Ville de Québec

Pont de Québec

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Pont de Québec

Le pont de Québec enjambe le fleuve Saint-Laurent à l’ouest de la ville de Québec, en aval du pont Pierre-Laporte. D’une longueur totale de 987 mètres ce pont d’acier a trois voies routières et une voie ferrée, aussi qu’une voie cycliste et une voie piétonne. La portée principale du pont de Québec est de 549 mètres (la plus longue portée libre au monde) et la hauteur est de 104 mètres et sa largeur atteint 28,7 mètres.

Considéré comme une œuvre majeure d’ingénierie, le pont de Québec a été classé Lieu historique national du Canada en 1995. Il est la propriété de la compagnie ferroviaire Canadien National (CN).

Avant la construction de ce pont, la seule façon de traverser le Saint-Laurent dans la région était de prendre un traversier en été ou emprunter un pont naturel de glace, l’hiver, mais avec le développement des chemins de fer, on comprend la nécessité d’ériger un pont ferroviaire afin de relier Québec à Lévis et à Chaudière-Appalaches. Ainsi, depuis le milieu du XIXe siècle, les hommes politiques promettent un pont au-dessus du fleuve.

En fait, en 1851 déjà, l’ingénieur Edward William avait été mandaté par la ville de Québec afin d’effectuer une étude pour la construction d’un pont. L’ingénieur, dans son rapport, tire la conclusion que la construction est bien réalisable.

Afin de résoudre ce problème jusqu’à la réalisation d’un pont, des traversiers-rail comme le « Léonard », bateau à vapeur de grande puissance, sillonneront le Saint-Laurent afin de pourvoir aux différents besoins de la ville de Québec.

En 1896, le maire Simon-Napoléon Parent prend la tête de la Compagnie du Pont de Québec. Le défi est colossal…

La construction du pont est confiée à la Phoenix Bridge Company de Pennsylvanie et débute en 1903, sous la direction de l’ingénieur américain Theodore Cooper. Le 2 octobre 1903, une cérémonie est célébrée afin de poser la première des assises du pilier de la rive nord. Pour cette occasion, le premier ministre du Canada, Sir Wilfrid Laurier, ainsi que d’autres dignitaires, met la main à la pâte, avec une magnifique truelle et un maillet d’argent.

Les ingénieurs choisissent pour le pont le point le plus étroit du fleuve entre Montréal et Québec.

Le 29 août 1907, une terrible tragédie a lieu : le pont en construction se écroule. La moitié sud du pont étend sa structure audacieuse jusqu’au milieu du fleuve lorsque, dans la soirée, le tout s’écroule dans un terrible fracas, provoquant la tragédie. Plus de 90 ouvriers et ingénieurs y trouvent la mort. Suite à tous ces évènements, la Compagnie du pont de Québec, incapable de poursuivre la suite des travaux à cause de son surendettement, cède la place au gouvernement fédéral. Une commission royale d’enquête établit que la rupture du pont est due à une conception défectueuse et non à la température ou encore à un accident. Grosso modo, la rupture de la partie du sud ne peut être attribuée qu’à une erreur de jugement, impliquant ainsi les deux ingénieurs, soit M.Théodore Cooper et M.Salapka travaillant respectivement pour le Québec Bridge and Railway Co. et la Phoenix bridge Co.

On se remet à l.oeuver et les travaux reprennent au printemps 1910. C’est la compagnie Davis de Québec qui se voit confier la tâche de construire la sous-structure du pont, ce qui signifie les piliers de fondations et les piliers d’ancrages. Pour la construction des fondations, on a eu recours à un système ingénieux mais qui aujourd’hui ne serait jamais accepté : on construisait un caisson de bois de 180 pi. par 55 pi., avec un dessus mais pas de fond. On le remorquait jusqu’au site de construction et on le faisait couler au fond du fleuve. Une fois bien au fond, on chassait l’eau du caisson avec de l’air comprimé, et on y faisait descendre les hommes par un système de cheminée. Les hommes devaient ainsi creuser le lit du fleuve avec des pelles et des pioches en respirant tant bien que mal de l’air sous pression. Il était convenu que les hommes ne passeraient pas plus d’une heure dans le caisson. Les ouvriers remontaient souvent en se plaignant de saignements des yeux, du nez et des oreilles. Du côté nord, on creusa une profondeur de 55 pi. avant d’atteindre le roc; du côté sud, on creusa sur une profondeur de 80 pi. pour atteindre non pas le roc, mais un sol constitué de gravier et de sable. Une fois terminé, on coule le béton dans les caissons qui deviennent les coffrages des semelles.

La construction de la travée centrale se termine le 20 juillet 1916. Le 11 septembre 1916, la travée centrale est enfin accrochée, mais vers 10h30, la charpente de la partie centrale que l’on hisse, commence à se tordre et s’abîme dans le fleuve, entraînant des dizaines de travailleurs… Cette deuxième catastrophe a coûté la vie de treize ouvriers en plus de dizaines de blessées.

La construction est achevée le 20 septembre 1917. Le 17 octobre 1917, une première locomotive le franchit et le 3 décembre 1917, le pont de Québec est ouvert au trafic ferroviaire. Sa construction a donc pris presque deux décennies. Toutefois, l’inauguration officielle du pont de Québec a eu lieu le 22 août 1919 et c’est le prince Édouard de Galles, futur Édouard VIII qui l’a inauguré. Plus grand pont de type canitlever au monde, les guides touristiques ont longtemps parlé de ce pont comme étant « la huitième merveille du monde ».

Même si ce pont avait été conçu et construit pour servir de pont ferroviaire, les voies de tramway y ont été aménagées, transformées en voies pour l’automobile et en voie pédestre et cyclable plus tard.

Les premières voitures traversent le pont de Québec le 22 septembre 1929. La vitesse sur le pont était alors limitée à 24 kilomètres (15 mille) à l’heure.

Jusqu’au 1er avril 1942, les véhicules acquittaient un péage pour traverser le pont (50 ¢ par véhicule et 10 ¢ par passager), mais le pont était gratuit pour les piétons.

En 1970, le pont Pierre-Laporte a été ouvert en amont du pont de Québec, pour permettre le passage du trafic autoroutier de l’autoroute 73.

Le pont de Québec a été déclaré Monument historique international le 23 mai 1987 par les Sociétés canadienne et américaine des ingénieurs civils (CSCE et ACSE). Le 24 novembre 1995, le pont a été désigné Lieu historique national du Canada.

Notons que selon une légende urbaine, un boulon d’or a été fixé quelque part sur la structure du pont lors de sa construction. Il n’y existe toutefois aucune preuve documentaire de ce fait.

Selon une autre légende, le diable aurait conclu un pacte avec le contremaître responsable de la construction : en échange de l’âme du premier être vivant à traverser le pont de Québec, le diable promettait que le pont ne tombe plus. Le contremaître aurait accepté le pacte. Lors de l’inauguration du pont, le contremaître, se souvenant du serment, lance un chat sur le pont. Au milieu du pont, l’animal disparait mystérieusement. Ainsi le diable doit se contenter de l’âme de l’animal.

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Pont de Québec. Photo : © E. et V. Petrovskiy

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Pont de Québec vue depuis le pont Pierre-Laporte. Photo : © E. et V. Petrovskiy

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