Chaudière-Appalaches

Lauzon

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Située en bordure du Saint-Laurent, l’ancienne ville de Lauzon fait partie de la ville de Lévis.

Le nom de Lauzon rappelle Jean de Lauzon, gouverneur de la Nouvelle-France de 1651 à 1657. C’est lui qui fonda la seigneurie de Lauzon sur le territoire qui comprend le territoire de ce secteur de la ville de Lévis. On trouvera l’appellation de Lauzon en France, où plusieurs rivières portant ce nom coulent dans le sud-est de la France.

La seigneurie de Lauzon fut créée en 1636 et exista jusqu’à 1836. C’est à Guillaume Couture, que revient le titre du premier colon de la Pointe-Lévy et de cette seigneurie. In construit sa maison près de l’actuelle église Saint-Joseph, dans le Vieux-Lauzon, là où on trouve aujourd’hui le stationnement de l’école primaire Saint-Joseph.

C’est d’ailleurs Guillaume Couture qui commandera la milice française lors de l’invasion anglaise de l’amiral William Phips en 1690. Le monument du « père-fondateur » de la seigneurie est installé en face de l’église Saint-Joseph.

Un village se développe au fil du temps qu’on nomme d’abord Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy; Saint-Joseph-de-Lévis ensuite,  mais qui est rebaptisé le village de Lauzon en 1867.

Le 30 juin 1759, le village de Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy est attaqué par les troupes du lieutenant-général Robert Monckton. Ses 2092 hommes envahissent le cœur du village défendu par 300 miliciens et Amérindiens sous le commandement d’Étienne Charest (né en 1718 et mort en 1783).

Après la prise de la ville de Québec, le corps du général James Wolfe, commandant des troupes anglaises, mort dans l’attaque finale contre la capitale, sera exposé à l’église Saint-Joseph qui avait été réquisitionnée par les Britanniques à titre de l’hôpital militaire. Les dépouilles du général seront expédiées à Londres pour être inhumées à l’église de St. Alfege.

C’est également à Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy, notamment, dans le premier presbytère de la fabrique que Robert Monckton écrira une lettre à l’attention du premier ministre britannique William Pitt pour annoncer la défaite des troupes françaises à Québec et la prise de la capitale de la Nouvelle-France.

Malheureusement, la première église de Saint-Joseph fut incendiée en 1830 et reconstruite sur le même terrain.

Rappelons également que c’est dans ce village que le corps de Marie-Josephte Corriveau fut exposé dans une cage après avoir été pendu aux Buttes-à-Neveu des Plaines d’Abraham. On est d’avis que cette cage aurait été exposée au coin des actuelles rues de l’Entente et Saint-Joseph. La Corriveau fut enterrée dans sa cage au premier cimetière de la Pointe-Lévy dans une fosse commune sur le terrain de l’église.

Ces restes furent retrouvés en 1849 et l’écrivain Louis Fréchette fut témoin de cette découverte à l’âge de 10 ans.

Le village de Lauzon fut constitué civilement le 1er janvier 1867. Le nom du village fut choisi par ses résidents pour éviter ne confusion avec la ville voisine de Lévis, constituée en 1861. En fait, cette décision déclencha une opposition de la part des résidents habitant au sud du village, en particulier les agriculteurs résidents dans les rangs d’Harlaka. Ainsi, le territoire sud se sépara et devint la municipalité de Saint-Joseph-de-Lévis qui exista jusqu’en 2002, où elle fut annexé à la ville de Lévis.

Pendant des décennies, l’économie de Lauzon se basait sur le chantier maritime Davie, dont la construction débute en 1880 avec le creusage d’un bassin de radoub (cale sèche Lorne). M. George Taylor Davie achète en 1879 le terrain de l’Anse aux Sauvages (un endroit connu aussi comme l’Indian Cove West) qui avait appartenu à Duncan Patton, mais après sa mort, sa veuve décida de s’en débarrasser. Ensuite, une équipe de 225 hommes excava le site de la future cale sèche et la première pierre du chantier fut posée par le gouverneur général du Canada, le marquis de Lorne, le 17 juin 1880. Le chantier sera mis en opérations en 1882 et la construction sera terminée en 1886. Le montant des inversions pour construire le chantier est évalué à 90 000 $ (somme énorme pour l’époque)  La cale sèche sera nommée cale Lorne, en l’honneur du marquis de Lorne, gendre de la reine Victoria. Cette cale sèche sera gérée par Georges Taylor Davie et les dernières décennies du XIXe siècle marquent l’expansion du chantier Davie de Lauzon. En effet, M.Davie acquiert la seconde moitié du terrain de Duncan Patton en 1893 et forme ainsi la «Big Davie» ou George Davie & Sons, une compagnie très connue et qui s’associera à la compagnie Vickers, Sons & Maxim en 1914, implantée à Montréal en 1911.

Le volume des opérations de la Davie fut impressionnant. Par exemple, pendant la Première Guerre mondiale, cette entreprise construisit 424 navires, en particulier des dériveurs de bois, des chalutiers et des harenguiers. En 1918, la compagnie fait construire la cale sèche Champlain, de 365 mètres de longueur.

Le 3 novembre 1910, le village de Lauzon est incorporé en ville. Le premier maire de la nouvelle ville de Lauzon est M. Télesphore Charland. Le premier hôtel de ville de Lauzon était situé au 302, rue Saint-Joseph dans un édifice construit en 1875. L’hôtel de ville s’y trouvait jusqu’en 1975.

En 1924, le village de Bienville, fondée en 1863, est annexé en partie à Lévis et en partie à Lauzon.

Une autre caractéristique de l’ancienne ville de Lauzon est la présence d’un camp militaire, ainsi que de deux forts militaires. Le Régiment de Dorchester et le Régiment de Lévis y étaient en garnison.

Le fort #1, construit en 1865 et 1872 par les Ingénieurs royaux des forces armées britanniques, est le premier fort qui constituait un ensemble défensif de trois forts nommé les Forts-de-Lévis. Le Fort-de-la-Martinière est également ne installation défensive constituée de deux forts. Le premier est situé sur une falaise devant Sainte-Pétronille de l’île d’Orléans) et l’autre au bas. La construction du fort « Upper Martinière » (communément nommé le « Fort d’en haut ») débute en 1809. Le Lower Martinière, situé sur la plage et plus petit que l’Upper Martinière, fut construit en 1910. Ces deux forts furent en fonction pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale pour surveiller le Saint-Laurent par crainte d'une attaque ou d'une invasion maritime.

 L’actuelle Parc de la Paix (autrefois Parc du mémorial des militaires) était anciennement un camp d’entraînement militaire utilisé par la milice locale à l’époque de la Nouvelle-France et par le 17e bataillon d’infanterie de Lévis à la fin du XIXe siècle.

Les baraques du camp militaire étaient situées sur le territoire de l’actuel secteur résidentiel qui s’étend entre la rue de la Seigneurie et la rue Louis-Philippe Guay. On y retrouve un ancien jet de combat CF-101 Voodoo de l’aviation royale canadienne pour rendre hommage aux pilotes, ainsi que le bureau de la Fondation du mémorial des militaires.

Depuis les années 1930, Lauzon avait aussi un manège militaire qui était situé au bas du Mont-Lauzon. Ce manège fut en fonction jusqu’aux années 1960. Ensuite, le bâtiment fut modifié pour accueillir le garage municipal de Lauzon.

L’histoire de la ville a également été marquée de plusieurs tragédies. Un grave accident ferroviaire eut lieu sur le pont de fer de la rue Saint-Joseph le 17 décembre 1890. Ce jour-là le convoi ferroviaire de la compagnie l’Intercolonial, en provenance d’Halifax, déraille dans le village de Lauzon au niveau du pont de fer de la rue Saint-Joseph, situé près des rues Bourassa, François-Bissot et du chantier maritime Davie. Quelques wagons sont tombés sur la rue Saint-Joseph et devant plusieurs résidences. Il y eut une dizaine de morts et plusieurs blessés. Ce pont de fer existe toujours, mais il ne sert plus au transport ferroviaire. Il est utilisé pour la piste cyclable du Parcours des Anses.

Le 27 octobre 1955, le chantier maritime Davie Shipbuildings co.est rasé par un feu qui cause pour 3 à 4 millions de dollars de dommages. Plus de mille employés de la Davie Shipbuilding co. seront privés d’ouvrage par cette catastrophe qui, en plus de faire des dégâts considérables dans les chantiers, détruisit aussi des maisons avoisinantes. Il a fallu plusieurs heures d’efforts aux pompiers de Lauzon, d’autres municipalités avoisinantes et pour des bateaux-pompes du port de Québec pour maîtriser les flammes. C’est la pire catastrophe dans l’histoire du chantier maritime de Lauzon.

L’ouverture du premier pensionnat pour les garçons a lieu en 1885. Il s’agit du Collège de Lauzon, premier pensionnat pour garçons de la Rive-Sud de Québec. L’institution fut dirigée par les frères de la communauté des Clercs Saint-Viateur. Ce collège devient l’École primaire Saint-Joseph depuis la fin des années 1960.

En 1929, le gouvernement provincial du Québec donne l’autorisation pour l’enseignement de cours pratiques du soir dans le local de l’Union nationale ouvrière situé au 12, rue Sainte-Catherine de Lauzon. Les cours offerts étaient en ajustage-mécanique, en menuiserie et en dessin-mécanique, mais cette école fut détruite par incendie le 13 février 1942 et relocalisée ensuite sur la rue Philippe-Boucher, dans le bâtiment de l’actuelle école secondaire Guillaume-Couture.

En 1969, le Cégep Lévis-Lauzon a été fondé dans l’ancien bâtiment de l’École de métiers de Lauzon de la rue Philippe-Boucher (le Cégep Lévis-Lauzon s'est installé dans son bâtiment actuel en 1975).

Construit en 1969, l’Aréna André Lacroix a été le premier aréna de Lauzon. Cet établissement porte le nom Aréna André Lacroix en hommage à l’ancien joueur de hockey de la LNH et de l’AMH. Né à Lauzon le 5 juin 1945, André Lacroix a joué en compagnie de plusieurs grands joueurs de hockey dont Bernard Parent, Jean-Guy Gendron, Bobby Hull, Stan Mikita, Pat Stapleton et Gordie Howe.

Aujourd’hui, Lauzon fait sa marque au niveau économique et industriel par la présence du chantier maritime Davie (aujourd’hui Davie Yards ASA) qui est le plus gros employeur de l’ancienne ville et qui possède la plus grande cale sèche au Canada, l’usine des croustilles (chips) Frito-Lay (anciennement Du-Lac, ainsi que un grand nombre d’entreprises installées dans son parc industriel dont Lambert Sports, PH Tech, les Laboratoires Vachon.

En 1989, Lauzon compte trois paroisses : Saint-Joseph-de-Lauzon, Saint-Antoine-de-Bienville et Sainte-Bernadette-Soubirous. La fusion avec la ville de Lévis est officialisée le 9 septembre 1989 et la ville fusionnée portera le nom de Lévis-Lauzon jusqu’en 1991. La nouvelle ville fut ensuite fusionnée avec celle de Saint-David-de-l’Auberivière pour reprendre le nom de Lévis.

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