Les eaux du Québec

Historique de la rivière du Saguenay

Historique de la rivière du Saguenay

Historique de la rivière du Saguenay

Durant des millénaires, les Amérindiens ont utilisé le Saguenay comme voie de transport et de commerce. Le tout se faisait en canot d'écorce. Le réseau de commerce s'étendait au-delà de la ligne de Crête jusqu'au grand lac Mistassini et, plus loin, jusqu'à la Baie James.

La région de Tadoussac, au confluent du Saint-Laurent, était un point de rencontre des Algonquiens du bouclier et des Iroquoiens de la vallée du Saint-Laurent.

Jacques Cartier visite l'embouchure de la rivière du Saguenay en 1535 et rassemble avec enthousiasme des récits qui évoquent un riche royaume du Saguenay dans le bassin de la rivière.

Les Français ont établi le premier poste de traite de fourrure sur ses rives en 1600. Il s’agissait du premier poste de traite au Canada, érigé par Pierre Chauvin.

Le nom Saguenay apparaît dans la cartographie occidentale sur une mappemonde de 1536, conservée dans la Collection Harléienne du British Museum. C’est Jacques Cartier qui marque le Sagné au milieu de la chaîne des Laurentides entre les rivières Saguenay et Ottawa.

La Mappemonde du cartographe français Pierre Descelier, publié en 1550, la rivière Sagnay est indiquée au même endroit avec une mention d’un poste du Sagné « aux sources de la rivière Sagnay ». Sur cette carte on voit la représentation d’une tour fortifiée, avec observatoire et canon et plus loin un Français essayant de s’expliquer avec un groupe de sauvages affolés  qui se tiennent à distance.

Paru en 1570, le Theatrum Orbis Terrarum, un atlas très détaillé d’Abraham Ortelius, cartographe belge en fait constat sous le nom de rivière Sagvenai.

Cependant, le premier explorateur européen à parcourir le cours en amont jusqu’au lac Saint-Jean est le père jésuite et missionnaire Jean de Quen. Le 11 juillet 1647, il emprunte la rivière Chicoutimi pour atteindre le lac Kénogami et puis le lac Saint-Jean, le 16 juillet prochain. Il fait ce voyage pour aider le peuple Piekouagami qui habitaient sur les rives du lac et étaient tombés victimes d’une épidémie dévastatrice. En mai 1652, l’épidémie perdure toujours et force l’établissement d’une mission au lac Saint-Jean par les jésuites qui utilisent la même route que le père Jean De Quen pour se rendre à destination. Les missionnaires emprunteront cette route tous les étés jusqu’en 1671 pour venir en aide aux tribus victimes de l'épidémie et de la guerre contre les Iroquois. Le royaume du Saguenay s’avère une légende. Le père Albanel atteint le lac Saint-Jean en 1671-1672.

La région du Saguenay est cependant restée en dehors de la colonisation jusqu’au XIXe siècle, à cause de son éloignement des centres de peuplement de la vallée du Saint-Laurent, de sa géographie peu propice à l'agriculture et des difficultés de transport.

La région s’ouvre à l'exploitation de la forêt au début du XIXe siècle, au moment que le blocus continental par Napoléon force l'Angleterre à s'alimenter en bois dans le Canada pour la construction navale. C’est alors que la rivière, attire finalement des investisseurs.

Au cours du siècle, le magnat William Price y fonde plusieurs villages pour la coupe du bois et plus tard pour la pâte et papier. Le Saguenay demeure un axe important pour la traite des fourrures et, plus tard, pour le commerce du bois jusqu'à la fin du XIXe siècle.

La première colonie agricole voit le jour dans ces lieux à La Baie en 1838. En 1842, la construction d'une scierie à Chicoutimi marque le début de l'industrialisation de la région. Les usines de pâtes et papiers de Chicoutimi ouvrent leurs portes en 1898.

À la fin du XIXe siècle, le potentiel hydroélectrique amène d'autres investissements. La plus grande partie de l’énergie électrique sera utilisé pour les usines de traitement de l'aluminium d’Alcan à Arvida (l’industrie de l’aluminium consomme l’énergie en grandes quantités), mais les centrales y construites serviront également aux besoins du Québec en électricité.

La vallée du Saguenay et de ses affluents est l’un des centres industriels du Québec. On y construit la première centrale hydroélectrique en 1925 à Isle-Maligne, on y érige l'immense barrage de Shipshaw au cours de la Deuxième Guerre mondiale pour alimenter la gigantesque fonderie d'Aluminium d’Arvida. Ensuite, on y construit les centrales électriques de Chute-à-Caron (sur le Saguenay) et celles de la Chute-à-la-Savane, de la Chute-des-Passes  et de la Chute-du-Diable sur la rivière Péribonca qui fournissent de l'électricité aux usines de pâtes et papiers de Chicoutimi, de Jonquière et de La Baie.

Vers la fin du XXe siècle, la rivière a joué un mauvais tour aux populations riveraines : du 19 au 21 juillet 1996, des pluies torrentielles ont fait déborder les réservoirs hydroélectriques de la région, causant ce qu'on a appelé le Déluge du Saguenay. Près de deux mètres d'eau a déferlé dans les villes de Chicoutimi et La Baie, tuant deux personnes à La Baie et cinq personnes sur la Côte-Nord et provoquant l'évacuation de 16 000 citoyens. Les dommages matériels ont été évalués à 1,5 milliard de dollars. La rivière Ha! Ha!, au sud de Chicoutimi, est sortie de son cours régulier pour s’en tracer un nouveau, en coupant les routes et isolant une bonne partie de la région du bas Saguenay et de l'arrière-pays.

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