuite dans les nappes phréatiques. Canard Illimité, organisme sans but lucratif qui s’occupe de la protection des milieux humides, a fait des recherches qui ont révélé qu’un marais peut filtrer plus de 153 mille litres d’eau en une seule journée.

La superficie des milieux humides diminue chaque année au profit du développement agricole, urbain et industriel. Au Canada, près de 70% des milieux humides situés en zone urbaine et agricole ont déjà disparu. Pourtant, les milieux humides nous rendent des services d’une valeur inestimable et constituent la solution à plusieurs problèmes liés à l’eau : Les milieux humides atténuent l’ampleur des inondations et des sécheresses en absorbant les surplus d’eau et en les relâchant graduellement, comme une éponge; ils filtrent l’eau pour en retenir les sédiments, les excès de nutriments ou les contaminants, contribuant ainsi à limiter la pollution et les épisodes d’algues bleues; ils réduisent l’érosion des berges en freinant le courant et en retenant les particules de sol; ils sont un milieu de vie essentiel pour une multitude d’espèces végétales et animales.

Aujourd'hui, au Canada, les milieux humides composent environ 14 % de la superficie du territoire. Parfois, le recensement, basé sur des photos satellitaires et photos aériennes, ne permet pas de faire la distinction entre les différents types de milieux humides. De plus, seuls les milieux humides d’un hectare et plus sont répertoriés par cette méthode, mais de façon générale, les milieux humides les plus susceptibles d’être présents sont les marécages, les étangs à castors et les tourbières de type fen associées à la présence de lacs et de cours d’eau. Ces milieux humides sont généralement de petite superficie.

Au Québec, ils occupent près de 10 % du territoire, abritant environ 600 espèces de plantes, dont 50 % de plantes menacées ou vulnérables, ainsi que 150 espèces d’oiseaux.

Les milieux humides permettent de retenir les gaz à effet de serre. Le magazine Quatre-Temps, édité par les Amis du Jardin botanique de Montréal constate qu’il y a plus de CO2 stocké dans les milieux humides que dans les forêts tropicales. Lors de la destruction des milieux humides, ces gaz sont libérés. Et pourtant, les milieux humides sont les milieux les plus menacés. On draine les marécages pour irriguer les cultures ou pour développer des projets domiciliaires, on s’en sert comme dépotoir, on construit des autoroutes qui traversent les marais, etc. Il faut admettre que malgré l’importance évidente des milieux humides, les tentatives de protection restent pour le moins timides.

milieux humides

Région de Nicolet-Yamaska, un parc au printemps © Office du tourisme de Nicolet-Yamaska

Au Québec, les premières tentatives de protection des milieux humides ont lieu vers le début des années 1970 dans la vallée du Saint-Laurent. Ces travaux attirent l’attention en raison de l’importance de ces terrains en tant que halte pour les oiseaux migrateurs. Dix ans plus tard, vers 1980, la valeur des milieux humides est reconnue universellement et l’on comprend enfin le rôle des milieux humides dans les écosystèmes.

Le Ministère du Développement Durable, de l’Environnement et des Parcs – MDDEP a publié un guide évoquant les directives à suivre pour la construction de bâtiments situés dans une zone de milieux humides, ces directives ayant été émises dans le cadre de la Loi sur la qualité de l’environnement de 1972.

La marche à suivre y est exposée selon les caractéristiques du milieu humide: présence de la faune et de la flore, grandeur du terrain, analyse de l’impact sur le milieu, etc. On y voit que la loi ne protège que les terrains d’une dimension égale ou supérieure à celle d’un terrain de football, soit 0,5 hectare. La loi exclut ainsi les petits milieux humides ayant un lien avec un cours d’eau comme les tourbières ou les petits marécages forestiers qui ont pourtant une grande valeur écologique et qui abritent des espèces rares. On sait que certains invertébrés ne se trouvent que dans ce type d’habitat qui sont aussi utilisés comme lieu de reproduction par les amphibiens.

Malheureusement, ces directives donnent l’impression que les espèces animales et végétales des milieux humides sont bien protégées alors qu’il n’en est rien. En effet, ces directives touchent seulement les espèces désignées par la loi, ce qui représente moins de 20 % des espèces rares du Québec.

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Milieux humides du boisé Domaine Saint-Paul, situé sur l'île des Soeurs. Photo : © GrandQuebec

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2 Comments

  1. Thao neth

    2011/02/01 at 2:55

    Bonjour,
    C’est possible de trouver un carte « Zone humide » dans MRC Maskinongé ou municipalite de St Mathieu du Parc –
    Merci
    M Thao Neth

  2. Patrice Sarasin

    2014/02/15 at 8:01

    Bonjour, dans mon cartier st-Jérôme secteur Lafontaine près des rues (rue du massif et de la rocaille) ils sont sur le points de détruire une zones inondables et boisés environ 200 pieds x 600pieds
    dans cet étang des milliers d’amphibiens y voient le jours chaque années et ce jusqu’en été et parfois quelque canards viennent y faire leurs tous au printemps si c est l’ été est pluvieuses l y a de l’eau tout l’été.
    Je trouverais dommage que cet petit espace soit détruit. on y entends le croassement pendant une partie des saisons printemps été. Je ne sais pas si il y a quelque choses a faire?? voici c’est mon commentaires
    merci

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