Ville de Québec

Rue Sainte-Anne

Rue Sainte-Anne

Rue Sainte-Anne

Le nom de la rue Sainte-Anne figure déjà sur le plan de Québec dressé par l’arpenteur et ingénieur Jean Bourdon en 1640. Sur cette carte on aperçoit d’un tronçon ce cette voie compris entre la place d’Armes et la rue des Jardins. Il s’agit du tronçon le plus ancien de la rue Sainte-Anne, aménagé sur le terrain concédé aux sœurs Ursuline le 15 janvier 1637 ou plutôt sur la limite entre cette concession et le terrain qui appartenait aux Jésuites.

En tout cas, la rue était déjà ouverte avant 1640, comme  l’atteste le Plan de Québec dressé par Jean Bourdon en 1640. À cette époque-là, cette rue était désignée comme Grande Rue Ste. Anne et était décrite comme « chemin joignant les terres des Révérends Pères Jésuites.

Elle figure sous ce nom dans un acté daté du 16 novembre 1667 dont le texte témoigne du fait que cette rue se situait entre le tournant menant du fief des Ursuline et les fortifications de la ville. Il semble que c’est en 1670 qu’elle prend officiellement la désignation de « rue ».

Un plan de Québec dressé par l’ingénieur Robert de Villeneuve en 1692, lui donne l’appellation de Rue Saint-Jean.

Dans le recensement de la ville de Québec de 1716, elle est décrite comme suit : « Depuis la place d’armes est vis-à-vis la tour bastionnée près le jardin des jésuites jusqu’à la place devant le Fort au coin du mur du jardin des PP. Récollets » (à noter qu’il s’agit d’une place d’Armes qui était située près de la future église presbytérienne St. Andrew’s et non de la place d’Armes actuelle).

Le plan de Québec et de ses fortifications dressé par le dessinateur et arpenteur Jean-Baptiste Duberger, en 1804, indique St Anne Street pour déterminer ce tronçon.

Quant à l’origine du nom de la rue Sainte-Anne, c’est Charles Huault de Montmagny, gouverneur de la Nouvelle-France qui choisit lui-même les noms des rues Saint-Louis, Sainte-Anne et Mont-Carmel.

La rue Sainte-Anne a pour marraine Anne d’Autriche (1601-1666), épouse de Louis XIII et régente de 1643 à 1661. La plus connue parmi les saintes de ce nom est la mère de la Vierge Marie; sainte Anne fut l’épouse de saint Joachim selon la tradition chrétienne. La dévotion à la mère de la Vierge Marie s’est manifestée en Nouvelle-France dès le XVIe siècle alors que Jacques Cartier, en 1535, implora son aide. La banque de données TOPOS de la Commission de toponymie du Québec fait référence aux 171 odonymes sur le territoire québécois comportent l’élément spécifique Sainte-Anne dans leur dénomination.

En plus d’identifier l’actuelle rue Sainte-Anne, cette dénomination a, en outre, servi, au XIXe siècle, à désigner deux voies de communication voisines connues de nos jours sous les appellations de Rue Cook et de Rue Dauphine dans son tronçon intra-muros. Par exemple, l’historien Louis Beaudet note que : « le corps principal de l'église presbytérienne St. Andrew’s est sur l’une des rues Ste-Anne et le portail sur l’autre » Ce prolongement rectiligne de la rue Sainte-Anne, avant le tournant, a pris les appellations de Rue Saint-André en 1876, pour être baptisé Rue Cook vingt ans plus tard.

La partie de la rue Dauphine comprise entre l'actuelle rue Saint-Stanislas et le mur des fortifications est désignée la « troisième branche de la rue Ste-Anne » sur un plan figuratif dressé par l'inspecteur des rues Jean-Baptiste Larue en 1822. L’odonyme Dauphin St. est inscrit sur le Plan of the City of Quebec dessiné par l'historien Alfred Hawkins en 1835.

Le tronçon ouest de la rue Sainte-Anne a aussi été connu, dans la première moitié du XIXe siècle, sous l’appellation de Rue de Prison parce qu’elle y conduisait. Cet odonyme qui paraît sur un plan d’arpentage de 1822, fait référence au lieu de détention qui avait été construit en 1808, rue Saint-Stanislas.

Remarquons finalement que dans la rue Sainte-Anne, à l’intersection de la rue des Jardins, il y eut, pendant un certain temps au XVIIe siècle, un petit pont qui franchissait un ruisseau qui prenait son origine sur les hauteurs du cap aux Diamants.

Bibliographie :

  • Honorius Provost. La censive Notre-Dame de Québec, Québec, Société historique de Québec, 1954, 32 p. (Cahiers d’histoire; 6).
  • Pierre-Georges Roy. Papier terrier de la Compagnie des Indes Occidentales 1667-1668, Beauceville, L’Éclaireur, 1931, 2 t.
  • Edward H. Dahl, Edward H. et al. La ville de Québec, 1800-1850 : un inventaire de cartes et plans, Ottawa, Musées nationaux du Canada, 1975 (Collection Mercure, Musée national de l’homme, Division de l’histoire; 13).
  • Jean Hamelin Bourdon, Jean (appelé parfois M. de Saint-Jean ou sieur de Saint-François), Dictionnaire biographique du Canada, Québec, Presses de l’Université Laval, 1966, vol. 1.
  • Louis Beaudet. Québec, ses monuments anciens et modernes ou Vade mecum des citoyens et des touristes par un québécois, Québec, Société historique de Québec, 1973, 200 p. (Cahiers d’histoire; 25).
  • Jean Poirier. Noms de rues de Québec au XVIIe siècle, dossiers toponymiques, 27, Commission de toponymie du Québec.

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