Les eaux du Québec

Histoire du lac Témiscouata

Histoire du lac Témiscouata

Histoire du lac Témiscouata

On considère qu’avant l’arrivée des Européens, les territoires de la région du lac Témiscouata étaient occupés par des Malécites, qu’on appelle aussi Etchemins. Cette tribu faisait partie du peuple Abénaquis qui appartient à la grande famille Algonquine.

Les Malécites étant nomades, ils parcouraient de grandes distances dans la vallée du fleuve Saint-Jean, du Grand Sault et du Lac Témiscouata qu’ils appelaient lac Madouaska. Selon le récit de Guillaume de Rosier, publié en 1699, le nom «Madawaski» désigne un groupe particulier de Malécites associés à cette région.

Il semble que le lac constituait un point de rencontres et d’échanges pour les différentes tribus de la région. Le sentier du Grand-Portage et les rivières de la région de Trois-Pistoles, ainsi que les rivières de l’actuel Nouveau-Brunswick, facilitaient les déplacements.

Au début du XXIe  siècle, une équipe d’archéologues dirigée par le professeur Adrian Burke, de l’Université de Montréal, ont découvert des outils en pierre et divers objets qui témoignent des échanges entre les tribus amérindiennes qui vivaient dans la vallée du Haut-Saint-Jean et dans les vastes régions qui appartiennent aujourd’hui à l`État du Maine et à différentes provinces canadiennes, notamment le Québec et le Nouveau-Brunswick. Les fouilles entreprises dans la région du Témiscouata, en particulier sur les bords de la rivière Madawaska, à une dizaine de kilomètres de Dégelis, ont donné des résultats surprenants. Par exemples, des outils de pierre fabriqués au nord du Labrador, à plus de 1350 kilomètres de ces lieux, ont été découverts.

Pendant longtemps le lac Témiscouata a été un des centres de l’exploitation forestière du Bas-Saint-Laurent, alors que l’agriculture était peu développée.

L’histoire moderne du Lac Témiscouata débute en 1683, quand le sieur Charles-Aubert de la Chenaye reçoit une étendue de trois lieues de terre le long des bords de la «rivière nommée Madouaska proche de la rivière Saint-Jean avec le lac Cecemiscouata». Les cartes de la seigneurie indiquent clairement que le lac Cecemiscouata est celui que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Témiscouata.

Notons que la seigneurie du lac de Témiscouata n’est pas la première seigneurie octroyée au sieur de la Chenaye. Il possède déjà la seigneurie de Rivière-du-Loup, concédée en 1673, et celle de Kamouraska, achetée en 1680. Plus tard, il fait l’acquisition de la seigneurie de Saint-Jean-Port-Joli (en 1686) et de la seigneurie du Bic (en 1688).

Après la fondation de la seigneurie du lac Témicouata, la vallée du Témiscouata devient, pour les mêmes raisons qui en faisaient un lieu d’échanges pour les Amérindiens, un centre de communications et une halte pour les marchands de fourrures. C’est vers la fin du XVIIe siècle que le sieur de la Chenaye jalonne la route du Portage qui permet aux voyageurs de se rendre de l’Acadie à Québec.

Outre les coureurs des bois et, bien sûr, les missionnaires, les militaires français empruntent également le Portage du Témiscouata. Au cours du XVIIIe siècle, les Britanniques occupent judicieusement les territoires adjacents au fleuve Saint-Jean et coupent donc la communication entre Québec et Louisbourg.

En 1775, M. Haldimand, gouverneur britannique de Québec, entreprend la construction d’une route carrossable le long du Portage de Témiscouata. Cette voie, terminée en 1862, était entretenue par des militaires en raison de sa situation stratégique à la frontière entre le Bas-Canada et les États-Unis.

La véritable colonisation des territoires du lac suit l’avance de la route du Portage et les premiers colons viennent pour la plupart de l’Acadie. Remarquons que l’église du Québec appuyait la colonisation de ce territoire et a contribué en grande partie au développement de l’agriculture. Des centaines de familles s’établissent à la hauteur de Fraserville (actuelle Rivière-du-Loup) et dans d’autres municipalités telles que les paroisses de Saint-Antonin ou de Saint-Modeste.

En 1861, plus de 300 personnes habitent dans les environs immédiats du lac Témiscouata. Vers la fin du XIXe siècle, les paroisses et cantons de Notre-Dame-du-Lac, Saint-Honoré-du Témiscouata, Saint-Louis du Ha! Ha!, Saint-Benoît-de-Packington, Saint-Clément, Saint-Hubert et Sainte-Rose-du-Dégelé voient le jour autour du lac Témiscouata.

Le bois est la première ressource économique de la région. Le chemin de fer, relié à la voie ferrée du Transcontinental, y arrive en janvier 1889. C’est le Temiscouata Railway.

Avec l’arrivée du chemin de fer on assiste au déclin du chemin du Portage comme voie de communication.

C’est surtout la Compagnie Fraser qui exploite la plus grande partie des forêts du Témiscouata. Le bois est expédié à Rivière-du-Loup ou au Nouveau-Brunswick, d’où il part pour la Grande-Bretagne et les États de la Nouvelle-Angleterre et de New-York.

Après la crise économique de 1929, de nombreux chômeurs viennent en provenance des villes frappées par la dépression. Le gouvernement favorise cet exode et les nouveaux colons fondent plusieurs villages, notamment Saint-Émile d’Auclair en 1931, Saint-Godard-de-Lejeune en 1932 et les Lots Renversés l’année suivante.

La ville de Cabano, la municipalité de Notre-Dame-du-Lac et celle de Saint-Juste-du-Lac se trouvent sur les rives du lac Témiscouata, et sont reliées par un service de traversier saisonnier et par des routes. En hiver, un pont de glace relie les deux dernières municipalités.

Un projet de parc national du lac Témiscouata est actuellement à l’étude.

Un réseau de plusieurs centaines de kilomètres de sentiers a été aménagé et balisé dans la région. Ils font partie du Sentier National et relient les municipalités de Sainte-Rita, Squatec et Dégelis, le lac Anna et les Cascades Sutherland. On peut voir aussi la montagne à Fourneau (cette montagne a plusieurs noms, on l’appelle aussi Mont Wisk, Mont Lennox ou Mont Wisik) avec un belvédère et plusieurs cours d’eau dont la rivière Touladi, la station scientifique Aster, où on peut visiter une exposition commentée sur les mystères de l’univers et observer le ciel à l’aide d’un puissant télescope et l’historique Fort Ingall.

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Lac Témiscouata. Source de la photographie : Nicolas Gagnon. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Grandtouladi.jpg

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