Ville de Québec

Rue du Parloir

Rue du Parloir

Rue du Parloir

Comme c’est le cas pour d’autres rues de Québec, aux débuts de la ville, dont en particulier le tronçon nord de la rue des Jardins ou la côte de la Fabrique, le tracé primitif de la rue du Parloir a suivi le lit d’un ruisseau qui venait du cap aux Diamants. D’après Bennet (v. la biographie au pied du texte), cette rue « … part de la rue Saint-Louis et fait un angle droit en direction de la rue des Jardins ».

Il semble que cette voie de communication date de la construction du couvent des Ursulines en 1642.

Dans son Voyage de Canadas en la Nouvelle France, paru en 1662, le Dieppois Asseline de Ronval, le « premier touriste » qui voyagea en Nouvelle-France et séjourna à Québec, mentionne cette la rue des Parloirs … « des réverendes mères urcelines ».  En fait, la rue a été tracée à même le patrimoine foncier des religieuses Ursulines.

La rue du Parloir reçut, en outre, d’autres appellations dont celles de Rue des Ursulines en 1667 (d’après l’archiviste et historien P.-G. Roy), et Rue Sainte-Ursule en 1674 (d’après P.-B. Casgrain).

Ainsi, le nom de la rue fait référence au parloir du couvent des Ursulines. La forme au singulier « Le Parloir » du couvent des Ursulines paraît sur Le Veritable plan de Québec dressé en 1663 par l’ingénieur Jean Bourdon.

Notons que dans le recensement de Québec de 1818, Joseph Signay, curé de la paroisse Notre-Dame-de-Québec, écrit ce nom au pluriel : Rue des Parloirs. Pourtant, un plan de ce quartier dressé par l’arpenteur Adolphe Larue, en 1833, donne la forme au singulier Rue du Parloir pour identifier cette rue.

Des immeubles sur cette rue, remarquons une maison en pierre à deux étages, datée de 1836 et construite pour les Ursulines, selon les plans de l’architecte Thomas Baillairgé.

Fait curieux, une autre rue du Parloir s’étendait de l’aile des Parloirs du Séminaire de Québec à l’actuelle rue Port-Dauphin, dominant la côte de la Montagne. L’historien Noël Baillargeon précise que « La construction du Petit Séminaire dura deux ans (1675 et 1676). Le bâtiment était situé sur l'emplacement même où s’élève encore aujourd’hui l’aile sud du vieux Séminaire, mais il n’en occupait que la partie ouest, soit la section qui abrite les parloirs … L’entrée principale était placée à l’extrémité est de la maison et l’on traça jusqu’à la côte de la basse ville un petit chemin qui finit par s’appeler la rue du Parloir ». Le Plan du Séminaire de Kebec en Canada 1714, document anonyme conservé aux Archives du Séminaire de Québec, montre le tracé de cette voie, aujourd’hui disparue en raison de la construction de l’archevêché et de la fausse façade (achevé en 1847), remplacée plus tard par une grille.

Sources :

  • Jean Poirier. Noms de rues de Québec au XVIIe siècle, origine et histoire. Dossiers toponymiques, 27. Commission de toponymie du Québec.
  • Dahl, Edward H. et al. La ville de Québec, 1800-1850 : un inventaire de cartes et plans, Ottawa, Musées nationaux du Canada, 1975, 413 p., ill., cartes (Collection Mercure, Musée national de l’homme, Division de l’histoire; 13).
  • Baillargeon, Noël. Le Séminaire de Québec sous l'épiscopat de Mgr de Laval, Québec, Presses de l'Université Laval, 1972, 308 p. (Les cahiers de l’Institut d’histoire ; 18).
  • Bennet, E. « City of Quebec », plan publié dans The Quebec Directory for 1822 : containing an alphabetical list of the merchants, traders and house keepers, &c. within the City, par Thomas Henri Gleason, Québec, 1822, 102 p.
  • Lebel, Alyne. « Les propriétés foncières des ursulines et le développement de Québec, 1854-1940 », Cahiers de géographie du Québec, Québec, Presses de l’Université Laval, vol. 25, no 64, 1981, p. 119-132.
  • Yon, Armand. « Notre premier touriste en Nouvelle-France : Asseline de Ronval, 1662 », Les Cahiers des Dix, Montréal, vol. 39, 1974, p. 147-170.

Voir aussi :

  • Les Ursulines
  • Le Séminaire de Québec
  • Biographie de Marie de l’Incarnation, la première Supérieure des Ursulines
  • Biographie d’Asseline de Ronval, le premier touriste

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