Côte-Nord

Îles-du-Mai

Îles-du-Mai

Îles-du-Mai

Voici un récit historique des Îles-du-Mai, tiré du livre Le Saint-Laurent et ses îles, de Damase Potvin:

À trois ou quatre milles des Caouis, on voit les Îles-du-Mai. On appelle ainsi une agglomération de rochers. Sur l’un d’eux il y a un phare mais dont on a changé les dispositifs depuis que fonctionne celui des Caouis. Tel qu’il est, il ne requiert plus la présence d’un gardien. Le phare reste allumé pendant toute la saison, comme les bouées à gaz.

Des entreprises d’exploitation forestière ont été faites aux Îles-du-Mai mais n’ont guère réussi. En 1910, trois familles résidaient sur ces îlots qui prirent une certaine importance par suite de ces tentatives d’exploitation forestière. M. R.-E. Scougall avait fait couper là 60,000 billes de bois pour y faire du bois de pulpe. Il avait fait construire un moulin et un entrepôt. La baie des Îles-du-Mai, qui a un mille de longueur et un demi-mille de profondeur, est très plate, sauf une partie où l’on mesure vingt brasses de profondeur.

C’est le seul havre depuis les Sept-Îles jusqu,à la Pointe-des-Monts. Les Îles-de-Mai sont à proximité de Shelter Bay; à environ six milles.

En 1916, au mois d,octobre eut lieu en cet endroit le naufrage de la goélette Jacqueline, propriété du capitaine Deschènes. Les membres de l’équipage furent secourus par le père du gardien et sa servante qui purent sauver deux hommes en réussissant à mettre une chaloupe à la mer. Deux autres hommes se noyèrent et un cinquième, épuisé de fatigue et de froid, mourut à la maison du gardien où on l’avait transporté avec les deux autres rescapés.

Rappelons aussi, mais dans un autre ordre d’idée, que c’est aux Îles-du-Mai que l’assassin Eugène Poitras enterra le nommé Ouellette qu’il avait, en revenant du sud, lâchement assassiné, à coups de barre d’un gouvernail. Il l’avait ensuite égorgé ainsi qu’une bête avec un couteau à trancher la morue; et ce meurtre atroce pour la misérable somme de quelques dollars. On était en hiver. Au printemps, le postillon, qui faisait le service de Betsiamites aux Sept-Îles, passa sur le cadavre du malheureux Ouellette qui avait été enfoui sous peu de terre.

En dépit de l’éloignement et de la lenteur de la justice à cette époque, Poitras fut découvert et arrêté; il fut jugé et condamné à mort. Le témoignage de son jeune fils fut accablant pour le malheureux. Le garçon avait vu son père laver son linge taché de sang dans un hangar dont les larges fentes permettaient de voir à l’intérieur.

L’épilogue de ce drame fut l’échafaud dressé dans la cour de la prison de La Malbaie.

La veuve Poitras, qui n’avait pas les nerfs à fleur de peau, se remaria quelques semaines plus tard. Son fils, Philippe, devint un homme que connurent ceux du commencement du siècle présent. Il avait la figure affligée d’un tic qui le rendait si affreux qu’on ne pouvait s’empêcher à sa vue de se détourner avec horreur.

( Damase Potvin, Le Saint-Laurent et ses îles, Éditions Garneau, 1945).

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