Côte-Nord

Sept-Îles : ville, lac, réserve faunique

Sept-Îles : ville, lac, réserve faunique

Sept-Îles : la ville, le lac et la réserve faunique

Ville de Sept-îles

Avec Brador et Blanc-Sablon, Sept-Îles fait partie des territoires très anciennement exploités au pays. La ville moderne prend place entre la rivière Sainte-Marguerite et De Grasse sur la Côte-Nord, à quelque 650 km de Québec, et elle demeure la plus importante agglomération de la MRC de Sept-Rivières.

Avant même la venue de Cartier, des Basques ont laissé leur nom à la pointe aux Basques ainsi qu’aux Îles Grande et Petite Basque. Le navigateur malouin identifie, en 1535, comme Isles Rondes, l’archipel se déployant à l’entrée de la baie des Sept-Îles (desdits Sept Isles), port naturel de 45 km2. Les sept îles situées dans la baie au pourtour de laquelle la ville est bâtie ont pour noms : La Grande Basque, La Petite Basque, La Grosse Boule, La Petite Boule, Île Manowin, Île du Corossol et Îlets De Quen. Il s’agit de rochers stériles, mis à part la Grosse Boule, recouverte d’arbres. On peut relever également un petit archipel breton dénommé les Sept Îles, dans le département des Côtes-du-Nord, en France. Ce havre bien protégé des tempêtes a abrité l’un des plus anciens postes de la colonie, dont on a effectué une reproduction, à Sept-Îles, en 1967, tel qu’il apparaissait en 1786.

Une mission, dénommée L’Ange-Gardien, y a été fondée par le père Jean de Quen en 1650 et un poste de traite établi par Louis Jolliet en 1679.

Longtemps la traite des fourrures a constitué la principale vocation de Sept-Îles. Les développements du Nouveau-Québec, au début des années 1950, ont incité les compagnies minières à choisir Sept-Îles pour leurs expéditions de minerais. Toutefois, l’expansion économique de l’endroit avait pris son envol véritablement en 1860. Créée en 1875, la paroisse de Saint-Joseph-des-Sept-Îles sera érigée canoniquement en 1892, alors que la ville verra le jour en 1951. Pour sa part, le bureau de poste ouvert en 1886 sous le nom de Seven Islands, prendra celui de Sept-Îles, en 1933.

Capitale du fer, Porte de la Minganie, Métropole de la Côte-Nord, autant de titres dont les Septiliens s’enorgueillissent pour leur ville dénommée en montagnais Uashat, à la baie et en micmac Chichedec (k), les îles visibles de loin. Cependant, l’endroit n’a été longtemps qu’un gros village comptant mille habitants en 1930, le double en 1951, 14 000 en 1961 et 31 000 en 1981. Depuis, on enregistre un certain déclin avec le ralentissement minier. La réserve indienne de Uashat, qui est contiguë à la ville de Sept-Îles, a été établie en 1861, tandis que celle de Maliotenam, plus à l’est, a été ouverte en 1949. On y retrouve un aéroport régional de même que, plus à l’ouest, la réserve faunique de Sept-Îles-Port-Cartier.

Lac de Sept-Îles

C’est à 5 km au nord-est de Saint-Raymond, dans la circonscription de Portneuf, que se trouve ce lac alimenté par la rivière Gosford au nord-ouest et par plusieurs petits lacs au nord-est ; il se décharge dans la rivière Portneuf dont l’embouchure arrose la localité du même nom près du fleuve. À près de 210 m d’altitude, cette nappe d’eau de 3,5 km de longueur sur presque autant de largueur est entourée par les premières hauteurs du relief laurentidien dont les sommets les plus rapprochés varient entre 335 et 530 , d’altitude. Ce nom, qui s’explique par la présence du nombre exact de sept îles dans le lac, soit trois îles et quatre îlots, est attesté sous la forme de Lac aux Sept-Îles, parfois orthographié Lac aux Sept-Îles, notamment dans le rapport de l’arpenteur Jean-Pierre Proulx en 1829. Par la suite, les gens de ce lieu parlaient couramment du lac des Sept-Îles. Établie vers 1857-1858, la petite colonie entourant le lac comptait onze familles en 1861, alors que la population de Saint-Raymond atteignait 2 902 habitants. De nos jours, des maisons et des chalets bordent densément les rives du lac ; plusieurs habitations se trouvent également sur l’île Genois, la plus étendue, et quelques-unes sur les autres îles.

Réserve faunique de Sept-Îles-Port-Cartier

Située dans la région administrative de la Côte-Nord et au nord-ouest de Port-Cartier, cette réserve faunique a été établie en 1980. S’étalant entre les 50e et 51e degrés de latitude nord, et entre la rivière Toulnustouc à l’ouest et la ZEC Matimek, à l’est, son territoire est abondamment arrosé à travers une topographie variant de 60 à 500 m.

Au nord, ce sont des lacs de bonnes dimensions, aux sources notamment des rivières Pentecôte, Schomon et MacDonald, au sud, les lacs Walker et Pasteur qui alimentent la rivière aux Rochers.

En 1980, la réserve faunique succédait à la réserve de chasse et de pêche de Sept-Îles-Port-Cartier constituée en 1965 à l’intérieur d’une vaste réserve de castors, celle du Saguenay, établie en 1965 pour assurer la conservation et le trappage de cette espèce au bénéfice des Amérindiens.

La superficie de cette réserve de chasse et de pêche, qui était de 8 417 km2, fut réduite une première fois en 1976 à 8 063 km2 et une seconde fois en 1979, à 6 422 km2, soit la superficie correspondant à celle de la réserve faunique.

L’espace supprimé, qui se trouvait à l’est et longeait la rive droite de la rivière Sainte-Marguerite, débordait même celle-ci et sa famille aboutissait au nord de la baie des Sept-Îles. La désignation actuelle de la réserve faunique par deux toponymes se justifiait lorsque la limite orientale de la réserve de chasse et de pêche se rendait au-dessus de Sept-Îles, elle est moins pertinente aujourd’hui, alors que Port-Cartier sert de porte d’entrée.

En 1989, à la demande des autorités de la réserve faunique, la Commission de toponymie a attribué de façon systématique une appellation à des entités géographiques de ce territoire. Près de 1 700 lieux dépourvus de noms ont été désignés, dont plusieurs dizaines d’après des emprunts à des œuvres littéraires du Québec. Le choix des auteurs et des œuvres s’est appuyé sur l’existence d’un lien logique entre ceux-ci et le milieu de la Côte-Nord. On retrouve donc des noms tirés des poèmes de Gilles Vigneault, de Roland Jomphe et de Camille Laverdière, du roman Ashini d’Yves Thériault, de l’ouvrage Forestiers et voyageurs de Joseph-Charles Taché et du récit montagnais Les Oiseaux d’été de Michel Noël.

Par la magie des noms créés et des mots qui les forment, la réserve faunique comprend maintenant le ruisseau Mourir-Ma-Belle, les rapides de l’Abandonné, le confluent des Équinoxes, le ruisseau de Sacakoua, le mont des Fleurs, de Gel, le mont J’Y-Vois-Le-Nord…

Parmi les autres procédés employés pour créer des noms, on relève l’emploi d’éléments spécifiques propres à la région et l’exploitation de banques de noms : les noms de famille et les surnoms de soldats de la guerre des Sept Ans enrôlés dans l’armée de Montcalm, les noms de familles souches de la Côte-Nord, ceux de familles non françaises venues s’établir en Nouvelle-France et les blasons de familles Tremblay du Québec.

Lac des Bleuités

Dans la réserve faunique de Sept-Îles-Port-Cartier, sur la Côte-Nord, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Port-Cartier, ce lac mesure 750 mètres de long et appartient au bassin hydrographique de la rivière Toulnustouc. La Commission de toponymie a attribué ce nom en 1990, alors qu’elle dénommait de façon systématique les entités physiques majeures innommées de cette réserve faunique.

La désignation de ce lac s’inspire de l’extrait suivant du poème de Gilles Vigneault, L’Été : « Trois triangles de lait/Au loin/Dansent/Dans les bleuités du lac ».

C’est Rimbaud qui a créé ce mot en 1871 et qui l’emploie notamment dans son poème Le Bateau ivre. Le lac des Bleuités n’est lui-même guère éloigné du lac des Trois Triangles ni de celui des Assonances, ce dernier toponyme provenant du nom du recueil contenant le poème L’Été.

Sept-ïles
Ville de Sept-îles, photographie : Harfang.

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