Côte-Nord

Les îles Caouis

Les îles Caouis

Les îles Caouis

Si l’on regarde bien la caste du fleuve, on aperçoit plusieurs petites îles et des îlots dans les parages de l’Ile-aux-Oeufs. On voit, tout d’abord, les Cawee, ou Caouis, qui sont au nord de l’entrée de la Rivière Pentecôte. Ces îles se composent de trois rochers dénudés. C’est un endroit de pêche au homard. Il y a un havre sûr à un mille du grand Caouis.

Caouis, c’est là la véritable appellation et épellation qui convient à ces îlots rocheux en plein fleuve. Les Caouis sont connus de tous les marins. Ils eurent même autrefois une grande vogue comme poste de pêche. On y prenait de la morue en abondance et le loup-marin ne dédaignait pas d’aller y prendre ses ébats.

Seulement, lorsque nous jetons les yeux sur la carte marine, même celle qui est publiée dans la province de Québec, l’on n’est pas lent à s’apercevoir que le nom primitif de Caouis a subi une singulière métamorphose. Des lettres ont été supprimées et remplacées par d’autres, puis finalement on a traité ce nom géographique sauvage comme s’il s’agissait d’un produit britannique. Les Caouis sont devenues, sous leur nouveau travestissement, les Cawees. Il n’y avait pourtant rien à innover dans ce cas. Il suffisait de tenir compte des graphiques anciens.

Les Caouis figurent sur la plupart des cartes anciennes : Ile de Caouy, carte de Jean-Baptiste Franquelin, 1678; les Caouis, carte du Domaine du Roi, par le Rev. Père Laure, 1733; Les Caouis, par Charlevoix.

Les Caouis apparaissent comme des rochers de granit gris, dénués d’arbres. Le plus grand de ces îlots est de forme triangulaire, chaque angle long d’environ sept encablures et de 250 pieds de hauteur. La petite Île Caouis est éloignée de la grande d’environ un mille et quart vers le sud-ouest. Elle est longue de trois encablures. On voit plusieurs rochers à fleur d’eau, tout près, au sud-est, et un récif de deux encablures vers le nord, à la pointe ouest de l’îlot. On ne trouve ni eau ni bois sur ces îlots qui sont au nord-ouest de l’Île d’Anticosti, un peu à l’est de la pointe qui termine la Baie-des-Homards.

Sur le Grand Caouis un phare a été construit vers 1928 et on y a installé une sirène d’alarme, le tout sur un plan très moderne. Le gardien en 1939, était Calixte Dupuis, gendre de Placide Vigneau, l’un des fondateurs de Havre Saint-Pierre. Les violentes tempêtes de 1931 ont causé de grands dommages à la sirène mais le phare a pu tenir. Tout le reste a été emporté par l’ouragan. Alors, le gardien et sa famille, réfugiés au phare, ont passé là on le conçoit, des heures de grande inquiétude.

Maintenant, un petit canon remplace la sirène car l’on n’a pas remplacé intégralement l’appareil qui avait coûté fort cher.

(D’après Damase Potvin, Le Saint-Laurent et ses îles, Éditions Garneau, 1945).

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