Côte-Nord

Lacs de la Côte-Nord

Lacs de la Côte-Nord

Quelques lacs de la Côte-Nord du Québec

Des cartographes, ignorant pour la plupart les langues amérindiennes et inuite, en ont inscrit un grand nombre sur des cartes, mais orthographiés bien souvent de façon approximative, parfois fautive.

Lac d’Argent

À 365 mètres d’altitude, cette nappe d’eau s’étire à 125 km au nord de Schefferville. Elle s’insère dans un milieu où surabondent des lacs allongés parmi les sinuosités du relief orienté nord-ouest – sud-est. Le nom de Silver Ribbon qu’elle portait avant 1968 – en français Ruban d’argent – la décrivait donc mieux que maintenant par son générique et, à la rigueur, aurait pu être appliqué aux autres lac qui l’environnent, tellement ils se ressemblent tous. Dans l’état actuel des inventaires toponymiques effectués jusqu’à ce jour, les termes Argent et Silver identifient 50 toponymes officiels du territoire. On les rencontre dans toutes les régions du Québec. Ces spécifiques ont une valeur métaphorique puisqu’ils font allusion à la couleur de l’eau, ayant l’apparence de ce métal blanc. Si on tient compte d’appellations telles que Argenté et Vif-Argent notamment, la moitié d’entre elles caractérisent des lacs. Les 25 autres déterminent, entre autres, le hameau de Silver Lake dans Papineau, le lieu-dit de Desserte-du-Lac-d’Argent dans Montcalm, des rivières, des ruisseaux, une montagne, un mont, une baie, une pointe. En plus de ces noms, il faut ajouter les toponymes autochtones de même origine (Ruisseau Sholiaban…). Seize autres entités géographiques ayant eu Argent comme déterminant portent maintenant d’autres appellations. Ainsi, le lac des Polonais, dans Montcalm, fut d’abord baptisé Lac d’Argent. Variante Lac Laflèche.

Lac Armagnac

Considéré comme l’une des sources de la rivière Rupert, ce lac, ainsi désigné en 1964, s’étend sur 11 km2, à une dizaine de kilomètres à l’ouest du lac Mistassini, et fait partie du bassin de la rivière De Maurès. Or, l’Armagnac, ancien pays de France et aujourd’hui région correspondant à peu près au département du Gers, est la patrie de la famille Maurès de Malartic dont l’un des membres, Anne-Joseph-Hippolyte (1730-1800), a brillamment participé à la défense de la Nouvelle-France entre 1755 et 1760. On sait, par ailleurs, que Bernard de La Roque, père du découvreur Roberval (1500-1560), était l’un des officiers principaux du comte Louis d’Armagnac.

Lac Arthur

Immédiatement à l’est du Grand lac Caotibi, dans lequel il se déverse, et au sud du Petit lac Caotibi, tributaires de la rivière Toulnustouc Nord-Est, cette nappe d’eau de la Côte-Nord, d’une superficie de 11 km2, se trouve à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Port-Cartier et de Sept-Îles. Le toponyme évoque Arthur A. Schimon (1895-1964), né à Newark, au New Jersey, et rapidement devenu l’inséparable collaborateur de Robert R. McCormick, propriétaire du journal Chicago Tribune et fondateur de Baie-Comeau. Après des études à Princeton, New Jersey, Schmon participe au premier conflit mondial en tant qu’adjutant du colonel McCormick. Ce dernier lui demande de l’accompagner à Shelter Bay (Port-Cartier) en 1919 et lui confie la direction des opérations forestières. Directeur des terres à bois, pour la Québec and Ontario Paper en 1923 et président de cette compagnie en 1933, Schmon supervise, trois ans plus tard, la construction de l’usine et de la centrale hydroélectrique de Baie-Comeau. Premier président-directeur général de la Québec North Shore, en 1938, il assume, en 1963, la présidence du conseil d’administration et la direction générale de cette société papetière.

Lac Aticonipi

Au sud du Labrador terre-neuvien, cette nappe d’eau, d’une superficie de 11 km2, se déverse par un torrent dans la Saint-Augustin, rivière qui se jette dans le golfe du Saint-Laurent à la hauteur de Saint-Augustin. Aticonipi remonte au montagnais atiku, caribou et nipi, eau et signifie lac Caribou. Un feuillet de la carte régionale du Québec, intitulée La Côte Nord du Golfe St-Laurent, indique « L. Atikonipi », en 1913. La graphie Lac Aticonipi est officielle depuis 1948. En 1975, une autre appellation montagnaise a été relevée, Uatshahk Nipi, qui a pour sens lac du rat musqué.

Lac Praslin

Officier et diplomate français sous Louis XV, César-Gabriel de Choiseul-Chevigny, duc de Praslin, vit le jour à Paris en 1712. D’un peu plus de 5 km de longueur, ce lac situé au sud-ouest du réservoir Manicouagan, reçoit une bonne partie de ses eaux d’un réseau hydrographique s’étendant à l’est et au sud-est. Ce lac se décharge vers le nord par un étroit cours d’eau dans la rivière du Castor, affluent de la rivière Bersiamites. La signification de ce toponyme, qui apparaît sur certaines cartes régionales à partir de 1965, devient transparente lorsqu’on apprend que César-Gabriel de Choiseul-Chevigny, duc de Praslin (1712-1785), était le cousin d’Étienne-François, duc de Choisieul, administrateur, diplomate et militaire sous Louis XV. Ambassadeur de France à Vienne en 1758, il fut appelé par son souverain à occuper les fonctions de secrétaire d’État aux Affaires étrangères (17617-1770) et à la Marine (1760-1770). C’est donc lui qui, le 10 février 1763, signa le traité de Paris mettant fin à la guerre de sept ans. Il a encouragé le voyage scientifique de Bougainville (1766-1769) autour du monde. Les deux cousins furent disgraciés en 1770, par suite notamment de l’intervention de Mme de Barry, favorite du roi. Le lac Praslin se trouve à 56 km a sud-ouest d’un autre qui porte précisément le nom Choiseul. Variante : Lac Castor. Lac Praslin est officiel dans la toponymie du Québec depuis le milieu des années 1940. La commune française de Praslin, elle, se trouve dans le département de l’Aube, à l’est du chef-lieu du canton de Chaource et à environ 40 km au sud de la ville de Troyes ; son a pour étymologie un dérivé du latin pratum, pour désigner un petit pré. À noter qu’une branche de la famille de Choiseul porte le nom de Choiseul-Praslin.

Lac Barrin

Cette étendue d’eau de 7 km2 de la Côte-Nord, située à 6 km au sud-ouest du lac La Galissonnière, alimente la rivière Natashquan Ouest, affluent de la Natashquan. Comme le canton de Barrin, en Abitibi, ce toponyme évoque Roland-Michel Barrin de La Calissonière (1693-1756), gouverneur de la Nouvelle-France de 1747 à 1749.

Lac Bellanger

Alimenté par la rivière du même nom, le lac Bellanger constitue un grand élargissement, en forme de baie, de la rivière Quetachou. Ce lac est situé à 20 km de l’estuaire de cette rivière qui forme la baie Quetachou, échancrure du littoral du golfe du Saint-Laurent, à 60 km à l’est de Havre-Saint-Pierre. De configuration très irrégulière, le lac Bellanger occupe une superficie de 14 km2. En usage depuis la seconde moitié du XXe siècle, le nom de cette entité hydrographique honore la mémoire de l’abbé Joseph-Marie Bellanger, grand vicaire de l’évêque de Terre-Neuve et missionnaire à La Tabatière, village de la Basse-Côte-Nord et auteur d’une Grammaire de la langue micmaque, publiée en 1864. Les Montagnais connaissent ce lac sous le nom de Pepaukamau, lac ayant plusieurs détroits.

Lac Bellin

De forme grossièrement triangulaire et d’une superficie de 7 km2, ce lac du nord québécois, désigné en 1958, fait maintenant partie du réservoir de Caniapiscau, créé au début des années 1980 et qui alimente la rivière Caniapiscau, affluent de la Koksoak. Le toponyme évoque Jacques-Nicolas Bellin (1703-1772), cartographe et ingénieur du roi. Auteur, entre autres, des plans et des cartes de l’Histoire et description générale de la Nouvelle-France, oeuvre du père Charlevoix publiée en 1744, Bellin, grâce aux notes des découvreurs et des ingénieurs militaires, a préparé de nombreuses cartes couvrant l’ensemble des territoires français d’Amérique au XVIIIe siècle et faisant généralement autorité.

Lac Bermen

D’une superficie de 103 km2, long de 36 km et large de 6 km, cette nappe d’eau se situe dans une région marécageuse, à une cinquantaine de kilomètres au sud du réservoir de Chiapiscau. Alimenté par plusieurs autres étendues d’eau se trouvant plus au sud, le lac Bermen rejette son trop-plein vers la rivière Caniapiscau, au nord, en passant par le lac Guillemot. Apparu en 1945, cet hydronyme rend hommage à Claude de Bermen de La Martinière (1636-1719), membre d’une famille noble du Perche, en France. Arrivé à Québec, en 1662, il occupe la fonction de juge seigneurial notamment à Beauport et à l’île d’Orléans puis, en 1678, quitte ce poste pour siéger au Conseil souverain. Garde des sceaux dudit Conseil en 1700, lieutenant général de la Prévôté de Québec en 1703, Bermen devient sept ans plus tard, malgré certains désaccords qui l’opposent à l’intendant Jacques Raudot, le premier membre du Conseil supérieur. L’intendant Bégon lui délègue ses pouvoirs en 1714. Bermen a été, pendant plusieurs années, propriétaire de la seigneurie de Lauzon et a acquis, en 1692, celle de La Martinière, sa voisine. Le sieur de La Martinière, Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon (1675-1755). Variante : Lac Allemand.

Lac Berté

Cet important lac de la Côte-Nord, d’une superficie de 69 km2, long de 26 km et large de 5 km, reçoit les eaux de la rivière Lemay à son extrémité nord. Originaire de Lyon, en France, Bernard Barté s’établit en 1642 sur l’île de Montréal avec une cinquantaine de personnes envoyées par la Société de Notre-Dame. Il est tué au début de juin de l’année suivante par les Iroquois, en même temps que Guillaume Boissier et Pierre Laforest, dit l’Auvergnat. En Montagnais, on désigne ce plan d’eau Ukaunipiu, lac au doré.

Lac Bigot

Cette étendue d’eau de la région de la Côte-Nord, à l’est du lac Nipisso et au sud-ouest du lac Tortue, est la source de la rivière au Bouleau qui, à environ 50 km plus au sud, rejoint le Saint-Laurent à l’est du hameau de Rivière-Pigou. Pierre Bigot, originaire de la Saintonge, arrive à Montréal en 1644 avec un groupe de personnes envoyées par la Société de l’Île, autre nom désignant couramment la Société de Notre-Dame-de-Montréal, organisme voué à la colonisation de l’île de Montréal et à l’évangélisation des Amérindiens. Il meurt, la même année, lors d’un engagement armé entre le fondateur de Ville-Marie, Paul de Chomedey de Maisonneuve, et les Iroquois.

Lac Boeste

Sise à une cinquantaine de kilomètres à l’est du Petit lac Manicouagan et partagée entre les cantons de Bolduc et de Lamberville, cette nappe d’eau aliment, au sud-ouest, la rivière Jean-Pierre, tributaire de la Sainte-Marguerite. Ce toponyme, reconnu par la Commission de géographie en 1945, rappelle la mémoire de Guillaume Boeste (Boysse, Boysset), personnage fort peu connu, même de notre petite histoire. Au mois de novembre 1652, ou avant, le gouverneur Jean de Lauson lui a concédé une pièce de terre d’un arpent de front entre le fleuve et le « grand chemin qui allait de Québec au Cap Rouge » (la Grande Allée), sur laquelle sera construite entre 1861 et 1867 l’ancienne prison de Québec, devenue musée en 1991. Il possédait aussi une terre de quatre arpents de front dans la seigneurie de Gaudarville. Son lieu de naissance et le moment de son arrivée au Canada sont inconnus. Cependant la date de sa mort est sûre puisque les Registres de la paroisse Notre-Dame-de-Québec relatent que, le 10 novembre 1654, Guillaume Boeste meurt, frappé de deux coups de fusil par les Iroquois.

Lac Bohier

Immédiatement au sud-est du lac Grossin dont il reçoit les eaux et à environ 15 km au nord-est du lac Olivier, cette nappe d’eau de la Côte-Nord se déverse dans la rivière Grossin, affluent de la Musquaro. Abbé des Bénédictins de Notre-Dame-de-Bernay, aumônier ordinaire de François Ier, François Bohier devient coadjuteur de son oncle, Denis Briçonnet, évêque de Saint-Malo, en 1534, et lui succède l’année suivante. Monseigneur Bohier aurait présidé la cérémonie de la bénédiction précédant le départ de Jacques Cartier pour son second voyage au Canada, en 1535. En montagnais, le lac Bohier se nomme Kakatshihip Kanipaut Nipi, lac du cormoran qui est débout.

Lac du Bois Long

À près de 18 km à l’ouest du réservoir Manicouagan, cette nappe d’eau de la Côte-Nord alimente la rivière du Bois-Long, tributaire de la rivière aux Outardes. Utilisé par les compagnies forestières, ce nom apparaît sur les cartes au moins depuis 1945. On voulait sans doute décrire les arbres dont la cime et les branches étaient coupées avant qu’ils ne soient jetés à l’eau, prêts pour l’étape de la drave. Une autre interprétation serait que l’on faisait plutôt allusion aux arbres du bassin de la Manicouagan qui, autrefois, étaient réputés pour leur grande taille.

Lac au Bonhomme-Michaud

Il existe sur le territoire québécois des collines, des lacs, des anses et certaines autres entités identifiées au moyen d’un nom ou d’un prénom précédé du substantif Bonhomme. Ce lac-ci, dont l’appellation a été adoptée officiellement en 1974, est situé sur la Côte-Nord, à un peu plus de 8 km au nord de la rivière des Escoumins et une douzaine de kilomètres au nord-ouest des Escoumins. Il se déverse dans la rivière des Petits Escoumins que reçoit le Saint-Laurent à la hauteur de hameau de Petits-Escoumins.

Lac Bouche Bée

Minuscule nappe d’eau de la ZEC de Forestville, sur la Haute-Côte-Nord, entre la rivière du Sault aux Cochons, à l’ouest, et le ruisseau Butler, à l’est. Ce nom descriptif révèle un peu l’aspect de ce lac ressemblant à un croissant de lune ou à une bouche ouverte sous le coup de l’étonnement. Ce nom, fourni par la ZEC de Forestville en 1982, fut approuvé en 1983.

Lac Bastille

Sise à un peu plus de 20 km au sud de la frontière du Labrador, à environ 8 km à l’est du lac Fontenau, cette nappe d’eau d’une superficie de 14 km2 se déverse dans la rivière Olomane, qui se jette dans le golfe du Saint-Laurent, près de La Romaine. Fils de Guillaume Le Breton-Bastille – la localité de Bastille étant située près de Limoëlou-en-Paramé – Guillaume Le Breton (1508-avant 1540) fait partie de l’équipage de Jacques Cartier lors de son deuxième voyage au Canada en 1535-1536, à titre de capitaine de L’Émérillon, le plus petit des trois vaisseaux commandés par le découvreur du Canada. Les Naskapis et les Montagnais désignent respectivement ce lac sous les dénominations Ushakemish, endroit où il y a beaucoup de truites et Kuakuain Nipi. Deux sens ont pu être relevés pour cette dernière variante : lac séparé du bois ou séparer des racines sur la longueur avec ses mains.

Lac Ternay

Cette nappe d’eau de 42 km2 de superficie fait partie du territoire non organisé de Caniapiscau, dans le Nord-du-Québec. Elle se présente sous la forme d’une ellipse, traversée du nord au sud par un long esker, ce qui la ponctue de nombreuses îles et presqu’îles. Le lac Ternay est nourri par le lac Quérenet, son voisin méridional et se déverse par le nord dans les lacs Bermen et Guillemot, dont les eaux rejoignent la rivière Caniapiscau. L’appellation a été adoptée en 1950 pour souligner les actions d’un officier de la marine française, au XVIIIe siècle. Charles-Louis d’Arsac de Ternay (1723-1780), page dans l’Ordre de Malte à l’âge de 15 ans, gravira les échelons de la Marine jusqu’au grade de capitaine de vaisseau. Choisi pour diriger, en 1762, une expédition qui visait à s’emparer de St. John’s (Terre-Neuve) afin d’affaiblir les positions anglaises, Ternay prit le commandement de cinq navires portant 750 soldats. Il se rendit rapidement maître des lieux, détruisant tous les établissements de pêche et des centaines de bateaux. Une importante flotte anglaise vient alors les déloger, mais, jouant d’astuce, Ternay parvient à se sauver avec l’essentiel de ses effectifs. Après avoir été gouverneur des îles de France Île Maurice) et de Bourbon (Île de la Réunion) (1771), il prend, en 1780, le commandement de l’escadre qui transportait les 6 000 hommes de Rochambeau en mission d’appui aux Américains pendant la guerre d’Indépendance. Débarqué en juillet au Rhode Island, il organise ensuite la défense de Newport où il meurt le 15 décembre d’une fièvre putride. En 1950, les autorités toponymiques québécoises adoptaient l’appellation Ternay pour désigner un lac de la Côte-nord., à 150 km au nord-ouest de Fermont. En France, il existe trois communes portant le nom de Ternay, dont l’une dans le département de la Vienne, au sud-ouest de Poitiers ; c’est de là que provient la famille d’Arsac, laquelle possédait le château sis à 1 km du bourg. Le toponyme Ternay vient du nom de personnes gaulois Tarinus, avec le suffixe -acum. Les deux autres communes dénommées Ternay sont situées dans les département du Loir-et-Cher et du Rhône. L’ancienne province du Poitou fournit au Canada un important contingent de colons.

Lac Simonne

Ce plan d’eau de 3 km de longueur se trouve à 15 km environ à l’est du village de Port-Menier, dans l’île d’Anticosti. Les eaux du lac Simonne sont percées par un îlot boisé, le Nombril à Simonne. Le prénom utilisé pour ces deux toponymes est celui de Simone (ou Simonne) Legrand, décédée en 1974, qui avait épousé Georges Menier en 1903. Ce dernier était le neveu du chocolatier français Henri Menier, propriétaire de l’île à partir de 1895, et le fils de Gaston, qui en devint propriétaire au décès de son frère. Variante : Lac Duke-of-Kennaugh.

Lac Brézel

Deux étendues d’eau portent ce nom sur la Côte-Nord. L’une, sur le parcours de la Manitou, avoisine le lac des Eudistes et l’autre, à environ 55 km au nord-est de Sept-Îles, envoie ses yeux au nord-est, vers le lac Fernand. La rivière Moisie coule à une dizaine de kilomètres à l’ouest de ses rives. Comme le canton homonyme, ce toponyme honore le père eudiste Auguste Brézel, missionnaire sur la Côte-Nord, jusqu’à son décès accidentel survenu en 1911. Variante : Lac Irène.

Lac Briçonnet

À l’aide du ruisseau Kauepistetshi, le lac Maryen nourrit ce plan d’eau tout en longueur de la Côte-Nord. D’une superficie de plus de 30 km, il est situé à 15 km à l’ouest de la rivière du Petit Mécatina et à 145 km à l’ouest du golfe du Saint-Laurent. Lac Briçonnet paraît sur une carte topographique en 1943. D’abord évêque de Toulon, Denis Briçonnet (vers 1479-1535) devient responsable du diocèse de Saint-Malo en 1513. Humaniste, il a accordé sa protection aux savants et s’est intéressé au sort des plus démunis. On le surnomma d’ailleurs le père des pauvres. Très malade, il aurait délégué son coadjuteur, François Bohier, pour présider la cérémonie de bénédiction lors du départ de la seconde expédition de Jacques Cartier au Canada (1535). Pour les Naskapis, le lac Briçonnet porte le nom de Kauepistetshiashinia, ou lac où les roches vont en montant. Les Montagnais quant à eux l’ont baptisé Pehakamiskau Nipi, mots dont la signification serait « lac du castor solitaire ».

Lac Brugalle

À une dizaine de kilomètres à l’est du lac Bétaux, cette nappe d’eau de la Côte-Nord rejette son trop-plein plus au nord, dans le lac Cuff. Ce toponyme apparaissant sur les cartes géographiques au moins depuis 1948 et publié dans le « Répertoire géographique du Québec en 1969, rappelle le souvenir de Michelle Brugalle, membre de la famille de Jacques Cartier. Les auteurs ne s’entendent pas sur le degré de parenté de cette femme avec le célèbre explorateur malouin. Il peut s’agir de sa tante par alliance, qu’aurait épousée en secondes noces Pierre Cartier, ou de sa cousine, femme de Pierre Cartier, fils de Pierre Cartier et de Jehanne Gilbert.

Lac du Button

Entouré de collines ou de petites élévations, que l’on nomme aussi buttons au Québec, ce plan d’eau tout en longueur de la ZEC Varin, sur la Côte-Nord, fait partie d’un groupe de lacs alimentant la rivière aux Outardes, 5 km au sud du barrage Outards-Trois situé à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Baie-Comeau. Le mot button, qui appartient au français régional, signifie « butte, petite colline », et il se rencontre assez souvent dans la toponymie du Québec. Le bureau de poste de Saint-Paul-de-Montminy a porté, à l’origine, vers le milieu du XIXe siècle, le nom de Saint-Paul-du-Buton, tout comme on utilise celui de Buttons de Sainte-Anne pour caractériser les collines de Sainte-Anne-de-la-Pocatière.

Lac Cabituquimats

Approuve en 1948, cette adaptation graphique du terme montagnais « kapitukamat », qui signifie « lac long à traverser », désigne une nappe d’eau située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Baie-Comeau et à environ 25 km au nord de hameau de Labrieville. D’une superficie de 11 km2, il constitue l’une des sources de la rivière Cabituquimats.

Lac de la Côte-Nord

Lac de la Côte Nord. Photographie par GrandQuebec.com.

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