Bestiaire du Québec

La faune et la flore de la rivière des Outaouais

La faune et la flore de la rivière des Outaouais

La faune et la flore du bassin de la rivère des Outaouais

Le milieu terrestre principalement forestier qui borde l’Outaouais se compose d’une gamme d’associations floristiques qui regroupent 19 espèces végétales à statut précaire et 138 autres menacées de les rejoindre à brève échéance. Plusieurs forment des écosyst;èmes forestiers exceptionnels que l’on ramène à trois types et à leur combinaisons, soit la forêt rare, la forêt ancienne et la forêt refuge. La plaine de débordement, les marais et les baies peu profondes soutiennent la croissance d’arbres peu familiers au Québec, tels que le micocoulier occidental, le cerisier tardif, le caryer cordiforme, le noyer cendré, le chêne blanc, le chêne à gros fruitsm le charme de Caroline et le frêne de Pennsylvanie.

Déjà fragilisés par la coupe du bois, les milieux forestiers sont périodiquement affectés par les invasions de la tordeuse des bourgeons de l’épinette qui s’attaque aux forêts dominées par le sapin baumier et l’épinette blanche. Les incendies, par ailleurs, en ravagent l’immenses zones, principalement conifériennes. Les deux facteurs font jouer l’alternance d’épisodes de destruction et de régénération des bois.

Une partie ou l’ensemble du cycle vital d’un nombre important d’espèces animales se déroule au gré des saisons dans les habitats polyvalents du bassin de la rivière Outaouais. Des relevés font état d’au moins 478 espèces, dont 56 espèces de mammifères, 308 espèces d’oiseaux inclyant 181 espèces nicheuses, 18 espèces amphibiens, 14 espèces de reptiles et 75 espèces de poissons. Parmi celles-là, on a dénombé 10 espèces de mammifères, 15 espèces d’oiseaux, 5 espèces de poissons et 9 espèces d’amphibiens et de reptiles susceptibles de figurer bientôt sur la liste des espèces menacées ou vulnérables.

Les plus imposantes zones humides de l’Outaouais se déploient entre Papineauville et Gatineau. Elles conviennent à la plupart des oiseaux, des reptiles et des amphibiens qui s’y reproduisent et y élèvent leurs petits. La rivière connaît également une densité parmi les plus fortes au Québec de castors, de martres, de pékans, de loutres et de rats musqués. Des poissons, comme le grand brochet, la perchaude, l’achigan, le crapet et la barbotte, profitent des anses et des marias qu’ils transforment en frayères et en zones d’alevinage. Les marais de l’Outaouais abritent une grande diversité d’amphibiens. L’existence du petit blongios ou petit butor et de la rainette faux-grillon est intinement associée à cet habitat. Pourtant, les deux espèces, l’une présente dans le secteur Gatineau-Papineauville, l’autre dans celui de Quyon-Isle-aux-Allumettes, voient leurs populations décliner au Québec. Sans doute, connaîtront-elles sous peu, comme tant d’autres avant elles, le statut d’espèce vulnérable on menacée.

Loutre

Loutre. Photo de GrandQuebec.com

Une halte migratoire de la sauvagine caractérise le secteur Masson-Plaisance. Plus de 300 000 outardes ou bernaches du Canada, soit la moitié de la concentration dans le corridor atlantique, s’y arrêtent et s’y nourrissent entre la fin de mars et la fin de mai. Au cours de la période hivernale, certaines espèces migratrices comme le pygargue à tête blanche et les hiboux se rassemblent dans les environs. La grue du Canada fait parfois halte sur les berges de l’Outaouais. La faune reptilienne compte dans ses rangs des espèces rares qui vivent le long de l’Outaouais : au moins 7 des 8 espèces de tortues d’eau douce répertoriées au Québec y sont représentées, la plupart vulnérables ou menacées. L’outaouais est l’un des derniers endroits de la province où l’on observe encore la tortue géographique et la tortue mouchetée. La tortue musquée recensée près de Gatineau a fourni la première mention de l’espèce au Québec,

Les eaux de l’Outaouais et des rivières tributaires combinent des ressources essentielles pour le frai et l’alevinage des très nombreuses espèces de poissons qui s’y rassemblent surtout au printemps. Le territoire dominé par l’omble et la doré abrite des espèces reliques ou rares telles que le chabot de profondeur, le chevalier de rivière et l’omble chevalier d’eau douce. Remarquable à ce titre, le lac Heney a su conserver des populations sympatiques d’éperlans, nain et géant.

Parmi les espèces qui intéressent la pêche sportive, on mentionne l’achigan, à petite et à grande bouche, le touladi, le maskinongé, le doré jaune, la perchaude, l’omble de fontaine et la barbotte brune. La pêche commerciale privilégie la barbotte brune, la carpe Le carpe fréquente tout le réseau de l’Outaouais), l’esturgeon jaune, le crapet et l’anguille d’Amérique. Le côntrole de la pêche dans les réserves fauniques, les zecs et les pourvoiries à droits exclusifs, empêche l’épuisement des stocks naturels dans ces secteurs où la pression demeure relativement faible. Ce sont surtout les activités forestières non conformes à la réglementation qui sont susceptibles d’excercer une influence négative sur les cours d’eau. Le reste du territoire, étant l’objet d’une exploitation intense de la ressource ichtyologique, fait face à la surexploitation qui maintient une pression non négligeable sur l’écosystème.

L’industrie humaine exerce à sa façon une influence négative sur la faune ichtyologique des nombresues rivières tributaires de l’Outaouais par le développement urbain et agricole, la villégiature et l’édification de centrales hydroélectriques. Bien qu’elle soit dédiée à la pêche depuis toujours, l’Outaouais conserve une diversité faunique étonnante. C’est à l’ouest et au nord que les milieux sont les moins affectés et dans l’est que le réseau subit la pression la plus forte. Dans cette zone naturellement mieux pourvue grâce aux nombreuses baies qui maximisent le développement de la végétation aquatique, la pêche au maskinongé est qualifiée d’exceptionnelle : la capture d’individus de taille trophée s’u produit régulièrement.

Castor

Castor. Photo de GrandQuebec.com

Plusieurs décennies de flottage de billes de bois ainsi que le harnachement des débits ont contribué à l’appauvrissement des deux principales rivières tributaires de l’Outaouais, la Gatineau et la Lièvre, d’où la fabile productivité ichtyologique de ces embranchements. La décision de s’attquer à la réhabilitation de ces milieux pourrait éventuellement en changer le portrait.

Le réseau de lacs à la base de la ressource aquatique dans le territoire libre de la région de l’Outaouais est dominé par les salmonidés. Le touladi, une espèce cible extrêmement apprciée, y défend son habitat, tout comme l’omble chevalier dont l’habitat est perturbé par un phénomène d’eutrophisation qui diminue le volume d’eau habitable et nuit à la reproduction. Le développemeny de la villégiature et l’augmentation du nombre de résidences, malgré des installations septiques réglementaires, ont ourepassé la capacité de support de la plupart des lacs au point qu’un nombre croissant de résidants s’inquiètent de la qualité de l’eau. Bien que le sort de plusieurs autres variés de poissons ne fasse pas l’objet d’études aussi sérieuses que celles consacrées à des espèces aussi recherchées que le touladi, il affronte probablement des problèmes similaires reliés à l’activité domicilaire. Le corégone, le cisco et l’éperlan seraient sensibles à l’irréesistble expansion humaine. Dans le cas de l’omble de fontaine, éprouvé par l’explotation et l’introduction d’espèces compétitrices, un programme permet, autant que faire se peut, de pallier la baisse de ses effectifs.

Des barrages abandonnés, utiles à l’époque du flottage du bois, ont été recyclés en réservois désormais stabilisés puisqu’ils ne subissent plus de variations de niveau. Ils présentent actuellement une offre faunique utilisée par les pourvoiries, mais cette offre opportune dispraîtra advenant la destruction des ouvrages de retenue. En outre, lorsque ceux-ci sont remis en opération par des microcentrales hydroélectriques, le marnage risque d’affecter la productivité biologique, surtout celle des salmonidés. Effectivement, l’utilisation des réservoirs provoque des changements de débit susceptibles de retarder la cure printanière. Qui plus est, les débit se gonflent durant l’hiver alors qu’ils devraient être minimaux. Les changements rapides et brusques de débit, qui surviennent en fonction des besoins des centrales entraînent l’exondation partielle des frayères et des problèmes consécutifs qui affectent la reproduction des poissons.

(Rivières du Québec, Découverte d’une richesse patrimoniale et naturelle. Par Annie Mercier et Jean-François Hamel. Les éditions de l’Homme, une division du groupe Sogides).

Canards

Deux canards. Photo de GrandQuebec.com

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